L’ONU et le monde arabe : Le fort plaidoyer d’Alger
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En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, a plaidé pour un sursaut décisif de l’action arabe commune. Face aux crises régionales persistantes et aux menaces qui pèsent sur la cause palestinienne, Alger appelle à dépasser le stade des simples déclarations pour ériger une muraille diplomatique fondée sur le droit international et la souveraineté des États.
Dans un contexte régional « extrêmement sensible », l’Algérie estime que les pays arabes ne peuvent plus se contenter d’enregistrer des positions face à la multiplication des foyers de tension. « Notre responsabilité ne devrait pas se limiter à enregistrer des positions, mais nous devons passer à l’action arabe commune », a déclaré Ahmed Attaf.
Le ministre d’Etat a dressé le constat d’une région qui « paie le prix de l’absence de solutions politiques », mais aussi du recul du respect du droit international et de l’application sélective des décisions de la légalité internationale. Une situation qui, selon Alger, rend nécessaire une coordination arabe plus étroite sur les principaux dossiers régionaux.
La question palestinienne demeure, dans cette démarche, la priorité centrale. M. Attaf a appelé à « réinscrire la question palestinienne en tête de l’agenda international », refusant qu’elle soit marginalisée, réduite à sa seule dimension humanitaire ou soumise à des tentatives de règlement définitif.
L’Algérie appelle notamment à une mobilisation politique face aux évolutions sur le terrain, citant particulièrement le dossier E1 et les développements politiques de l’entité sioniste, notamment les élections prévues le 27 octobre 2026.
Pour l’Algérie, le moment impose une position arabe claire afin d’empêcher que certains projets ne se transforment en réalités permanentes. M. Attaf a ainsi appelé à une action internationale concrète pour faire obstacle aux mesures qui compromettent la possibilité d’établir un Etat palestinien « contigu et viable », conformément au droit international.
Le ministre d’Etat a, dans le même temps, appelé à condamner les atteintes israéliennes à la souveraineté des Etats arabes, citant particulièrement la Syrie et le Liban.
L’intervention de M. Attaf s’est ensuite étendue à la situation sécuritaire dans le Golfe, où la poursuite de l’escalade constitue « une source permanente de préoccupation », a-t-il relevé.
L’Algérie a réaffirmé son rejet de toute atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des Etats arabes, ainsi que de toute tentative de transformer la région en théâtre de « guerres par procuration ».
Dans ce contexte, Alger estime que les pays arabes doivent être associés à toute discussion ou négociation sur les futurs arrangements sécuritaires dans la région. « Les pays arabes doivent faire partie de toute discussion ou négociation sur les arrangements sécuritaires futurs », a affirmé le ministre, soulignant que leurs priorités et leurs préoccupations doivent être prises en compte.
Priorité aux solutions politiques
La focalisation sur les derniers développements ne doit, toutefois, pas faire oublier les autres crises qui continuent de secouer plusieurs pays arabes. M. Attaf a cité la Libye, le Soudan, le Yémen et la Somalie, appelant à adopter une même approche dans le traitement de ces dossiers : soutenir les solutions politiques nationales, préserver les institutions de l’Etat, protéger son unité et sa souveraineté, et rejeter les interventions extérieures.
Pour l’Algérie, ces principes doivent constituer le dénominateur commun de l’action arabe face aux crises régionales. Ils doivent permettre de privilégier les voies politiques et de préserver les Etats de nouvelles fractures susceptibles de prolonger les conflits.
« Notre région n’a pas besoin de plus de promesses mais de mesures concrètes », a martelé Ahmed Attaf, appelant également à s’attaquer aux « causes profondes » des crises qui continuent de fragiliser l’espace arabe.
Cette démarche doit trouver sa traduction dans la participation arabe à la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU. L’Algérie souhaite que cette présence soit « unie, active et agissante », avec une capacité accrue à défendre les droits des pays arabes et à faire respecter le droit international.
Attaf a toutefois souligné que cette fermeté devait aller de pair avec l’ouverture au dialogue. Il a ainsi appelé à une présence qui « défend nos droits, s’attache au droit international et ouvre en même temps les portes du dialogue et des solutions politiques ».
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- 721 words · 4 min read
- Published
- September 23, 2026
- Byline
- Mounia Boudj
- Source
- Le Jeune Indépendant