LUTTE CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE : Thiès se mobilise
LUTTE CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE Thiès se mobilise Présenté à Thiès à l’occasion d’une réunion du Comité régional de développement (CRD), le projet « Solutions durables à la pollution plastique au Sénégal » (SoluPlast) entend apporter une réponse structurée à la prolifération des déchets plastiques. Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le projet mise notamment sur le renforcement du cadre régl

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LUTTE CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE
Thiès se mobilise
Présenté à Thiès à l’occasion d’une réunion du Comité régional de développement (CRD), le projet « Solutions durables à la pollution plastique au Sénégal » (SoluPlast) entend apporter une réponse structurée à la prolifération des déchets plastiques. Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le projet mise notamment sur le renforcement du cadre réglementaire, la sensibilisation, la mobilisation du secteur privé et la promotion d’alternatives durables aux plastiques à usage unique.
La lutte contre la pollution plastique s’installe au cœur des préoccupations environnementales dans la région de Thiès. Lors d’une journée consacrée au partage et à la présentation du projet SoluPlast, les différents acteurs institutionnels, collectivités territoriales, organisations communautaires, société civile et partenaires techniques ont été invités à conjuguer leurs efforts pour réduire l’utilisation des produits plastiques problématiques.
Prenant la parole à cette occasion, Mme Diop Khadidjatou Dramé, coordonnatrice du projet Solutions durables à la pollution plastique au Sénégal, a d’abord rappelé les fondements et les ambitions de cette initiative. Elle a précisé que le projet est financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) comme entité d’exécution, et mis en œuvre par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers la Direction de la réglementation environnementale et du contrôle.
Selon la coordonnatrice, SoluPlast vise principalement à contribuer à la réduction des produits plastiques jugés problématiques, notamment les emballages et produits à usage unique utilisés dans les secteurs de l’alimentation et des boissons.
Pour Mme Diop Khadidjatou Dramé, l'urgence du projet se justifie par l'ampleur de la pollution plastique, devenue un défi aussi bien mondial que national. Elle s’appuie notamment sur les données du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), qui font état de plus de 400 millions de tonnes de déchets plastiques produits chaque année dans le monde.
400 000 tonnes de déchets plastiques produits par an au Sénégal
Au Sénégal, la production annuelle de déchets plastiques est estimée, selon les chiffres cités par la coordonnatrice, à plus de 400 000 tonnes. Une situation aggravée, relève-t-elle, par l’insuffisance des infrastructures et des entreprises spécialisées dans le recyclage.
Cette faiblesse du dispositif contribue à la prolifération des déchets plastiques dans les espaces publics et dégrade progressivement le cadre de vie des populations. À cela s’ajoutent les conséquences environnementales et sanitaires liées à une mauvaise gestion de ces déchets. Dans ce contexte, Mme Diop Khadidjatou Dramé estime que l’intervention du PNUD, du ministère de l’Environnement et du FEM constitue une opportunité pour renforcer la réponse nationale face à cette problématique.
Sur le terrain, le projet SoluPlast devrait s’articuler autour de plusieurs composantes déployées sur une période de cinq ans. La première porte sur le renforcement du cadre juridique et institutionnel. Mme Diop Khadidjatou Dramé rappelle à cet égard que le Sénégal dispose déjà d’une législation visant à interdire certains produits plastiques à usage unique.
Toutefois, après plusieurs années de mise en œuvre, force est de constater, selon elle, que certains produits concernés demeurent encore disponibles sur le marché. SoluPlast entend ainsi accompagner les pouvoirs publics dans la révision du cadre juridique existant. Des consultations devraient être organisées à travers le pays afin d’identifier les difficultés rencontrées dans l’application de la réglementation et de dégager les mesures susceptibles d’en améliorer l’efficacité.
Au-delà du cadre légal, la coordonnatrice insiste également sur la nécessité de mettre en place un dispositif institutionnel plus cohérent, impliquant l’ensemble des parties prenantes. Pour elle, la lutte contre la pollution plastique ne peut être portée par un seul ministère. Les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile et les populations doivent également être associés au processus.
Miser sur la sensibilisation et le changement de comportement
Parallèlement au renforcement de la réglementation, SoluPlast veut accorder une place importante à la sensibilisation et au changement de comportement. Mme Diop Khadidjatou Dramé souligne ainsi que la réglementation, à elle seule, ne saurait suffire. Elle doit être accompagnée d’une véritable prise de conscience collective.
Dans cette perspective, le projet prévoit des campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires, mais également auprès des différentes composantes de la population. Des actions de formation sont également envisagées à l’endroit des enseignants et des collectivités territoriales. Cette approche vise notamment à faire évoluer les habitudes de consommation et à encourager une utilisation plus responsable des produits plastiques.
Autre axe majeur : la mobilisation du secteur privé. Pour la coordonnatrice de SoluPlast, l'État ne pourra obtenir des résultats durables sans l'engagement des entreprises et des industriels. Mme Diop Khadidjatou Dramé appelle ainsi les acteurs économiques à investir davantage dans la production de solutions alternatives durables, mais également dans des systèmes de collecte et de gestion des déchets issus des produits mis sur le marché.
L’objectif est de favoriser progressivement une économie plus circulaire, dans laquelle la production, la consommation et la gestion des déchets sont pensées de manière intégrée.
Thiès particulièrement exposée
Interrogée sur le lien entre les déchets plastiques et les inondations, Mme Diop Khadidjatou Dramé a reconnu que la question constitue un enjeu important, particulièrement durant l’hivernage. Elle explique que les sachets et autres déchets plastiques peuvent obstruer les canaux d’évacuation des eaux pluviales. À ses yeux, les opérations de curage de ces ouvrages permettent régulièrement de constater la présence importante de déchets plastiques.
La responsable de SoluPlast appelle ainsi les populations à réduire autant que possible l’utilisation des produits plastiques et à adopter des comportements favorables à la préservation du cadre de vie.
Présidant la rencontre, Babacar Sadikh Niang, adjoint au gouverneur de Thiès chargé des affaires administratives, a pour sa part souligné l’importance de cette initiative pour la région. « La région de Thiès, de par son poids économique, industriel, touristique et agricole, n’échappe pas aux conséquences de la pollution plastique », a-t-il poursuivi.
Babacar Sadikh Niang a notamment évoqué les conséquences liées à la mauvaise gestion des déchets : obstruction des canaux d’évacuation des eaux pluviales, dégradation des écosystèmes terrestres et marins, menaces sur l’élevage, mais également risques pour la santé publique et le cadre de vie.
Il a, dans le même temps, relevé que les zones urbaines, industrielles, les marchés, les espaces côtiers et les territoires confrontés à des difficultés de gestion des déchets figurent parmi les secteurs particulièrement concernés.
33 000 tonnes de plastiques ciblées
Dans son intervention, il a également mis en avant les objectifs quantitatifs du projet. SoluPlast ambitionne notamment de contribuer à éviter 33 000 tonnes de produits plastiques et à générer des bénéfices environnementaux au profit de 4 144 566 personnes, dont 2 041 255 femmes et 2 103 311 hommes, selon les données présentées lors de la rencontre.
Pour le représentant de l’autorité régionale, SoluPlast se veut ainsi davantage qu’une simple initiative environnementale. Il s’agit, selon lui, d’une réponse « intégrée, inclusive et structurante », qui doit intervenir sur l’ensemble de la chaîne de production, de consommation et de gestion des déchets.
Face à ces objectifs, Babacar Sadikh Niang a invité les collectivités territoriales à saisir l’opportunité offerte par SoluPlast pour renforcer leurs capacités en matière de gestion des déchets et répondre aux défis environnementaux auxquels leurs populations sont confrontées.
Il s’est également adressé au secteur privé et aux industriels, en soulignant les opportunités économiques liées à la transition vers une économie circulaire. Celle-ci, a-t-il relevé, peut contribuer à la création d’emplois et de revenus tout en améliorant le cadre de vie.
Ndeye Diallo (Thiès)
Section:
social
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- Length
- 1,248 words · 6 min read
- Published
- October 8, 2026
- Byline
- joe.waly
- Source
- Enqueteplus