Des centaines de migrants, principalement originaires du Maroc, campent depuis près d’un mois sur la plage d’El Trampolín, dans l’enclave espagnole de Ceuta.
Entre conditions sanitaires précaires, menace d’expulsion et hostilité d’une partie de la population, la crise humanitaire ravive les tensions autour de la frontière hispano-marocaine.
Des abris improvisés occupent désormais la plage d’El Trampolín, à Ceuta. Depuis près d’un mois, des centaines de migrants y dorment dans l’attente d’une solution.
La majorité d’entre eux sont de jeunes Marocains, mais le campement accueille également des familles entières, des femmes accompagnées d’enfants et des mineurs.
Ces migrants ne souhaitent pas rejoindre les centres d’accueil officiels. Ils redoutent d’y être identifiés, puis expulsés, après l’annonce par le gouvernement espagnol de son intention de reconduire les personnes arrivées à la frontière avec le Maroc à la fin du mois de juillet.
« Nous vivons des moments très difficiles »
Sur la plage, les conditions de vie sont particulièrement précaires. Les migrants dorment sous des tentes et des abris de fortune. Ils ne recevraient qu’un repas par jour, fourni par la Croix-Rouge.
Nebil Tazi, un Marocain de 32 ans originaire de Tanger, affirme que les personnes installées sur place sont exposées aux maladies et peinent à obtenir des soins médicaux.
« Nous souffrons et nous voulons rejoindre l’Europe ou trouver une solution tout de suite. Ici, nous dormons tous sur la plage et nous vivons des moments très difficiles », témoigne-t-il.
Désignant un autre migrant qui aurait besoin de soins, il ajoute : « Il a besoin d’un médecin, mais il n’en trouve pas. Cela fait un mois qu’on attend une solution ici, mais il n’y en a pas. »
L’espoir de trouver du travail en Espagne
Comme beaucoup de personnes présentes dans le campement, Nebil Tazi espère pouvoir travailler en Espagne pour soutenir ses proches.
« J’ai de la famille en Espagne et au Maroc. Nous avons besoin de travail, nous avons besoin d’argent, nous devons aider ma famille », explique-t-il. « Ici, en Espagne, nous pouvons le faire. Au Maroc, non. »
Pour ces migrants, Ceuta représente une porte d’entrée vers l’Europe. Mais leur présence prolongée dans la ville autonome espagnole les place dans une situation d’extrême incertitude, sans perspective claire d’accueil, de régularisation ou de départ.
La tension monte à Ceuta
Le campement est aussi devenu la cible de pressions exercées par certains groupes hostiles à la présence des migrants. Depuis plusieurs semaines, des manifestants réclament leur départ et reprochent au gouvernement espagnol son manque de réponse face à la crise.
Le 2 septembre, jour férié dans la ville autonome, plusieurs rassemblements ont été organisés pour protester contre la présence des migrants et dénoncer la gestion de la situation par Madrid.
Les habitants mobilisés réclament un retour à la normale après les arrivées massives enregistrées à la fin du mois de juillet.
Plus de 260 communes mobilisées
En parallèle, plus de 260 communes espagnoles devaient se mobiliser le 2 septembre en soutien à Ceuta.
Cette initiative replace la crise humanitaire et la gestion de la frontière avec le Maroc au centre du débat national. Elle souligne également la pression qui pèse sur cette enclave espagnole, régulièrement confrontée à des arrivées de migrants tentant de rejoindre le territoire européen.
Entre l’urgence humanitaire sur la plage, les projets d’expulsion du gouvernement et la colère d’une partie de la population, aucune solution durable ne semble encore se dessiner pour les centaines de personnes bloquées à Ceuta.
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