Le livre au cœur de la mémoire, du dialogue des cultures et des ambitions de la société
Dès les premières heures de l’ouverture au public, les visiteurs ont investi les différents pavillons pour découvrir la diversité des ouvrages exposés. Romans, essais, livres d’histoire, publications scientifiques, ouvrages scolaires, dictionnaires et livres religieux composent une offre éditoriale destinée à satisfaire les attentes de différents publics. Cette diversité témoigne de la place qu’occupe le livre dans les pratiques culturelles et éducatives, mais aussi de l’intérêt des lecteurs pour des domaines variés du savoir.
Au-delà de son caractère commercial, le SILA constitue un espace privilégié de rencontre entre les auteurs, les éditeurs et leur public. Il permet de découvrir de nouvelles publications, de prendre connaissance des évolutions du secteur de l’édition et de favoriser la circulation des idées. Dans un contexte marqué par la progression des usages numériques et l’omniprésence des écrans, la forte affluence enregistrée à l’ouverture rappelle que le livre imprimé conserve une place importante dans la transmission des connaissances et la construction de l’esprit critique.
La lecture demeure, en effet, un moyen essentiel d’acquisition du savoir, d’ouverture sur le monde et de compréhension des réalités sociales, historiques et politiques. Elle permet de confronter les points de vue, d’interroger les certitudes et de développer une réflexion personnelle. À travers les ouvrages proposés, le salon offre ainsi aux visiteurs la possibilité d’explorer de nouveaux horizons intellectuels et de renforcer leur rapport à la culture.
Une vitrine pour l’édition nationale et internationale
La présence de 1 567 maisons d’édition issues de 51 pays confère à cette 29e édition une dimension internationale affirmée. Parmi les participants figurent 350 maisons d’édition algériennes, dont la contribution met en évidence la place de la production nationale dans cette manifestation culturelle. Le salon constitue une occasion pour les éditeurs de présenter leurs catalogues, de faire connaître leurs nouvelles publications et d’établir des contacts avec les lecteurs et les professionnels du secteur.
Pour l’industrie du livre, cette manifestation représente également un espace de visibilité et d’échanges. Elle permet de mettre en lumière le travail des maisons d’édition, les choix éditoriaux et les efforts déployés pour faire connaître les œuvres auprès d’un public plus large. Elle rappelle, dans le même temps, les défis auxquels reste confrontée l’édition nationale, notamment en matière de diffusion des ouvrages, d’élargissement des publics et d’accompagnement des nouvelles générations d’auteurs.
La participation de nombreux éditeurs algériens constitue ainsi une opportunité de valoriser la création littéraire nationale et de renforcer les liens entre les écrivains et leurs lecteurs. Le développement de cette dynamique suppose toutefois des efforts continus pour encourager la lecture, soutenir les professionnels du secteur et faciliter l’accès aux ouvrages. Car la réussite du salon ne dépend pas uniquement du nombre d’exposants ou de visiteurs, mais aussi de sa capacité à susciter un intérêt durable pour le livre.
L’Arabie saoudite, invitée d’honneur de cette édition
La participation du Royaume d’Arabie saoudite en qualité d’invité d’honneur constitue l’un des temps forts de cette édition. Son pavillon propose aux visiteurs algériens un aperçu de la richesse de la culture saoudienne à travers des ouvrages et des manuscrits consacrés à l’histoire, au patrimoine, à la littérature et aux arts. Des objets représentatifs des traditions artisanales, notamment la dinanderie, la poterie et la tapisserie, viennent également illustrer la diversité de ce patrimoine.
Cette présence s’inscrit dans une démarche de rapprochement culturel entre les deux pays, en offrant au public l’occasion de découvrir différentes facettes de la société saoudienne. À travers les livres, les récits historiques et les expressions artistiques, les visiteurs peuvent mieux appréhender les particularités d’une culture et les éléments qui contribuent à son identité.
Lors de l’inauguration officielle du salon, organisée mercredi sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, qui présidait la cérémonie au nom du chef de l’État, a visité plusieurs pavillons, dont ceux de l’Arabie saoudite, de la Palestine et de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a salué la participation saoudienne, soulignant la qualité des relations historiques entre les deux pays. Pour sa part, le directeur général de la Commission saoudienne de la littérature, de l’édition et de la traduction, Abdullatif Al-Wasel, a présenté cette invitation comme une occasion de faire découvrir au public algérien la diversité culturelle de son pays.
Au-delà de son aspect protocolaire, cette participation illustre le rôle de la diplomatie culturelle dans le rapprochement entre les peuples. Le livre permet de dépasser les frontières géographiques en donnant accès aux histoires, aux traditions et aux imaginaires des différentes sociétés. Il constitue ainsi un instrument de dialogue et de compréhension mutuelle.
La Palestine et le Sahara occidental, entre mémoire et identité
Les pavillons palestinien et sahraoui occupent également une place symbolique dans cette édition. Au pavillon de l’État de Palestine, l’ambassadeur palestinien en Algérie, Fayez Abu Aïta, a présenté la contribution de la culture et des arts à la lutte du peuple palestinien. Il a également transmis les salutations du peuple et du président palestiniens au président de la République, tout en saluant le rôle de l’Algérie dans la défense de la cause palestinienne.
Au pavillon de la RASD, l’ambassadeur sahraoui en Algérie, Khatri Addouh, a présenté des publications consacrées à l’histoire et à la lutte du peuple sahraoui. Ces espaces rappellent que le livre ne se limite pas à sa fonction éducative ou récréative. Il constitue également un moyen de préserver la mémoire collective, de transmettre les récits historiques et de faire connaître les expériences vécues par les peuples.
À travers les témoignages, les œuvres littéraires et les publications historiques, l’écrit contribue à la sauvegarde des identités culturelles et à la transmission du patrimoine aux générations futures. La présence de ces pavillons souligne ainsi la capacité de la culture à offrir un espace d’expression aux peuples et à maintenir vivante la mémoire de leur parcours.
Des rencontres pour encourager la lecture
Outre l’exposition des ouvrages, la programmation culturelle du SILA prévoit des rencontres avec des auteurs algériens et étrangers, ainsi que des conférences consacrées à différentes questions littéraires et intellectuelles. Ces rendez-vous permettent au public d’échanger directement avec les écrivains, de mieux comprendre leurs démarches créatives et de découvrir les réflexions qui nourrissent leurs œuvres.
La présence des jeunes visiteurs revêt, à cet égard, une importance particulière. Elle souligne la nécessité de renforcer la place de la lecture dans les parcours éducatifs et de développer des initiatives capables de rapprocher durablement les nouvelles générations du livre. L’encouragement de la lecture dès le plus jeune âge, le développement des bibliothèques et l’amélioration de l’accès aux ouvrages constituent autant de leviers pour consolider cette dynamique.
En qualifiant le SILA de l’un des grands rendez-vous culturels d’Afrique, du monde arabe et de la Méditerranée, Azouz Nasri a mis en avant son rôle dans la promotion de la lecture, le soutien à l’industrie du livre et le renforcement de la diplomatie culturelle.
À travers cette 29e édition, le Salon international du livre d’Alger confirme ainsi sa vocation de plateforme de diffusion du savoir, de valorisation de la création éditoriale et de dialogue entre les cultures. Si la forte affluence enregistrée à l’ouverture témoigne de l’intérêt du public, le principal défi reste de prolonger cet engouement au-delà de l’événement. Le développement des bibliothèques, le soutien aux auteurs et la promotion de la lecture dans les établissements scolaires et au sein des familles demeurent essentiels pour inscrire durablement le livre dans les habitudes culturelles de la société.
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- Length
- 1,235 words · 6 min read
- Published
- October 30, 2026
- Byline
- Rédaction LNR