
Après plusieurs mois de patience, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) décide de durcir le ton. Les 8 et 9 septembre prochains, le secteur de la santé sera marqué par une grève de 48 heures. Pour le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement, cette nouvelle mobilisation constitue un dossier social sensible qui vient s’ajouter aux nombreux défis auxquels l’Exécutif est confronté. Le secrétaire général national du Sames, Dr Diabel Dram
Après plusieurs mois de patience, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) décide de durcir le ton. Les 8 et 9 septembre prochains, le secteur de la santé sera marqué par une grève de 48 heures. Pour le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement, cette nouvelle mobilisation constitue un dossier social sensible qui vient s’ajouter aux nombreux défis auxquels l’Exécutif est confronté. Le secrétaire général national du Sames, Dr Diabel Dramé, qui a annoncé le mouvement lors d’un point de presse tenu hier, déplore l’absence de réponses satisfaisantes aux revendications du syndicat et prévient que cette grève pourrait ne constituer que la première étape d’une confrontation plus longue. « Le Sames entre officiellement en phase de lutte syndicale et cette conférence de presse en constitue une première étape », a-t-il déclaré. Pour les autorités, l’enjeu sera désormais d’éviter que ce nouveau front social ne s’installe dans la durée. Car derrière les 48 heures de grève annoncées se trouve une plateforme revendicative qui remonte à plusieurs années. Selon Dr Diabel Dramé, les revendications du Sames ont été élaborées à la fin de 2023, à la suite d’une tournée effectuée dans différentes régions du Sénégal. Elles concernent notamment les conditions de travail, le régime indemnitaire, la gestion des ressources humaines, la formation et les infrastructures sanitaires. Des discussions avaient été engagées avec les autorités avant d’être interrompues dans un contexte politique et social tendu, avec une reprise envisagée au premier trimestre 2024. Avec l’arrivée des nouvelles autorités, le syndicat affirme avoir fait preuve de patience, en leur accordant un « temps de grâce » pour prendre connaissance du dossier et apporter des réponses. Le Sames soutient même avoir suspendu certains mouvements en février 2025 afin de contribuer à l’apaisement du climat social et participé de bonne foi au processus d’élaboration du pacte en faveur de la stabilité sociale. Mais cette patience, selon Dr Dramé, est désormais arrivée à son terme. Le signal envoyé au président Bassirou Diomaye Faye est donc clair : le Sames ne veut plus de promesses sans suite. Le préavis de grève déposé par le syndicat est arrivé à échéance le 9 août dernier sans réponse jugée satisfaisante. « Nous avons donné du temps et nous avons attendu », a martelé Dr Diabel Dramé, estimant que la responsabilité syndicale ne pouvait plus être assimilée à de la résignation. Les 8 et 9 septembre, le mouvement devrait être accompagné du port du brassard rouge, tandis que les urgences et le service minimum seront assurés. Une évaluation de la mobilisation est prévue le 10 septembre. Son résultat permettra au Bureau exécutif national du Sames de déterminer la suite à donner au mouvement. Autrement dit, la balle est désormais dans le camp de l’Exécutif, qui devra mesurer rapidement le risque de voir ce conflit s’enraciner dans le secteur de la santé. Pour le Sames, il ne s’agit toutefois pas d’une simple bataille corporatiste. Le syndicat veut placer la question de la santé publique au cœur de son bras de fer avec les autorités. « Nous défendons les médecins et les populations », a soutenu Dr Diabel Dramé. À ses yeux, l’amélioration des conditions de travail des professionnels de santé doit permettre d’améliorer la qualité des soins. La défense des pharmaciens participe, selon lui, à la disponibilité des médicaments, tandis que celle des chirurgiens-dentistes doit contribuer à l’accès aux soins bucco-dentaires. Une manière, pour le syndicat, de présenter ses revendications comme dépassant les seuls intérêts des travailleurs de la santé. « Le combat du Sames est un combat pour la santé publique, pas seulement pour ses membres », a-t-il insisté. Pour
Bassirou Diomaye Faye
, ce dossier arrive donc à un moment où la capacité de son gouvernement à maintenir le dialogue social sera une nouvelle fois mise à l’épreuve. Le Sames assure ne pas rechercher la confrontation avec les autorités et affirme avoir épuisé les différentes voies de dialogue. « Nous ne voulons pas de consultations de façade, ni de réunions sans suite », a lancé le secrétaire général national. Avant de s’adresser directement aux autorités : « Le Sames n’est pas votre adversaire. » Puis de résumer l’enjeu en une formule : « La balle est désormais dans le camp des autorités. » Les 8 et 9 septembre pourraient ainsi constituer un premier test pour l’Exécutif. S’il parvient à renouer le fil des négociations, le conflit pourrait être contenu. Dans le cas contraire, les 48 heures annoncées pourraient ouvrir un nouveau front social pour le président Bassirou Diomaye Faye.