Abidjan, 3 sept 2026 (AIP) – L’Ouganda a officiellement baptisé mercredi 02 oaoût 2026 son pétrole brut « Pearl Sweet », alors que le pays d’Afrique de l’Est ambitionne de lancer sa production et ses premières exportations avant la fin de l’année 2026. La cérémonie de présentation de cette appellation s’est tenue dans le district [...]
Abidjan, 3 sept 2026 (AIP) – L’Ouganda a officiellement baptisé mercredi 02 oaoût 2026 son pétrole brut « Pearl Sweet », alors que le pays d’Afrique de l’Est ambitionne de lancer sa production et ses premières exportations avant la fin de l’année 2026.
La cérémonie de présentation de cette appellation s’est tenue dans le district de Hoima, dans l’ouest du pays, en présence du président Yoweri Museveni. Le nom « Pearl Sweet » fait référence au surnom de l’Ouganda, présenté comme la « perle de l’Afrique », ainsi qu’à la faible teneur en soufre du brut.
Le démarrage de la production devrait être assuré en premier lieu par le gisement de Kingfisher, situé dans la région du lac Albert et exploité par la compagnie chinoise CNOOC. Les autorités ougandaises annoncent une production initiale de 28 000 barils par jour, appelée à atteindre 40 000 barils par jour au début de 2027.
Le second grand projet, Tilenga, est opéré par TotalEnergies et compte environ 400 puits, contre une trentaine pour Kingfisher. Les deux projets sont développés avec la participation de TotalEnergies et de CNOOC. À leur niveau maximal, ils devraient permettre à l’Ouganda de produire quelque 230 000 barils de pétrole par jour, dont environ 190 000 pour Tilenga.
L’évacuation du brut constitue un enjeu majeur pour l’Ouganda, pays dépourvu d’accès à la mer. Le pétrole doit être transporté jusqu’au port tanzanien de Tanga grâce à l’East African Crude Oil Pipeline (EACOP), un oléoduc de 1 443 kilomètres. Selon les données communiquées par le ministère ougandais de l’Énergie, l’infrastructure était achevée à 92,7 % au moment de la cérémonie, tandis que Tilenga affichait un taux d’avancement de 74 %.
Les autorités ougandaises estiment que les conditions techniques nécessaires au lancement de la production sont désormais largement réunies. Elles tablent sur des recettes pétrolières pouvant atteindre deux milliards de dollars par an au pic de production, sur une période d’exploitation annoncée de 20 ans.
Cette perspective économique suscite cependant des critiques de la part des organisations environnementales et de défense des populations affectées. Elles mettent notamment en avant les risques liés à l’exploitation d’une partie des puits de Tilenga dans le parc national de Murchison Falls ainsi que les conséquences potentielles du passage de l’EACOP à travers des écosystèmes fragiles.
Des ONG dénoncent également les conditions d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées. TotalEnergies conteste toutefois ces accusations et affirme que la quasi-totalité des accords de compensation avaient été signés et payés en janvier 2026.
Le gouvernement ougandais continue de présenter l’exploitation pétrolière comme un levier susceptible de soutenir la croissance économique, de financer les infrastructures et de transformer durablement l’économie nationale.
(AIP)
msl/zaar
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