
En 2026, Cheikh Diba estime que les intérêts de la dette absorberont 25 % des recettes de l’État et appelle à restaurer les marges budgétaires.
En 2026, la dette publique du Sénégal pèse fortement sur les finances de l’État : le paiement des intérêts devrait mobiliser 25 francs sur chaque tranche de 100 francs de recettes.
Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a présenté cette situation comme l’un des principaux obstacles à la gestion des finances publiques. Le traitement de la dette doit, selon lui, réduire la pression exercée sur le budget sans interrompre les investissements ni les dépenses sociales.
Cheikh Diba a précisé qu’en 2026, un quart des recettes mobilisées par l’État sera consacré au règlement des intérêts de la dette. Cette charge réduit les ressources disponibles pour les hôpitaux, les écoles, l’agriculture, les entreprises, les infrastructures et la protection des populations.
L’ampleur de l’effort attendu apparaît dans les résultats budgétaires déjà enregistrés : les recettes du budget général se sont élevées à 4.477,1 milliards de FCFA en 2025, soit 98,8 % de l’objectif révisé et une hausse de 11,8 % par rapport à 2024. Même les recettes non fiscales ont dépassé les prévisions, avec un taux d’exécution de 111,1 %. Une progression des ressources qui ne suffit toutefois pas à neutraliser le poids des intérêts et des engagements accumulés.
Le ministre a également averti qu’un endettement trop lourd limite la capacité du Sénégal à répondre aux crises, à soutenir l’activité économique en période difficile et à financer les priorités de développement.
Cette contrainte se traduit aussi par une dégradation de la perception du risque financier du pays. Le 28 août 2026, Moody’s a abaissé la note souveraine du Sénégal à Caa2, avec une perspective négative, en évoquant un risque de défaut. Le pays est ainsi passé du 2e rang africain au 46e sur 52 économies, et du 1er rang en Afrique de l’Ouest au 15e sur 16. « L’incompétence dissimulée derrière le populisme finit toujours par être présentée à la facture du pays tout entier », a résumé Lansana G. Sakho.
Cheikh Diba a rappelé que la détérioration de la situation de la dette avait commencé avant 2019. L’audit des finances publiques portant sur la période allant de janvier 2019 à mars 2024 a, selon lui, permis de mesurer plus précisément l’ampleur des contraintes rencontrées par le pays. La question de la transparence reste néanmoins posée : Mouhamadou Moustapha Mané, président du mouvement R Les Républicains, a formellement saisi le ministre pour obtenir le rapport d’audit de Forvis Mazars sur les finances publiques.
À la fin de 2024, la dette de l’administration centrale représentait 119 % du PIB, sans tenir compte des travaux en cours concernant le rebasage du PIB, a indiqué le ministre, selon exclusif.
Pour Cheikh Diba, l’assainissement budgétaire ne doit pas opposer la rigueur financière au développement économique et à la justice sociale. Il défend une réduction maîtrisée du déficit, tout en maintenant les investissements jugés nécessaires pour l’avenir.
Cette orientation passe, selon lui, par une hausse des ressources publiques et une répartition plus équitable de l’effort demandé aux citoyens. Le ministre souhaite aussi que les subventions soient davantage orientées vers les Sénégalais qui en ont réellement besoin.
Il préconise par ailleurs une meilleure gouvernance des sociétés nationales, avec la préservation des intérêts stratégiques de l’État.
Le Gouvernement a placé le traitement de la dette parmi les piliers de sa stratégie économique. Cheikh Diba précise toutefois que cette opération n’est pas une finalité : elle doit progressivement alléger la pression sur le budget et restaurer la capacité d’action de l’État.
« Le traitement de la dette n’est donc pas une fin en soi. Il a pour objectif de réduire progressivement la pression exercée sur le budget, de restaurer les marges de manœuvre de l’État et de préserver notre capacité à financer les priorités nationales », a déclaré Cheikh Diba.