Guinée-Malaisie : le Conseil des Guinéens alerte sur de présumées escroqueries à la migration
Dans un communiqué publié le 6 novembre 2026, le Conseil des Guinéens établis en Malaisie a alerté la communauté guinéenne sur des pratiques frauduleuses liées à de prétendues offres de migration vers l’Australie et l’Europe. Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce dimanche 8 novembre, son président revient sur les motivations de cette publication, la situation des victimes, les difficultés liées à la régularisation du séjour en Malaisie et les mesures envisagées pour mieux protéger les compatriotes. Il appelle également les Guinéens à la vigilance, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Kuala Lumpur.
Qu’est-ce qui a motivé la publication de ce communiqué du 6 novembre 2026 ?
Joint au téléphone, Souleymane Doumbouya, président du Conseil des Guinéens établis en Malaisie, revient sur les raisons qui ont motivé cette démarche. Il explique notamment que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la responsabilité du Conseil de protéger les compatriotes contre les pratiques frauduleuses liées aux offres de migration.
« La publication de ce communiqué est motivée par la nécessité de protéger la communauté guinéenne contre les pratiques frauduleuses liées à l’immigration et aux prétendues offres de voyage vers l’Australie et d’autres destinations. Ce sont des réseaux qui se créent en Guinée dans la clandestinité et qui organisent leurs activités à travers la Malaisie.
« En tant que président du Conseil, il était important de dénoncer cette situation au sein de la communauté. Cette initiative n’est pas une démarche personnelle ou une décision prise à la légère. Elle répond également à une responsabilité institutionnelle qui incombe au Conseil. Notre rôle est d’assurer la protection de nos compatriotes. Voilà pourquoi nous avons publié ce communiqué sur notre plateforme WhatsApp, qui regroupe les Guinéens établis en Malaisie », a expliqué Souleymane Doumbouya.
Vous avez évoqué 35 compatriotes victimes de promesses de migration vers l’Australie et l’Europe. Quelle est la situation réelle de ces personnes ?
Au-delà des raisons de cette alerte, la situation des compatriotes victimes de ces pratiques reste particulièrement préoccupante. Le président du Conseil fait état de plusieurs plaintes déjà enregistrées et apporte des précisions sur le nombre de personnes concernées ainsi que sur leur situation actuelle.
« Nous avons déjà reçu plusieurs plaintes. Le nombre pourrait même être supérieur à 35, puisque nous n’avons pas encore terminé de traiter tous les dossiers.
« Pour le moment, 35 cas ont été enregistrés auprès du secrétariat administratif du Conseil des Guinéens établis en Malaisie. Nous avons recueilli des témoignages de nos compatriotes vivant dans plusieurs districts de la Malaisie. Nous recevons des appels de différents endroits. À ceux que nous avons pu identifier, nous avons demandé de constituer un dossier et de déposer une plainte auprès du Conseil.
« Lorsque les plaintes sont déposées, nous essayons de centraliser les témoignages et les éléments de preuve afin de mieux établir la situation individuelle de chaque personne concernée. La situation est préoccupante pour ces victimes. Elles sont aujourd’hui abandonnées après avoir été trompées par de fausses promesses.
« Il y a d’abord les pertes financières et, ensuite, les difficultés à retourner en Guinée, parce que leurs parents n’ont plus les moyens de leur venir en aide. Voilà pourquoi la situation est préoccupante », a-t-il signalé.
Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les Guinéens concernant la régularisation de leur séjour en Malaisie ?
Par ailleurs, la régularisation du séjour constitue une autre préoccupation pour les Guinéens établis en Malaisie. Entre les retards dans les démarches de renouvellement des visas et les difficultés financières liées aux frais universitaires, plusieurs compatriotes se retrouvent confrontés à des situations délicates. Le président du Conseil revient sur ces différentes difficultés.
« La régularisation du séjour des Guinéens en Malaisie constitue également une préoccupation pour le Conseil. Concernant le renouvellement des visas, il faut normalement préparer les démarches trois mois à l’avance, conformément aux procédures malaisiennes. Pendant cette période, on peut rencontrer certaines difficultés, mais il est important de respecter les délais afin d’éviter de se retrouver en situation de dépassement de séjour. C’est pourquoi nous demandons aux compatriotes de soumettre leurs passeports trois mois avant l’expiration de leur visa.
« Malheureusement, certains Guinéens prennent du retard dans la soumission de leurs passeports et dans les procédures de renouvellement. À cela s’ajoutent les difficultés financières liées aux frais universitaires. Lorsque les étudiants ne parviennent pas à payer ces frais, ils risquent de perdre leur statut légal en raison des retards dans les procédures universitaires.
« Voilà quelques-unes des difficultés auxquelles nos compatriotes sont confrontés. De notre côté, nous poursuivons les actions de sensibilisation. Nous venons encore de le faire avant-hier sur notre plateforme. Nous essayons régulièrement d’informer et de sensibiliser les compatriotes sur les dispositions que le Conseil peut prendre pour les accompagner », a-t-il énuméré.
Les plaintes concernant au moins 35 victimes permettent-elles déjà d’identifier les agences ou les personnes impliquées dans ces pratiques ?
Au-delà du nombre de victimes signalées, l’identification des personnes ou des agences mises en cause constitue un autre enjeu important dans cette affaire. Toutefois, la peur des représailles semble freiner certaines victimes, qui hésitent à dénoncer les auteurs présumés. Le président du Conseil apporte des précisions sur les témoignages recueillis et les noms qui lui ont été communiqués.
« Certaines victimes refusent de dévoiler l’identité des personnes impliquées, par peur des représailles et des intimidations. On leur fait comprendre que, si elles prononcent certains noms, la police pourrait être envoyée contre elles pour les faire rapatrier. Plusieurs refusent donc non seulement de porter plainte, mais également de révéler l’identité des personnes à l’origine de ces escroqueries. Elles ont peur.
« Cependant, d’autres victimes n’hésitent pas à communiquer les noms des personnes qu’elles accusent. Par exemple, avant la publication du communiqué sur notre plateforme, un compatriote nous a parlé d’une personne appelée Tara, originaire de Conakry. Selon les informations qui nous ont été communiquées, son nom reviendrait dans plusieurs témoignages de victimes. Il existe également d’autres cas. Certaines personnes ont même essayé de récupérer une partie de l’argent versé », a-t-il expliqué.
Quelles dispositions concrètes le Conseil compte-t-il prendre, en collaboration avec l’ambassade et les autorités malaisiennes, pour protéger les compatriotes ?
Face à ces différentes difficultés, la question de l’accompagnement des compatriotes devient essentielle. Le Conseil entend-il aller au-delà des campagnes de sensibilisation pour apporter une assistance concrète aux personnes concernées ? Le président présente les mesures envisagées ainsi que les démarches qu’il souhaite engager avec l’ambassade de Guinée et les autorités malaisiennes.
« En tant que président du Conseil, je pense qu’il est important de présenter des mesures concrètes, réalistes et applicables. Cela signifie que le Conseil doit passer de la simple sensibilisation à un véritable mécanisme de protection, d’assistance et de suivi des compatriotes guinéens.
« Pour cela, notre objectif est désormais de construire une collaboration structurée entre l’ambassade de Guinée, le Conseil et les autorités malaisiennes compétentes, notamment le département de l’Immigration. Nous devons mettre en place un mécanisme d’orientation auprès des autorités malaisiennes.
« Le Conseil doit également disposer d’un dispositif permettant d’orienter les étudiants et les autres compatriotes guinéens vers les services consulaires, de les assister dans leurs démarches documentaires et de leur apporter une orientation juridique lorsque cela est nécessaire.
« Il faut également assurer le suivi des difficultés administratives en collaboration avec l’ambassade. Enfin, concernant les cas d’escroquerie, nous devons orienter les victimes vers les services de police compétents. Voilà le mécanisme et le dispositif que nous souhaitons mettre en place pour atténuer les difficultés rencontrées par nos compatriotes », a indiqué Souleymane Doumbouya.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux Guinéens vivant en Malaisie afin de les protéger contre ces pratiques frauduleuses ?
Face à la multiplication des témoignages et aux risques auxquels certains compatriotes sont exposés, la sensibilisation apparaît comme un moyen essentiel de prévention. Le président du Conseil lance ainsi un appel à la vigilance et invite les Guinéens établis en Malaisie à adopter les bons réflexes pour éviter de tomber dans ces pièges. Il adresse également un message particulier à ceux qui ont déjà été victimes de ces pratiques.
« Je voudrais m’adresser directement à l’ensemble de nos compatriotes vivant en Malaisie, où qu’ils se trouvent. J’invite les compatriotes à faire preuve de la plus grande vigilance face aux personnes qui leur promettent des visas de voyage vers l’Australie ou d’autres destinations, en échange d’importantes sommes d’argent, sans aucune garantie légale.
« Je voudrais également leur dire de ne pas confier leur avenir à des intermédiaires qui leur promettent des raccourcis migratoires. Aucun projet de voyage sérieux ne doit reposer uniquement sur les promesses d’un intermédiaire.
« J’invite donc les compatriotes à vérifier l’identité et la crédibilité des agences ou des intermédiaires avec lesquels ils souhaitent traiter. Ils doivent exiger un contrat et vérifier les informations auprès des services de l’ambassade, de l’Immigration malaisienne et surtout du Conseil des Guinéens établis en Malaisie. Il ne faut pas remettre son passeport à une personne non autorisée ni verser de l’argent sous la pression de quelqu’un qui promet de faciliter un voyage.
« Il faut également signaler toute tentative d’escroquerie aux autorités compétentes ou au Conseil des Guinéens établis en Malaisie.
« À ceux qui ont déjà été victimes de ces pratiques, je voudrais dire de ne pas avoir peur. Il faut signaler les faits, parler et ne pas rester dans le silence. En restant silencieux, d’autres compatriotes risquent également de se faire tromper.
« Le fait d’avoir été victime d’une escroquerie ne doit pas être une source de honte. Votre témoignage peut permettre d’éviter à d’autres compatriotes de subir les mêmes situations. Voilà, en quelque sorte, les conseils que je souhaite donner à nos compatriotes guinéens établis en Malaisie », a lancé Souleymane Doumbouya.
De Kuala Lumpur, Roger Louhoule pour guineematin.com
Tel. WhatsApp: (+224) 611 22 34 46
The post Guinée-Malaisie : le Conseil des Guinéens alerte sur de présumées escroqueries à la migration first appeared on Guineematin.com.
Follow the story
About this article
- Length
- 1,643 words · 8 min read
- Published
- November 8, 2026
- Byline
- Guineematin.com
- Source
- Guineematin.com