FCC : celui qui sait, et qui attend
Le 8 septembre, la Financial Crimes Commission (FCC) tenait, pour la première fois de son histoire, une conférence de presse, une opération de reconquête menée par son directeur général, Sanjay Dawoodarry, sur le mode « No retreat, no surrender ». Mais à peine la séquence refermée, une perspective en change la portée : l’homme dont l’institution concentre aujourd’hui les critiques est appelé à passer dans une agence bien plus puissante, la National Crime Agency (NCA) et un ancien vice-Premier mi
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Le 8 septembre, la Financial Crimes Commission (FCC) tenait, pour la première fois de son histoire, une conférence de presse, une opération de reconquête menée par son directeur général, Sanjay Dawoodarry, sur le mode « No retreat, no surrender ». Mais à peine la séquence refermée, une perspective en change la portée : l’homme dont l’institution concentre aujourd’hui les critiques est appelé à passer dans une agence bien plus puissante, la National Crime Agency (NCA) et un ancien vice-Premier ministre affirme détenir, sur sa nomination, des révélations qu’il tarde à faire.
C’est là que le calendrier interpelle. Car au moment même où ces questions restent sans réponse, le projet de loi sur la NCA organise la continuité de cette direction. Selon le texte, le directeur général de la FCC deviendrait, à l’entrée en vigueur de la loi, le directeur général adjoint de la NCA. Le premier directeur général, lui, serait celui de l’agence intérimaire, nommé, comme le relève l’opposition, sur l’avis du Premier ministre, puis reconduit automatiquement. Autrement dit : l’encadrement dont on interroge aujourd’hui l’impartialité ne s’efface pas avec la FCC. Il se prolonge, presque à l’identique, au sommet d’une institution dotée de bien plus de pouvoirs, perquisitions sur mandat du directeur général, surveillance approuvée en interne, préséance sur le commissaire de police.
Celui qui sait, et qui attend
Reste une question que Paul Bérenger, seul, peut aujourd’hui trancher. Lors de sa conférence de presse du 19 septembre à Ébène, l’ancien vice-Premier ministre et leader du FMP a affirmé connaître les circonstances dans lesquelles Sanjay Dawoodarry a été nommé à la tête de la FCC, des circonstances qu’il juge plus graves encore que le mécanisme contesté de la NCA, « pire que ça ». Et il a promis de les révéler : « An tan e lie, mo va dir zot dan ki sirkonstans sa direkter zeneral la inn ariv kot li inn ariver. »
Mais « en temps et lieu », sur un dossier de cette portée, est une réponse qui interroge. Car M. Bérenger n’est pas un observateur extérieur : ancien vice-Premier ministre, il a siégé au cœur de l’exécutif. S’il détient des éléments sur la façon dont a été nommé le patron de l’agence chargée de lutter contre les crimes financiers, au moment précis où cette agence s’apprête à céder la place à une NCA plus puissante, alors ces éléments intéressent le débat public aujourd’hui, et non plus tard. Annoncer que l’on sait, tout en différant le moment de dire, revient à entretenir le soupçon sans permettre de l’établir. Celui qui met en cause une nomination a le devoir de la documenter ; à défaut, l’accusation reste suspendue, et le doute, entier.
Réparer, ou reconduire ?
C’est ici que la mise en garde de Nando Bodha prend tout son sens. L’ancien ministre distinguait trois usages possibles d’une agence anti-corruption : (1) servir la population, (2) couvrir les scandales du pouvoir, (3) ou frapper l’adversaire. Rien ne prouve qu’aucun de ces scénarios soit avéré, et chacun demeure présumé agir dans les règles. Mais on ne dissipe pas des doutes en changeant l’enseigne tout en gardant l’équipe, et en lui confiant davantage de moyens. On ne restaure pas la confiance dans une institution en transférant ses responsables et les questions qui les entourent, vers une structure plus puissante.
Au fond
Une conférence de presse ne vaut que par les jours qui la suivent. Ceux-ci n’ont pas refermé le dossier de la FCC ; ils l’ont élargi. Car la vraie question n’est plus seulement de savoir si l’institution a bien agi, mais de savoir si ses zones d’ombre sont sur le point d’être transférées, avec sa direction, vers la NCA. Avant de doter le pays d’une agence plus puissante, il serait légitime d’éclaircir d’abord celles qui pèsent sur celle qu’elle remplace, à commencer par la façon dont son patron a été nommé. Et sur ce point, celui qui dit savoir, Paul Bérenger, tient une part de la réponse.
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- September 28, 2026
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- IONNEWS