- Bonamoussadi : il reconnaît son agresseur, c'est son ancien élève

AI summary
Un professeur de 48 ans poignardé à Bonamoussadi par son ancien élève. Récit d'une nuit de violence qui secoue Douala. L'enquête est en cours.
À Bonamoussadi, un enseignant a reconnu dans la nuit son agresseur : un élève qu'il avait formé. Puis le couteau est entré.
Douala, mercredi 23 septembre 2026, aux environs de 22 h 45. Jean-Parfait W., 48 ans, professeur de langue, rentre d'une réunion à PK8, dans le 3e arrondissement. Il n'arrive jamais à destination. Trois hommes l'attendent. L'un d'eux est un visage qu'il connaît : Prosper D., son ancien élève de 4e. Une lame s'enfonce dans sa cuisse. Il perd son sang, ses 120 000 francs, ses deux téléphones et son ordinateur portable. Il est retrouvé en larmes, seul, au bord de la route.
Ce que les enquêteurs cherchent à comprendre, ce n'est pas seulement comment un professeur a été dépouillé. C'est comment un homme qu'il avait formé a pu le laisser pour mort sur le bitume de Bonamoussadi.
La nuit du 23 septembre à Bonamoussadi
Bonamoussadi, 22 h 45. La pluie a cessé depuis une heure. Jean-Parfait W. sort d'une réunion de coordination pédagogique à PK8, dans le 3e arrondissement. Il doit rejoindre son quartier. Un motard l'attend, un « bend-skin » stationné non loin du lycée de Bonamoussadi. Le professeur monte. La route est sombre à cette heure-là.
À un peu plus d'un kilomètre de sa destination, trois ombres surgissent. Elles encerclent le deux-roues. « Donne tout ce que tu as ! », ordonne l'une d'elles. Jean-Parfait W. refuse. Il tente de négocier, de se dégager. L'un des assaillants sort une arme blanche. Le couteau s'enfonce dans sa cuisse gauche. Le sang jaillit, imbibe son pantalon, tache le bitume.
Les voleurs prennent 120 000 francs CFA, deux téléphones dont un smartphone et un ordinateur portable. Puis ils disparaissent dans la nuit de Bonamoussadi.
Le motard, lui, n'a pas fui. Il a aidé le professeur à s'asseoir. Des passants alertent la gendarmerie. Une patrouille arrive. Jean-Parfait W. est transporté dans une formation sanitaire de la ville. Il est hors de danger. Le pronostic vital n'est plus engagé, selon une source proche du dossier. Il reste sous surveillance.
« C'est prof W. ! » : la reconnaissance qui change tout
C'est une phrase, courte, lâchée dans la nuit. Elle transforme un fait divers en histoire qui hante tout un quartier.
Alors que l'un des agresseurs fouille sa victime, Jean-Parfait W. lève les yeux. Il reconnaît le visage penché sur lui. « C'est prof W. ! », s'exclame l'homme. Il marque un temps. Puis il ajoute : « Voici mon meilleur élève à l'époque ! »
Prosper D. c'est son nom a été son élève en classe de 4e, il y a quelques années. Le professeur l'a formé. Il l'a peut-être encouragé. Il a peut-être cru en lui. Ce mercredi, l'élève a planté un couteau dans la cuisse de son ancien enseignant.
« Je ne vous connais pas ! », aurait lancé Prosper D. en brandissant la lame, selon le récit du Cameroon Tribune. Le quotidien national, qui rapporte les faits, indique que Jean-Parfait W. a formellement identifié son ancien élève lors de l'agression.
Joint par nos soins, un proche du professeur, qui a souhaité garder l'anonymat, confirme que Jean-Parfait W. « va mieux » mais refuse de commenter l'enquête. « Il est choqué. Plus que la blessure, c'est la trahison qui le marque », glisse-t-il.
L'enquête : trois suspects, une traque en cours
La gendarmerie de Bonamoussadi a ouvert une enquête. Les trois hommes sont activement recherchés. Les autorités n'ont pas encore rendu public le contenu des investigations. Aucune interpellation n'a été annoncée à l'heure où nous écrivons ces lignes.
Un point intrigue les enquêteurs : le mode opératoire. Le trio a agi avec rapidité, sans hésitation, dans un quartier qu'il semblait connaître. La coordination des trois agresseurs, l'attaque ciblée sur un motard de passage, la rapidité de la fuite : autant d'éléments qui pourraient suggérer une opération préparée. Rien, à ce stade, ne permet de l'affirmer. La gendarmerie n'a communiqué aucune hypothèse sur le degré d'organisation du groupe.
Ce que l'on sait, c'est que le quartier de Bonamoussadi connaît une recrudescence d'actes de délinquance depuis plusieurs mois. En juin 2026, un homme surnommé « Bonabo » avait été arrêté après des mois de traque, accusé d'avoir sévi de « Sable » à Bonamoussadi, en passant par Banguè, Kotto et Makèpè-Missokè. En août, une commerçante du même quartier avait été agressée dans sa boutique par un homme qui s'était présenté comme un client cherchant un abri.
Le quartier n'est pas un coupe-gorge. Mais il n'est plus un havre de paix.
Ce que révèle cette affaire
Une question revient dans les rues de Bonamoussadi : comment un homme qu'un professeur a formé, qu'il a peut-être vu grandir, peut-il se retrouver de l'autre côté du couteau ?
Ce n'est pas la première fois qu'un enseignant est victime de violence à Douala. En juin 2026, le Pr Jean Gatsi avait été agressé à l'aéroport international de Douala par un homme politique, Jacques Bertrang Mang, qu'il avait eu comme étudiant. L'affaire avait défrayé la chronique. Mais ici, le motif n'est pas politique. Il est crapuleux. La victime n'a pas été visée pour ses opinions. Elle a été visée pour son argent, ses téléphones, son ordinateur. Le fait qu'elle ait reconnu son agresseur est un détail qui rend le drame plus intime, plus insupportable.
La violence à Douala n'est pas un phénomène nouveau. Depuis 2024, les rapports se multiplient sur l'insécurité dans la capitale économique. Agressions, enlèvements, meurtres : les Doualais vivent avec la peur au quotidien, dans les quartiers populaires comme dans les zones résidentielles.
Mais ce fait divers dit autre chose. Il dit que la violence peut venir de ceux qu'on a connus. De ceux qu'on a aidés. De ceux qu'on a cru connaître.
Jean-Parfait W. est rentré chez lui. Il a été soigné. Il a porté plainte, selon plusieurs sources concordantes. La gendarmerie de Bonamoussadi poursuit ses investigations. Les trois suspects courent toujours.
Nous avons tenté de joindre la brigade de gendarmerie de Bonamoussadi dans l'après-midi du 26 septembre. Sans succès. Le communiqué officiel n'était pas encore publié au moment d'écrire ces lignes.
Une chose est sûre : dans les salles des professeurs de Douala, cette histoire circule déjà. Elle rappelle une vérité que personne ne veut regarder en face. Un enseignant peut changer la vie d'un élève. Il ne peut pas toujours empêcher cet élève de basculer.
Pourquoi le professeur a-t-il été poignardé à Douala ?
Selon le Cameroon Tribune, Jean-Parfait W. a été agressé par trois hommes alors qu'il rentrait chez lui à moto, dans la nuit du mercredi 25 septembre 2026. Les agresseurs l'ont dépouillé de 120 000 F CFA, de deux téléphones et d'un ordinateur portable, avant de le poignarder à la cuisse. L'un des agresseurs était son ancien élève, Prosper D., qu'il a formé en classe de 4e.
Qui est Prosper D., l'ancien élève qui a agressé son professeur ?
Prosper D. est un ancien élève de Jean-Parfait W. Il a été dans sa classe de 4e il y a quelques années. Selon le récit du Cameroon Tribune, il a reconnu son professeur pendant l'agression et s'est exclamé : « C'est prof W. ! » avant de le poignarder. Il est activement recherché par la gendarmerie.
L'insécurité à Douala est-elle en hausse en 2026 ?
Les données officielles ne sont pas publiques à ce jour. Mais les faits divers se multiplient dans les quartiers de la capitale économique. À Bonamoussadi, plusieurs agressions ont été signalées ces derniers mois, notamment une tentative de viol en août 2026 et l'arrestation d'un braqueur surnommé « Bonabo » en juin. La gendarmerie a renforcé ses patrouilles, mais les habitants restent inquiets.
Où se déroule l'agression du professeur à Bonamoussadi ?
L'agression a eu lieu dans la nuit du mercredi 25 septembre 2026, sur le trajet entre PK8 (Douala 3) et Bonamoussadi (Douala 5), à bord d'un moto-taxi. Le professeur a été retrouvé au bord de la route, saignant abondamment.
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- Length
- 1,342 words · 7 min read
- Published
- September 26, 2026
- Byline
- Toto Jacques
- Source
- Camer.be