
Des jeunes de la ville Guédiawaye ont décidé d’aménager un jardin agro-écologique sur un ancien dépotoir autour du lac Tiourour. À travers cette initiative, le projet Agroécologie de Guédiawaye entend œuvrer pour le développement d’une agriculture urbaine. Cette démarche permet aux populations de reverdir leur localité et d’améliorer leur cadre de vie. La surreprésentation des […]
Des jeunes de la ville Guédiawaye ont décidé d’aménager un jardin agro-écologique sur un ancien dépotoir autour du lac Tiourour. À travers cette initiative, le projet Agroécologie de Guédiawaye entend œuvrer pour le développement d’une agriculture urbaine. Cette démarche permet aux populations de reverdir leur localité et d’améliorer leur cadre de vie.
La surreprésentation des bâtiments et du béton défigure le paysage urbain à Dakar. Cette situation a entraîné un manque d’espaces verts dans les quartiers de Dakar pourtant essentiels à l’amélioration de leur cadre de vie. Ainsi, des jeunes de Guédiawaye ont décidé d’aménager un jardin agro-écologique sur un ancien dépotoir autour du lac Tiourour dans ladite localité. Le dispositif sert à produire des plantules et des pépinières pour accompagner le développement des jardins urbains en ville.
L’association « Mon quartier écologique » est aussi impliquée dans la production de graines et de plantules au profit du jardinage urbain. Le projet a démarré en 2021 avec un investissement de 6 millions de FCfa sur fonds propres avec l’appui de la mairie de Wakhinane Nimzatt et de l’Agence de la grande muraille verte. Il consiste à recevoir des déchets organiques pour faire du compost et de l’engrais. En échange, les populations reçoivent une plante, explique Mame Diarra Niang, agronome et promotrice du projet d’agroécologie.
« Nous privilégions la culture bio, nous travaillons sur une surface de 500 m². Nous avons une table pour former les pensionnaires en agroécologie et faire des ateliers de pépinière. Nous avons aussi des arbres fruitiers (citronniers et papayers) et, dans le centre, nous avons le box maraîcher (piment, poivron… », a fait savoir la paysagiste.
Elle a indiqué que l’association mène aussi des formations au profit des jeunes et des femmes de Guédiawaye engagés dans l’agriculture durable. « Nous avons aussi une serre artificielle (tomates, piment pixen et sofia) et des papayers pour les arbres fruitiers, ainsi que des poivrons et des épices pour les Gie de femmes qui s’intéressent à la transformation des produits alimentaires », soutient-elle.
Selon la paysagiste, le projet prévoit aussi l’hydroponie, une technique pour faire de la culture hors-sol avec un support en tubes Pvc, où les racines baignent dans une solution nutritive remplie d’intrants. « L’urbanisme galopant va nous forcer à développer le concept de micro-jardinage et de maraîchage pour aider les jeunes et les femmes à développer une activité économique. Le projet Agroécologie offre aussi des kits de jardinage pour perpétuer l’apprentissage de l’agriculture en terrasse », soutient-elle.
« Je viens souvent me fournir en plantules de citronnelle, de romarin et de thym pour approvisionner mon micro-jardin sur ma terrasse. J’ai développé un petit commerce en livrant de petits sachets de feuilles de thym et de romarin à des clients pour des tisanes et d’autres mets », a indiqué Abdou Lô, habitant du quartier.
Mame Diarra Niang compte bien reproduire ce modèle dans d’autres localités de Dakar avec des jardins communautaires. Toutefois, la paysagiste renseigne que la destruction des filaos sur le littoral de Guédiawaye les prive de sources de matière organique pour développer la production de plantules et d’arbres fruitiers. Selon elle, cette situation peut entraver le projet de développement du micro-jardinage et de l’agriculture urbaine à Dakar.
Mamadou Makhfouse NGOM et Fatimata Bintou BA