Le président de la Confemen appelle les États africains à mobiliser leurs propres ressources
À l’ouverture de la cérémonie de présentation des résultats du Pasec 2024, hier à Dakar, le président en exercice de la Confemen, le Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, a plaidé pour un financement durable de l’évaluation des apprentissages. Il appelle les États à mieux exploiter les données recueillies afin d’améliorer la qualité de l’enseignement.
Le financement de l’évaluation des apprentissages doit devenir une priorité pour les États africains. Le président en exercice de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (Confemen), le Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, a lancé cet appel jeudi 22 octobre 2026, à Dakar, lors de la cérémonie officielle de présentation des résultats du Programme d’analyse des systèmes éducatifs (Pasec 2024). Pour le ministre camerounais, le recul de l’aide internationale impose aux gouvernements de renforcer leurs contributions. « Le financement de la Confemen et de son plan stratégique doit être d’abord et avant tout l’affaire des États et gouvernements avant d’être celle des partenaires », a-t-il affirmé. Reconnaissant les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du plan stratégique 2022-2026, il a invité les pays membres à se mobiliser davantage pour le prochain cycle, couvrant la période 2027-2031. « Je m’engage ici à prendre mon bâton de pèlerin pour rendre visite à mes collègues et frères », a-t-il promis, déterminé à convaincre ses homologues de l’importance de cet investissement collectif.
Selon le président en exercice, les pays doivent privilégier la mobilisation de leurs ressources propres, l’appui des partenaires devant intervenir en complément. Cet effort doit permettre de produire des données fiables et de mieux orienter les dépenses consacrées à l’éducation. « Toute évaluation qui ne débouche pas sur l’action reste une évaluation inachevée », a-t-il averti.
Le Pr Etoundi Ngoa a rappelé, à cet égard, les conclusions de la conférence ministérielle de Rabat sur le financement des évaluations, ainsi que celles de la réunion des décideurs tenue à Cotonou du 20 au 22 juin 2023. Cette dernière avait abouti à l’adoption d’un cadre commun d’action destiné à optimiser l’exploitation des résultats. Il a plaidé pour la mise en place de dispositifs nationaux solides et pour une utilisation inclusive des données issues des évaluations.
Pour lui, le Pasec constitue un outil d’aide au pilotage des politiques publiques. Les évaluations standardisées permettent de suivre l’efficacité des systèmes éducatifs, d’améliorer les pratiques d’enseignement et de répartir les ressources de manière plus équitable. Leur intérêt ne réside donc pas dans la compétition entre les États. « La comparabilité au service de l’apprentissage mutuel entre pays qui progressent ensemble et non un classement entre pays qui se jugent », a-t-il précisé, rappelant que les contextes scolaires présentent des spécificités propres à chaque pays.
Le président de la Confemen souhaite également élargir la portée du programme au-delà de l’espace francophone. Son ambition est de faire du Pasec un dispositif « véritablement panafricain », ouvert aux différentes aires linguistiques tout en préservant son identité francophone. Il a évoqué l’expérience du Cameroun, où coexistent des systèmes éducatifs anglophone et francophone, ainsi que la participation du Nigeria et de São Tomé-et-Príncipe. Il espère voir davantage de pays prendre part à l’évaluation Pasec 2028, à l’approche de l’échéance de 2030 fixée pour la réalisation de l’Objectif de développement durable 4, consacré à une éducation de qualité pour tous. S’adressant au directeur de cabinet du président de la République, le Pr Mary Teuw Niane, qui représentait le chef de l’État sénégalais, il a sollicité son appui pour porter le plaidoyer auprès des dirigeants africains, notamment au sein de l’Union africaine, en faveur d’un financement accru des évaluations des apprentissages. Il a également salué l’engagement constant du Sénégal, pays hôte du siège de la Confemen.
Par Daouda Diouf
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About this article
- Length
- 615 words · 3 min read
- Published
- October 24, 2026
- Byline
- Oumar Boubacar Ndongo
- Source
- Soleil