Un habitant absent de Bamenda depuis plus de quatre ans aurait du mal à reconnaître sa ville. Les routes de Bamenda changent de visage, et c’est peu dire quand on voit les chantiers ouverts dans les trois arrondissements de la capitale régionale du Nord-Ouest. Le projet phare, le Bamenda Urban Crossing Road de 6,638 km, affiche déjà 47,82 % d’exécution.
Le délégué régional des Travaux publics, Nfor Cyprian Ngenge, ne cache pas sa satisfaction. Le projet financé par la Banque mondiale et l’IDA, à hauteur de 26 milliards de FCFA, couvre le tronçon de la jonction Amour Mezam à la jonction Finance, en passant par la jonction Vétérinaire, la rue Ayaba, le rond-point de l’hôpital et le marché alimentaire. Les travaux ont commencé le 17 septembre 2025, lancés officiellement par le chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute.
Sur le lot 4B, propriété directe du gouvernement, terrassement, drainage et pose de caniveaux avancent vite. On parle d’une chaussée à double voie de 6,3 à 6,5 km, avec 6399 caniveaux préfabriqués et 5086 dalots posés. Franchement, difficile de rester indifférent en voyant ce tronçon autrefois méconnaissable devenir praticable pour tous.
D’autres projets avancent en parallèle, financés cette fois par l’accord franco-camerounais de conversion de dette C2D. Dans l’arrondissement de Bamenda I, la route Prison Junction-Avenir Market progresse à 54,5 %. Le délégué départemental du logement, John Paul Njosi, précise que les 20 projets routiers cumulent 11,6 km et devraient s’achever en février 2027.
Bamenda II et Bamenda III ne sont pas en reste. À Bamenda II, on construit Vicky Street, Fon’s Street et Back Market. À Bamenda III, le taux d’exécution atteint 41 %, avec des travaux à la jonction Foncha vers le Government Teachers Training College.
Le maire de Bamenda, Paul Achobong Tambeng, tient un discours sans détour. « No matter what happens, the roads remain our roads », a-t-il déclaré, rappelant que ces infrastructures appartiennent à l’État, donc à la population elle-même. C’est un rappel qui sonne comme un avertissement, dans une région où routes et biens publics ont payé le prix fort de la crise anglophone.
Les habitants, eux, parlent surtout de leur quotidien transformé. Wakai Carlson affirme dépenser moins en réparation de véhicule. Ndi Favour salue le gain de temps et la sécurité retrouvée. Roger Oyema va plus loin, il félicite les autorités et les entreprises pour « ce très bon geste envers Bamenda ».
Mais tout n’est pas encore joué. Le maire lui-même reconnaît que les moyens de la commune restent limités face à l’ampleur des besoins. Ça pose question sur la suite, une fois ces chantiers financés par des partenaires extérieurs achevés. C’est un tournant que beaucoup dans le Nord-Ouest attendaient depuis longtemps.
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