Changements climatiques : Le système de santé se prépare aux nouveaux risques
AI summary
Face aux changements climatiques, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a appelé, jeudi dernier, à renforcer la prévention, la veille et la préparation du système sanitaire face à des phénomènes extrêmes de plus en plus susceptibles d’affecter la santé des populations, lors d’une journée d’étude consacrée à « la santé et les changements climatiques », organisée par le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie.
Dans son intervention, M. Aït Messaoudène a déclaré que les changements climatiques « sont devenus une question sanitaire, de développement et de sécurité », compte tenu de leurs conséquences sur la santé des populations et sur la capacité des systèmes de santé à répondre aux situations exceptionnelles.
Cette rencontre s’est tenue sous le thème « Maladies climatiques… unir les efforts… renforcer la prévention… adaptation et anticipation », au centre familial de la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS) à Ben Aknoun, en présence de responsables, d’institutions scientifiques et de représentants d’organisations internationales.
Le ministre a expliqué que cette évolution se traduit déjà par une plus grande exposition à plusieurs phénomènes extrêmes, à l’instar de la hausse des températures, des vagues de chaleur, des périodes de sécheresse, des inondations et des incendies de forêt. M. Aït Messaoudène a souligné l’augmentation des risques liés à la chaleur, l’aggravation de certaines maladies cardiaques et respiratoires, les effets de la pollution de l’air ainsi que la pression sur les ressources hydriques et alimentaires. Il a ajouté que ces phénomènes peuvent également modifier les modes de propagation de certaines maladies infectieuses et vectorielles.
Il a tenu à préciser que les effets sont particulièrement sensibles pour les catégories vulnérables, notamment les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques.
Dans ce contexte, le ministre a appelé à renforcer la préparation du système de santé, soulignant que « la protection de la santé du citoyen commence par la prévention et l’anticipation ».
Le secteur travaille ainsi au renforcement des capacités de surveillance et de veille, ainsi qu’à la préparation des établissements de santé lors des épisodes de chaleur et autres phénomènes extrêmes. « Nos ambitions ont dépassé le stade de la réponse aux crises pour aller vers la capacité à les prévoir et à s’y préparer avant leur survenue », a-t-il ajouté, mettant en avant « la science, la technologie et l’intégration des données ».
C’est précisément dans cette logique que le recours aux technologies spatiales doit prendre une nouvelle dimension.
Le spatial au service de l’anticipation
Une convention tripartite doit ainsi être conclue dans les prochains jours entre le ministère de la Santé, l’Agence nationale de sécurité sanitaire et l’Agence spatiale algérienne.
Le ministre a précisé que « cette coopération permettra de mobiliser les technologies spatiales et géospatiales, notamment les images satellitaires, les techniques de télédétection et les systèmes d’information géographique ». L’objectif est de disposer d’informations plus précises sur les facteurs environnementaux et les territoires exposés.
Les données recueillies pourront contribuer à identifier les zones vulnérables, renforcer les systèmes d’alerte précoce, établir des cartes sanitaires et améliorer la planification ainsi que la répartition des ressources et des équipements de santé. Mais cette anticipation repose aussi sur une meilleure circulation de l’information et une action coordonnée entre les différents secteurs.
La relation entre environnement et santé conduit ainsi à renforcer la coopération avec le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie. Le secteur de la santé participe déjà à plusieurs commissions et instances consacrées à la qualité de l’air, à la protection de la couche d’ozone, aux substances dangereuses ainsi qu’aux zones humides et protégées.
Cette coopération s’étend à la stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer 2025-2035, à laquelle le ministère de l’Environnement est associé compte tenu de l’influence de certains facteurs environnementaux sur les risques sanitaires.
Pour M. Aït Messaoudène, cette transversalité devrait guider l’action publique, appelant à une « approche nationale multisectorielle » réunissant les secteurs de l’Etat, les collectivités locales, les institutions scientifiques, les professionnels de santé et la société civile.
Cette coordination existe aussi dans les dispositifs de gestion des situations exceptionnelles. La commission multisectorielle de coordination en matière de prévention, créée au niveau du Premier ministère, constitue un cadre commun pour les différents acteurs. Dans les wilayas, les cellules de crise permettent de centraliser les données, d’évaluer les situations, de coordonner les interventions et d’identifier les besoins urgents, tout en assurant la continuité des services essentiels.
Concernant la capacité des structures sanitaires à absorber ces situations sans interrompre leurs prestations, le ministre a ainsi appelé à des établissements « plus préparés et plus résilients », capables d’assurer la continuité des services dans différentes circonstances.
Il a conclu son intervention en résumant la démarche en quatre priorités : la prévention avant la maladie, l’anticipation avant la crise, la coordination face aux risques et la mobilisation de la science et de la technologie au service du citoyen. Il a soutenu qu’il s’agit avant tout de « protéger l’être humain, d’améliorer sa qualité de vie et de renforcer notre capacité collective de résilience ».
The post Changements climatiques : Le système de santé se prépare aux nouveaux risques appeared first on Le Jeune Indépendant.
Follow the story
About this article
- Length
- 868 words · 4 min read
- Published
- September 25, 2026
- Byline
- Mounia Boudj
- Source
- Le Jeune Indépendant