Mbayang Diop : 10 ans derrière les barreaux… jusqu’à quand?
Il y a des affaires qui sortent de l’actualité sans jamais cesser d’exister. L’affaire Mbayang Diop en est une. Depuis juin 2016, une Sénégalaise est détenue en Arabie saoudite. En avril 2017, la justice saoudienne l’a condamnée à la peine capitale dans une affaire de meurtre. Près de dix ans plus tard, une question s’impose […]

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Il y a des affaires qui sortent de l’actualité sans jamais cesser d’exister. L’affaire Mbayang Diop en est une.
Depuis juin 2016, une Sénégalaise est détenue en Arabie saoudite. En avril 2017, la justice saoudienne l’a condamnée à la peine capitale dans une affaire de meurtre. Près de dix ans plus tard, une question s’impose à nouveau dans l’espace public sénégalais :
où en est réellement le dossier Mbayang Diop ?
Près de dix ans.
Dix ans de détention.
Dix ans loin de sa famille.
Dix ans avec, au-dessus de sa tête, une condamnation à mort.
Et pourtant, le débat semble s’être progressivement éloigné de l’attention publique.
Il ne s’agit pas ici de refaire le procès de Mbayang Diop, ni de nier la gravité des faits qui lui sont reprochés. Il ne s’agit pas non plus de se substituer à la justice saoudienne.
Il s’agit simplement de poser une question humaine, diplomatique et citoyenne :
Que devient une compatriote sénégalaise condamnée à mort après près d’une décennie derrière les barreaux ?
En 2017, l’espoir reposait notamment sur la possibilité que les enfants de la victime, encore mineurs à l’époque, puissent ultérieurement se prononcer sur le sort de la condamnée.
Des démarches diplomatiques avaient été entreprises et que la question d’une compensation, appelée alors « prix du sang », était évoquée.
Mais depuis, quelles sont les avancées ?
La situation juridique de Mbayang Diop a-t-elle évolué ?
Les autorités sénégalaises ont-elles récemment réévalué le dossier ?
Existe-t-il encore des possibilités de recours, de grâce, de commutation de peine ou de négociation diplomatique ?
La famille dispose-t-elle aujourd’hui d’informations précises et régulières ?
Et surtout, le Sénégal a-t-il définitivement refermé ce dossier ou existe-t-il encore une marge d’action ?
Ce sont des questions légitimes.
Car une condamnation à mort ne devrait pas devenir une affaire dont on ne parle plus simplement parce que les années passent.
Au contraire, le temps qui passe devrait nous pousser à vérifier, à actualiser et à comprendre.
En 2016, l’affaire avait provoqué une mobilisation importante au Sénégal et dans la diaspora. Des organisations de la société civile avaient lancé des initiatives pour attirer l’attention sur le sort de la jeune femme. Le hashtag #SauvonsMbayang avait notamment circulé sur les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, près d’une décennie plus tard, une nouvelle mobilisation de l’opinion ne devrait pas nécessairement consister à crier, à accuser ou à condamner.
Elle pourrait commencer par une chose beaucoup plus simple :
Demander des nouvelles.
Demander où en est le dossier.
Demander quelles démarches ont été entreprises.
Demander ce que la diplomatie sénégalaise peut encore faire.
Demander à la famille ce qu’elle sait.
Et demander aux autorités compétentes de communiquer sur la situation actuelle de cette compatriote.
Parce qu’au-delà des considérations politiques ou diplomatiques, il y a une réalité : Mbayang Diop est une citoyenne sénégalaise détenue depuis près de dix ans dans un pays étranger, sous le poids d’une condamnation capitale.
Le silence ne permet pas de résoudre une affaire.
L’oubli encore moins.
Alors, combien de temps encore faudra-t-il attendre pour relancer sérieusement le débat sur le sort de Mbayang Diop ?
Près de dix ans après le début de sa détention, le moment est peut-être venu de poser à nouveau cette question, calmement mais fermement :
OÙ EN EST MBAYANG DIOP ?
Et surtout :
QUE PEUT ENCORE FAIRE LE SÉNÉGAL ?
Boubacar SEYE
Consultant –chercheur en migrations internationales
**Président d’Horizon Sans Frontières **
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About this article
- Length
- 570 words · 3 min read
- Published
- September 27, 2026
- Byline
- Mandaw Mbengue
- Source
- Senego