Diomaye en parle à Macron, ces étapes encore décisives pour Macky Sall et sa candidature à l’ONU

En marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le président Bassirou Diomaye Faye s'est entretenu avec Emmanuel Macron. Au menu, entre autres dossiers, la succession d'António Guterres, dans laquelle l'ancien chef de l'État sénégalais reste en course malgré un parcours encore semé d'obstacles. C'est ce mardi, dans le cadre de ses rencontres multilatérales en marge de l'Assemblée générale de l'ONU qui se tient du 22 au 28 septembre à New York, que le président Diomaye Faye a échangé avec son homologue français. La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies figurait parmi les points abordés. Le communiqué de la présidence sénégalaise se limite toutefois à indiquer que les deux dirigeants ont évoqué l'élection du prochain secrétaire général, sans préciser la teneur de leurs échanges sur le cas de Macky Sall ni la position personnelle d'Emmanuel Macron. La séquence a pris une dimension particulière avec la présence de l'ancien président lui-même. Macky Sall a en effet pris part à une séance de travail aux côtés de son successeur et du président français, consacrée à la coopération franco-sénégalaise ainsi qu'aux grands équilibres géopolitiques. Une image rare, réunissant deux dirigeants sénégalais issus de camps politiques opposés autour d'un même enjeu diplomatique. Ce rapprochement n'allait pas de soi. La candidature de Macky Sall avait été présentée de manière inédite, le 2 mars, non pas par le Sénégal mais par le Burundi, dont le président Évariste Ndayishimiye assurait alors la présidence de l'Union africaine. Début mai, le chef de l'État sénégalais avait expliqué que Dakar avait fait le choix d'une posture neutre. Le tournant est intervenu au cœur de l'été. Après avoir reçu Macky Sall au palais, Bassirou Diomaye Faye a officiellement décidé d'apporter le soutien du Sénégal à sa candidature et de mobiliser l'appareil diplomatique national en sa faveur. Entre-temps, l'ancien président avait multiplié les consultations à l'étranger. Il s'est notamment entretenu à Moscou avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et a obtenu l'appui du président gambien Adama Barrow. Fin juin, il avait aussi été reçu à Pékin par Wang Yi, la Chine présentant sa candidature comme l'expression des intérêts communs du Sud global et de l'Afrique.
Pourquoi Paris compte autant
La France n'est pas un simple partenaire dans cette course. Membre permanent du Conseil de sécurité, elle dispose d'un droit de veto qui pèse directement sur le choix final. Emmanuel Macron avait d'ailleurs déjà reçu Macky Sall à l'Élysée le 2 juin, sans que la présidence française ne commente l'entretien ni un éventuel soutien. Obtenir un regard favorable de Paris, ou au minimum l'absence d'opposition, constitue donc un enjeu majeur pour le camp sénégalais. Sur le terrain onusien, les chiffres rappellent que rien n'est acquis. À chaque tour de scrutin, les quinze membres du Conseil de sécurité attribuent à chaque candidat l'une des trois mentions « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Lors du troisième vote indicatif du 18 septembre, Macky Sall a obtenu cinq « encourage », neuf « décourage » et un « sans opinion ». La Costaricienne Rebeca Grynspan est arrivée en tête avec neuf voix favorables, devant la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett, qui en a recueilli huit. Le Sénégalais n'est toutefois pas isolé en milieu de peloton. L'Argentin Rafael Grossi, directeur général de l'AIEA, est lui aussi retombé à cinq voix favorables, tout comme l'Ougandais Olara Otunnu, et aucun favori incontestable ne se dégage pour l'instant, certains États évoquant même l'hypothèse de candidatures de dernière minute. Un autre paramètre complique l'équation : plusieurs membres du Conseil ont affiché leur souhait de voir, pour la première fois, une femme prendre la tête de l'organisation. La route vers le 38e étage du siège new-yorkais est encore longue. D'autres votes indicatifs doivent suivre, et le moment le plus délicat viendra lorsque le Conseil permettra d'identifier la position des cinq membres permanents, dont un seul « décourage » peut suffire à écarter un candidat. Il reviendra ensuite au Conseil de sécurité de recommander un nom à l'Assemblée générale, qui procédera à la nomination. Le second mandat d'António Guterres s'achève le 31 décembre 2026, et son successeur doit prendre fonction le 1er janvier 2027, à la tête d'une organisation confrontée à des tensions géopolitiques, à une crise financière et à des doutes sur l'efficacité du multilatéralisme. Pour Macky Sall, l'enjeu des prochaines semaines est clair : transformer le soutien désormais officiel de Dakar et les appuis diplomatiques glanés depuis le printemps en voix favorables autour de la table du Conseil. L'entretien de New York entre Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron s'inscrit précisément dans cette bataille d'influence, dont l'issue se jouera dans les couloirs feutrés de la diplomatie bien plus que sur la place publique.
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About this article
- Length
- 785 words · 4 min read
- Published
- September 23, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews