
Le chanteur malien Salif Keïta a décidé d’annuler ses concerts commerciaux prévus en Afrique du Sud, en réaction aux violences xénophobes visant des migrants africains. L’annonce a été faite dans un communiqué publié sur sa page Facebook, une décision confirmée à l’AFP par son entourage.
Âgé de 76 ans et fort de plus de cinq décennies de carrière, l’artiste explique ne pas pouvoir rester indifférent face aux informations faisant état d’attaques contre des Africains installés dans le pays. Il dit avoir pris cette décision « le cœur lourd », tout en précisant que son geste ne constitue pas un rejet du peuple sud-africain.
Salif Keïta rappelle notamment les liens historiques qui l’unissent à l’Afrique du Sud et au peuple sud-africain, qui l’a accueilli au fil de sa carrière. Il dénonce des violences qu’il juge incompatibles avec l’héritage de Nelson Mandela et avec l’image d’une Afrique du Sud solidaire des autres peuples africains.
L’artiste insiste également sur la situation des migrants ciblés par ces violences. Pour lui, derrière les questions migratoires se trouvent avant tout des personnes à la recherche de travail, de sécurité et de dignité. Il résume sa position en affirmant vouloir fermer « la porte à la violence », et non à l’Afrique du Sud.
Cette prise de position intervient alors que l’Afrique du Sud connaît une nouvelle vague de tensions autour de l’immigration. Selon un décompte de l’AFP fondé sur les chiffres des gouvernements africains ayant organisé des rapatriements, plus de 160 000 personnes ont quitté le pays depuis fin mai.