INTERPOL alerte sur la cybercriminalité en Afrique : que risque la Guinée ?
Le nouveau rapport d’INTERPOL décrit une cybercriminalité africaine désormais industrialisée, transnationale et de plus en plus soutenue par l’intelligence artificielle. Escroqueries, vol de données, usurpation d’identité et fraude financière figurent parmi les principales menaces. La Guinée, même si elle n’est pas analysée séparément dans le rapport, évolue dans un environnement ouest-africain particulièrement exposé. La cybercriminalité […] L’article INTERPOL alerte sur la cybercriminalité en
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Le nouveau rapport d’INTERPOL décrit une cybercriminalité africaine désormais industrialisée, transnationale et de plus en plus soutenue par l’intelligence artificielle. Escroqueries, vol de données, usurpation d’identité et fraude financière figurent parmi les principales menaces. La Guinée, même si elle n’est pas analysée séparément dans le rapport, évolue dans un environnement ouest-africain particulièrement exposé.
La cybercriminalité change rapidement de visage en Afrique. Les attaques ne sont plus seulement menées par des individus isolés. Des réseaux criminels proposent désormais des données volées, des infrastructures et des outils à louer, permettant à des acteurs peu expérimentés de conduire des opérations sophistiquées.
C’est l’un des principaux constats de l’African Cyberthreat Assessment Report 2026 d’INTERPOL, consacré principalement aux tendances observées en 2025. L’analyse s’appuie notamment sur une enquête menée auprès de 36 pays africains, sur 49 sollicités.
L’IA, nouvel accélérateur
L’intelligence artificielle occupe une place centrale dans cette évolution. Selon INTERPOL, 55 % des cyberinfractions signalées dans le cadre de l’enquête impliquaient l’IA.
Phishing personnalisé, faux courriels professionnels, usurpation d’identité, deepfakes et automatisation des campagnes de fraude : l’IA permet aux criminels de gagner en rapidité et en crédibilité.
La sextorsion numérique illustre cette tendance. Environ 600 000 cas ont été détectés par TrendAI en 2025.
Face à cette évolution, les services chargés de lutter contre la cybercriminalité peinent encore à suivre. Seuls 8 % des analystes du renseignement interrogés disposent d’une expertise avancée en IA, tandis que 92 % des agences citent le manque d’expertise technique comme un obstacle majeur.
Les escroqueries restent au premier plan
En 2025, les escroqueries en ligne demeuraient la forme de cybercriminalité la plus signalée en Afrique. Les criminels exploitent les réseaux sociaux, les services de paiement mobile et les cryptomonnaies.
Faux investissements, escroqueries sentimentales, phishing, fausses offres d’emploi et fraudes financières se développent notamment grâce à des réseaux organisés.
Les scam centres constituent l’un des phénomènes les plus préoccupants. 72 % des pays interrogés ont signalé leur présence, avec une concentration importante en Afrique australe et en Afrique de l’Ouest.
Le phénomène dépasse largement les frontières africaines. INTERPOL indique que des acteurs opérant depuis l’Afrique ciblent notamment des victimes en Europe et en Amérique du Nord en utilisant des infrastructures réparties dans plusieurs pays.
Données volées et identités synthétiques
Une donnée personnelle compromise peut désormais servir de point de départ à toute une chaîne criminelle : usurpation d’identité, détournement de compte, fraude financière ou blanchiment.
INTERPOL alerte particulièrement sur les identités synthétiques, fabriquées à partir de véritables données personnelles complétées par des informations fictives. Elles peuvent être utilisées pour ouvrir des comptes, obtenir certains services financiers ou enregistrer des cartes SIM sous de fausses identités.
Le mobile money est particulièrement exposé. 97 % des pays ayant répondu à l’enquête ont signalé des fraudes liées aux services de paiement mobile.
Quel risque pour la Guinée ?
Le rapport ne présente pas de fiche nationale détaillée sur la Guinée. Il serait donc incorrect de lui attribuer directement les statistiques continentales ou régionales publiées par INTERPOL.
Les tendances décrites restent néanmoins pertinentes pour le pays. La Guinée évolue dans un espace ouest-africain où se développent la fraude financière, les escroqueries en ligne, le BEC, le mobile money, les cryptomonnaies et les réseaux criminels transfrontaliers.
Le risque ne concerne donc pas uniquement les systèmes informatiques de l’État. Il touche également les banques, opérateurs télécoms, entreprises, services de paiement mobile et bases de données contenant des informations personnelles.
La coopération, une urgence
Pour INTERPOL, l’un des principaux défis réside dans le manque de partage rapide d’informations entre banques, télécoms et forces de l’ordre. Or les preuves numériques et les traces financières peuvent rapidement disparaître ou devenir difficiles à exploiter.
Le déficit de moyens est également préoccupant : 94 % des agences interrogées déclarent disposer de capacités insuffisantes en criminalistique numérique.
L’organisation recommande donc de renforcer les capacités techniques, accélérer la coopération transfrontalière, former les enquêteurs à l’IA et formaliser les partenariats avec les acteurs privés.
Malgré ces difficultés, des résultats sont enregistrés. Quatre opérations coordonnées par INTERPOL en 2025 [Serengeti 2.0, Contender 3.0, Sentinel et Red Card 2.0] ont conduit, selon l’organisation, à plus de 1 500 arrestations et à la récupération de plus de 100 millions de dollars. Dix-sept pays africains ont également adopté ou modifié leur législation sur la cybercriminalité.
Pour la Guinée, le principal enseignement du rapport est clair : la cybercriminalité ne relève plus uniquement de l’informatique. Elle se situe désormais au croisement des données, de l’identité numérique, des télécommunications, de la finance et de l’intelligence artificielle.
La capacité à réagir rapidement, préserver les preuves, bloquer les opérations frauduleuses et suivre l’argent sera désormais aussi importante que la capacité à prévenir les attaques.
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- 804 words · 4 min read
- Published
- September 16, 2026
- Byline
- Abdoul Malick DIALLO
- Source
- Guinee360