
Le gaz domestique reste un casse-tête camerounais. La consommation grimpe de 5% par an, mais la production locale, elle, stagne à un niveau ridicule. Un seul site industriel, celui de Bipaga, fournit l’essentiel du butane consommé dans le pays. Le reste vient des importations, avec toute la fragilité que ça implique. Une production qui ne […] L’article Gaz domestique : le Cameroun cherche encore son autonomie est apparu en premier sur 237online.com .
Le gaz domestique reste un casse-tête camerounais. La consommation grimpe de 5% par an, mais la production locale, elle, stagne à un niveau ridicule. Un seul site industriel, celui de Bipaga, fournit l’essentiel du butane consommé dans le pays. Le reste vient des importations, avec toute la fragilité que ça implique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon la Société camerounaise des produits pétroliers, la Sonara ne produit plus que quatre bouteilles sur cinq consommées dans le pays. Le site de Bipaga livre à lui seul 30 000 tonnes par an, sur une consommation nationale qui dépasse désormais 100 000 tonnes.
L’incendie de la Sonara en 2019 a laissé des traces profondes. Depuis, la capacité résiduelle de production plafonne à peine à 2 000 tonnes par an. Robert Mouthe Essomba, secrétaire général au ministère de l’Énergie, le dit sans détour, le pays doit importer davantage, avec ce que ça suppose de coûts et de subventions publiques.
En août dernier, le départ du navire Hili Episeyo a assuré la liquéfaction du gaz naturel camerounais, une production qui a permis d’injecter 30 000 tonnes supplémentaires sur le marché domestique. Franchement, ça soulage, mais ça ne résout rien sur le fond.
Le système d’approvisionnement repose sur des relais fragiles. Les ressources disponibles pour financer les cargaisons sont limitées, et la capacité de stockage à Douala reste insuffisante face aux zones enclavées. La pénurie récente de bouteilles de la marque SCTM en est la preuve la plus visible.
Le 21 août dernier, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a présidé un investissement à Douala. La sphère 6 de stockage de GLP, d’une capacité de 1000 tonnes métriques, doit prolonger l’autonomie du pays d’au moins 30 jours. D’autres chantiers sont en cours à Bonabéri, avec un pipeline et l’automatisation des sphères existantes, pour porter la capacité du site à 4500 tonnes, puis 5500.
Le Terminal Hydrocarbures de Kribi, à terme, doit ouvrir un second point d’entrée maritime pour les produits pétroliers et gaziers. Reste que l’objectif national de disposer de stocks de sécurité correspondant à 70% de la consommation, contre 40% actuellement, ne sera pas atteint avant 2030. On ne sait pas encore si le calendrier tiendra.