Ecoles précaires, manque d’enseignants, routes difficiles, villages isolés… Le cri d’alarme du maire de Fougou (Mali)
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Située à environ 25 kilomètres de la commune urbaine de Mali, la commune rurale de Fougou fait face à d’importantes difficultés en matière d’infrastructures. Écoles en banco ou sous des hangars, manque d’enseignants, absence d’infrastructures de jeunesse, routes difficilement praticables et insuffisance d’ouvrages de franchissement : les besoins sont nombreux dans cette localité composée de huit districts. En saison des pluies, la crue de certains cours d’eau va jusqu’à isoler plusieurs villages, a appris Guineematin.com à travers un de ses correspondants dans la région de Labé.
Dans cette commune rurale où les besoins touchent plusieurs secteurs, les autorités locales estiment que tout reste prioritaire, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, des routes, de l’accès aux marchés et des infrastructures destinées à la jeunesse. Interrogé sur la situation de la commune au moment de sa prise de fonction avec son équipe, le maire Abdourahmane Bah dit avoir trouvé quelques équipements nécessaires au fonctionnement de l’administration, mais que les ressources disponibles restent largement insuffisantes au regard des besoins.
« Nous avons succédé à une délégation spéciale qui était aux commandes qui avait fourni des efforts à la hauteur de leur moyen. Nous avons hérité d’un bâtiment abritant la mairie. Un bâtiment composé d’un bureau pour le maire, un autre pour le secrétaire général, un autre pour le receveur communal et une salle de délibération. Nous avons trouvé du matériel de travail, comme deux ordinateurs, du mobilier et un groupe électrogène servant de source d’énergie à la mairie. Parlant de la situation financière de la commune, nous n’avons trouvé aucun franc dans les caisses de la commune, mais nos prédécesseurs ne nous avaient laissé aussi aucune dette. Sauf qu’avec l’ANAFIC, la délégation spéciale avait réussi à rénover une école dans le district de Bamba. Puis la poursuite des travaux de construction du poste de santé de Kobé Yéléta qui sont même en cours d’exécution », a-t-il expliqué.
Dans le secteur éducatif, les difficultés restent particulièrement nombreuses. Selon le maire, certaines écoles fonctionnent dans des conditions précaires, tandis que d’autres sont confrontées à un manque d’enseignants.
« Pratiquement à Fougou, tout est prioritaire. Sur le plan éducatif, il y a une école Franco-arabe qui était fermée depuis deux ans que nous comptons réhabiliter avec la contribution citoyenne. Des difficultés persistent. Certaines écoles sont construites en banco, d’autres en hangar. Au-delà, l’une des difficultés sur ce plan, c’est le fait qu’il y a plus de contractuels dans les localités que de titulaires. Une situation qui pèse lourdement sur la communauté. Parce que si je prends par exemple à Thiêbé, il y a une école qui ne fonctionne pas par manque d’enseignants. Il y a aussi certains enfants qui ne sont pas inscrits à temps à cause de la distance qui les séparent du lieu d’apprentissage. Les défis sont énormes. Par exemple, à Kansaghel plus précisément à Dagha, l’année dernière nous avons présenté 60 candidats et nous avons eu zéro admis. C’est pour vous dire qu’il y a des faiblesses à corriger dans ces localités. Au niveau de la jeunesse, notre sous-préfecture ne dispose pas de maison des jeunes et de terrain de football. Cela constitue l’une de nos priorités à Fougou. Malheureusement, pour nos sources de recettes, nous ne comptons que sur deux marchés hebdomadaires, l’un à Fougou centre et l’autre à Kansaghel. Au niveau de l’élevage, nous percevons là également quelques recettes avec le vétérinaire. Nous avons aussi quelques pourcentage avec le service de l’impôt », dit le maire Abdourahmane Bah.
L’un des problèmes les plus préoccupants demeure l’accès aux différentes localités, particulièrement pendant la saison des pluies. L’absence d’ouvrages de franchissement expose plusieurs villages à l’isolement lorsque les cours d’eau sortent de leur lit. Selon le maire de Fougou, la commune aurait besoin d’au moins sept ponts pour améliorer la circulation entre les différentes localités.
Dans la plupart des localités, c’est les citoyens qui se donnent les mains pour faire des ouvertures afin qu’il y ait l’accès dans ces villages. En plus, entre ces localités, il y a souvent des cours d’eau. Ce qui empêche presque la fréquentation entre ces villages. Au moins, il y a une nécessité de sept (7) ponts dans la commune rurale de Fougou pour faciliter l’accès dans certains villages. Parfois certains citoyens peuvent aller, par exemple, à Kanssaghel pour le marché hebdomadaire. Si le cours d’eau appelé « Lakata » déborde, ce jour, il ne pourront pas se retourner pour regagner leur village. Et ceux de Samantan, s’ils viennent à Fougou pour le marché hebdomadaire, à leur retour, s’ils trouvent que le fleuve Kêlen est rempli, ils ne pourront pas traverser pour rentrer chez eux. Ils seront obligés de se retourner. Entre le district Kilan et Fougou centre, c’est la même chose. Parlant des routes surtout en cette saison des pluies, les localités de Fougou sont difficiles à rallier », a-t-il indiqué.
Face à l’ampleur des besoins, l’équipe communale de Fougou appelle à un accompagnement accru pour permettre à cette collectivité de renforcer ses infrastructures de base et d’améliorer les conditions de vie des populations. Le maire Abdourahmane Bah sollicite ainsi l’appui du gouvernement, mais également celui des partenaires et des personnes de bonne volonté, notamment pour la réalisation d’ouvrages de franchissement, la construction et la réhabilitation des écoles, le renforcement des infrastructures sanitaires et la mise en place d’équipements destinés à la jeunesse.
De retour de Mali, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com
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- 921 words · 5 min read
- Published
- October 11, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com