N’Zérékoré : Cécé 1 Delamou réclame le remboursement des cautions avant les prochains scrutins
Alors que de nouvelles échéances électorales se profilent en Guinée, le non-remboursement des cautions versées lors des élections législatives et communales du 31 mai dernier suscite la colère de certains acteurs politiques. C’est le cas à N’Zérékoré où, Cécé 1 Délamou, coordinateur régional du FRONDEG et ancien candidat à la députation, est monté au créneau […] The post N’Zérékoré : Cécé 1 Delamou réclame le remboursement des cautions avant les prochains scrutins first appeared on Guineematin.c
Alors que de nouvelles échéances électorales se profilent en Guinée, le non-remboursement des cautions versées lors des élections législatives et communales du 31 mai dernier suscite la colère de certains acteurs politiques. C’est le cas à N’Zérékoré où, Cécé 1 Délamou, coordinateur régional du FRONDEG et ancien candidat à la députation, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un manquement aux obligations prévues par le code électoral. Il réclame la restitution des sommes dues aux candidats concernés et s’interroge sur la préparation de nouveaux scrutins alors que les engagements précédents n’auraient pas encore été entièrement honorés. Il a abordé cette question hier, jeudi 15 octobre 2026, lors d’un entretien accordé à la rédaction de Guineematin.com à N’Zérékoré.
La programmation de nouvelles échéances électorales, notamment les élections régionales et sénatoriales, suscite des interrogations chez certains acteurs politiques, qui réclament d’abord le règlement des engagements liés aux précédentes consultations. C’est dans ce contexte que Cécé 1 Délamou, coordinateur régional du Front démocratique de Guinée (FRONDEG) et ancien candidat à la députation dans la préfecture de N’Zérékoré, dénonce le non-remboursement des cautions versées lors des élections législatives et communales du 31 mai 2026. Il affirme avoir interpellé la Direction générale des élections (DGE) à travers une publication sur sa page Facebook.
« C’est à la suite de la publication des dates retenues pour les élections régionales et sénatoriales que j’ai décidé d’interpeller les autorités sur les nombreuses injustices subies par les candidats aux élections législatives et communales du 31 mai dernier. À ce jour, ce qui me préoccupe, c’est que plusieurs candidats ne sont toujours pas entrés en possession de leur subvention. Je ne sais même pas s’il y a un seul candidat qui a récupéré sa caution. Comment peut-on laisser tout cela en suspens pour programmer de nouvelles élections ? C’est ce qui m’a étonné. J’ai donc adressé une interpellation à la Direction générale des élections à travers une publication sur ma page Facebook », a dénoncé Cécé 1 Délamou.
Au-delà du retard qu’il déplore, le responsable régional du FRONDEG tient à rappeler la distinction entre les subventions accordées aux candidats pour soutenir leurs campagnes électorales et les cautions qu’ils versent pour prendre part aux élections. Selon lui, les candidats remplissant les conditions prévues par les textes électoraux doivent pouvoir récupérer les sommes déposées à titre de caution.
« Normalement, la subvention doit être versée pendant la campagne électorale. Elle sert à aider les candidats à faire face à certaines dépenses. En plus, après les élections, tous les candidats qui ont obtenu plus de 5 % des suffrages ont droit au remboursement de l’argent qu’ils ont versé comme caution. Pour les élections communales, la caution est de 35 millions de francs guinéens et, pour les élections législatives, elle est de 100 millions. C’est de ces deux montants que je parlais », a-t-il expliqué.
Pour Cécé 1 Délamou, le versement des subventions et le remboursement des cautions ne relèvent pas d’une simple faveur des autorités. Il estime que ces engagements doivent être respectés conformément aux dispositions du code électoral, notamment en ce qui concerne les candidats ayant atteint le seuil requis pour récupérer leur caution.
« C’est une obligation, et cela figure dans le code électoral. Le versement de la subvention est obligatoire, tout comme le remboursement de la caution lorsque le candidat atteint le seuil de 5 %. Personnellement, pour ne pas mentir, j’ai reçu ma subvention, même si elle est arrivée tardivement, trois mois après les élections. Mais, à ce jour, les cautions ne sont toujours pas remboursées et nous ne savons même pas quand elles le seront. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est qu’on laisse cette situation sans solution alors qu’on annonce de nouvelles élections », a-t-il déploré.
Afin de clarifier sa revendication, le coordinateur régional du FRONDEG explique la différence entre les deux sommes. D’un côté, la subvention constitue une aide financière accordée par l’État aux candidats pour soutenir leur campagne électorale. De l’autre, la caution représente une somme que les candidats versent eux-mêmes et dont le remboursement est soumis aux conditions prévues par les textes électoraux.
« La subvention, c’est l’argent du contribuable. C’est ce que l’État accorde aux candidats comme aide pour leur permettre de mener leur campagne dans de meilleures conditions. En revanche, la caution est une somme que le candidat lui-même mobilise et dépose pour participer aux élections. C’est comme si vous jouiez au damier et qu’on vous demandait de miser, par exemple, 50 000 francs guinéens pour déterminer celui qui va gagner. Sauf qu’au damier, celui qui perd peut perdre son argent. Mais, dans le cas des élections, il ne s’agit pas nécessairement de gagner pour récupérer sa caution. Dès lors que le candidat obtient au moins 5 % des suffrages exprimés, sa caution doit lui être remboursée », a-t-il précisé.
Interrogé sur son propre résultat lors des élections législatives et communales du 31 mai 2026, Cécé 1 Délamou assure avoir largement dépassé le seuil de 5 % requis pour prétendre au remboursement de sa caution. Il affirme disposer de documents attestant de ses résultats et soutient que la Direction générale des élections possède également les éléments nécessaires à leur vérification.
« J’ai même dépassé ce seuil. Je suis allé jusqu’à plus de 20 %. À N’Zérékoré-centre seulement, j’ai obtenu 9 000 voix. Nous avons toutes les preuves pour le démontrer. La Direction générale des élections dispose également de ces preuves. Nous avons même une publication qui atteste de nos résultats », a-t-il assuré.
Au-delà du non-remboursement des cautions, le responsable politique déplore les difficultés qu’il aurait rencontrées dans ses démarches auprès des responsables électoraux. Il affirme avoir sollicité à plusieurs reprises les responsables préfectoraux et régionaux afin d’obtenir des explications sur le retard du versement des subventions.
« La Direction générale des élections ne collabore pas suffisamment. Lorsque j’ai entrepris les premières démarches concernant la subvention, je suis allé voir le directeur préfectoral des élections. Il m’a toujours répondu que le dossier ne relevait pas de sa responsabilité. J’ai ensuite contacté le directeur régional des élections, qui se trouvait à Conakry et qui était malade.
Chaque fois que je l’appelais, il me disait qu’il était malade. Pourtant, je le voyais communiquer avec d’autres personnes à côté de moi. Lorsque je l’appelais pour parler du versement de la subvention, il invoquait sa maladie. En revanche, lorsque d’autres personnes l’appelaient pour des affaires personnelles, il prenait le temps de discuter avec elles », a-t-il relaté.
L’autre point qui alimente l’indignation de Cécé 1 Délamou concerne le délai de remboursement des cautions électorales. Selon lui, le délai normalement prévu à cet effet est largement dépassé, sans qu’aucune date précise n’ait été communiquée aux candidats concernés.
« Normalement, les cautions doivent être remboursées 70 jours après les élections. Mais nous sommes maintenant à près de cinq mois et nous n’avons toujours pas reçu notre argent », a-t-il dénoncé.
Pour Cécé 1 Délamou, le respect des engagements pris envers les candidats constitue un élément essentiel pour instaurer un climat de confiance entre les acteurs politiques et les autorités chargées de l’organisation des élections. Il estime que le silence entourant le remboursement des cautions risque de fragiliser cette confiance à l’approche des prochaines échéances électorales.
« Pour organiser des élections crédibles et instaurer un climat de confiance entre la population et les autorités, il faut respecter tous les candidats. Qu’un candidat gagne ou perde, ses droits doivent être respectés. L’État doit communiquer sur cette situation concernant les cautions.
Si les cautions ne sont toujours pas remboursées, c’est qu’il y a certainement plusieurs problèmes à régler. Mais comment peut-on procéder à des remboursements de manière progressive alors que certains candidats continuent de réclamer leur argent pendant que d’autres l’ont déjà reçu ? Qu’est-ce qui nous garantit alors que les cautions seront remboursées à temps et que tous les candidats seront traités de la même manière ? », s’est-il interrogé.
Pour répondre à ceux qui pourraient estimer que cette revendication intervient trop tardivement, Cécé 1 Délamou rejette l’idée selon laquelle il serait inutile de revenir sur une question liée à des élections déjà organisées. Pour lui, le remboursement des cautions constitue un droit acquis dès lors que les conditions prévues par les textes sont remplies.
« Ce n’est pas une question de réveiller les morts. Lorsqu’on demande à un candidat de déposer de l’argent, le code électoral précise lui-même que celui qui atteint le pourcentage requis doit récupérer sa caution. Cela signifie que cet argent doit être restitué à ceux qui y ont droit. Ce n’est donc pas une question de réveiller les morts.
Même si cela prend un an, ils doivent payer. C’est une dette. Ils peuvent refuser de payer, mais si les autorités refusent de s’acquitter de cette obligation, cela deviendra une dette morale », a-t-il soutenu.
Enfin, le coordinateur régional du FRONDEG explique pourquoi il a attendu plusieurs mois avant de dénoncer publiquement le non-remboursement des cautions. Il affirme avoir d’abord pensé que ce retard était lié à des difficultés financières, mais que l’annonce de nouvelles élections l’a poussé à prendre la parole. Il y voit désormais un manque de volonté de régler les engagements antérieurs, allant jusqu’à soupçonner une volonté de fragiliser les partis politiques.
« Nous pensions que ce retard était dû à des difficultés financières ou à d’autres problèmes. Mais si nous voyons maintenant de nouvelles élections s’annoncer, cela signifie que des préparatifs ont déjà été engagés. Or, avant de se préparer à organiser de nouvelles élections, il faut d’abord régler les problèmes liés aux précédentes. Il faut faire le bilan, établir un rapport et clôturer correctement le processus précédent avant de parler de l’organisation d’un nouveau scrutin.
Mais je sais que c’est un refus de payer, ou simplement une manière de casser les partis politiques, comme on en a l’habitude », a laissé entendre Cécé 1 Délamou, coordinateur régional du Front démocratique de Guinée (FRONDEG).
Nous avons pris contact avec le directeur préfectoral des élections de N’Zérékoré, qui nous a informés de son indisponibilité en raison d’une formation à laquelle il participe actuellement à Conakry.
De N’Zérékoré, Jean David Loua pour Guineematin.com
Tél : (+224) 620 58 60 02
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- Length
- 1,710 words · 9 min read
- Published
- October 19, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com