Un magazine britannique révèle comment la guerre des clans ébranle le Maroc
Par Kahina. B.-H. – Fuite de secrets d’État, espionnage ciblant jusqu’au sommet du pouvoir et guerre de succession interne, une enquête choc du magazine britannique The Economist dévoile les coulisses d’un Palais royal marocain sous tension, où la santé fragile de Mohammed VI aiguise les rivalités et la compétition pour ... Lire la suite
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Par Kahina. B.-H. – Fuite de secrets d’État, espionnage ciblant jusqu’au sommet du pouvoir et guerre de succession interne, une enquête choc du magazine britannique The Economist dévoile les coulisses d’un Palais royal marocain sous tension, où la santé fragile de Mohammed VI aiguise les rivalités et la compétition pour l’influence et les postes de pouvoir s’intensifie au sein du royaume dans la perspective de la succession.
The Economist a publié l’un des rapports les plus critiques sur ce qui se passe à l’intérieur du palais royal au Maroc. L’enquête révèle la fuite vers l’Europe d’un cadre du renseignement détenant des secrets d’État hautement sensibles. Ce personnage central de cet épisode est un agent répondant au nom de code d’«Ambassadeur», ancien membre de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), le service de renseignement intérieur marocain. Selon The Economist, l’homme s’est enfui de l’appareil sécuritaire en emportant une liste de personnalités surveillées par les services locaux au moyen de logiciels espions israéliens.
Le magazine lie ces opérations à une cellule tactique dénommée Bureau 21, qui aurait fonctionné avec des éléments israéliens en piratant téléphones portables et caméras de surveillance pour traquer des figures de premier plan au Maroc et en Europe. Certaines sources avancent même que la liste des cibles incluait le roi Mohammed VI lui-même.
Après un parcours l’ayant mené en Tunisie puis en France, souligne le magazine, l’agent a finalement obtenu la protection de l’Espagne. Ce refuge est à l’origine directe de la vive détérioration des relations entre Rabat et Madrid, précise The Economist qui fait savoir que les autorités marocaines ont perçu cet asile accordé à un détenteur d’informations d’une extrême sensibilité comme une trahison. D’ailleurs, le magazine rapporte que selon plusieurs observateurs au sein du régime, la crise migratoire à Ceuta et l’afflux massif de migrants ont été orchestrés par les services sécuritaires marocains pour punir l’Espagne d’avoir hébergé le dissident.
Toujours selon la même enquête, cette affaire dépasse le cadre d’une simple querelle d’espionnage et reflète un effritement plus large de l’appareil d’État, marqué par la multiplication des défections vers l’Europe. Alimentées par l’affaiblissement de l’autorité royale, les rivalités entre factions sécuritaires s’intensifient. Le magazine décrit une fracture profonde entre la vieille garde incarnée par Fouad Ali El Himma, conseiller principal du souverain, et le prince héritier Moulay Hassan, soutenu par sa mère Lalla Salma. Après le divorce royal en 2018, El Himma aurait maintenu cette dernière dans une situation proche de la résidence surveillée. Selon l’analyse du journal, ce dernier redouterait désormais l’avènement du futur roi, craignant des représailles de la reine mère qui le contraindraient à l’exil.
Pendant ce temps, la gestion des affaires de l’État pâtit de l’effacement du monarque. L’enquête révèle un monarque de 63 ans, largement absent de la scène politique, réduit ses déplacements et montre des signes visibles de faiblesse physique, peinant parfois à prononcer de simples allocutions. Le média britannique soutient que face aux événements majeurs, des manifestations du Rif en 2016 au séisme de 2023, la bureaucratie marocaine reste paralysée dans l’attente de directives royales qui ne viennent pas, se heurtant à un silence institutionnel quasi systématique.
K. B.-H.
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- 526 words · 3 min read
- Published
- September 17, 2026
- Byline
- Rédaction
- Source
- Algérie Patriotique