CONAKRY- Dans une note émise le 31 août 2026, le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Aboubacar Camara, a annoncé la suspension des activités du bureau de la Section syndicale de l’Administration parlementaire. Une décision vivement contestée par les responsables syndicaux. Pour justifier cette mesure, le secrétaire général affirme que le mandat du bureau de la
CONAKRY- Dans une note émise le 31 août 2026, le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Aboubacar Camara, a annoncé la suspension des activités du bureau de la Section syndicale de l’Administration parlementaire. Une décision vivement contestée par les responsables syndicaux.
Pour justifier cette mesure, le secrétaire général affirme que le mandat du bureau de la Section syndicale de l’Administration parlementaire est arrivé à expiration depuis 2024 et qu’aucun renouvellement régulier n’est intervenu depuis lors.
Selon lui, un bureau dont le mandat est arrivé à échéance « ne peut continuer à exercer les prérogatives attachées à une représentation syndicale régulièrement établie ».
La réplique de la section syndicale
Dans une réaction adressée à l’autorité parlementaire, le premier responsable de la Section syndicale de l’Administration parlementaire, Ismaël Gassim Kalissa, dit avoir pris connaissance du communiqué « avec un mélange de stupeur et de préoccupation juridique ».
Le syndicaliste conteste fermement la mesure et dénonce ce qu’il qualifie de « tentative flagrante d’immixtion patronale dans les affaires syndicales ».
Sur la compétence du secrétaire général
Selon Ismaël Gassim Kalissa, le secrétaire général de l’Assemblée nationale ne disposerait d’aucun pouvoir lui permettant de suspendre ou de dissoudre une organisation syndicale.
« En droit social, l’employeur, fût-il le secrétaire général de l’Assemblée nationale, n’a absolument aucun pouvoir disciplinaire, administratif ou juridique pour suspendre, dissoudre ou révoquer une organisation syndicale ou son bureau », soutient-il.
Le responsable syndical invoque notamment les conventions n°87 et n°98 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), relatives respectivement à la liberté syndicale et au droit d’organisation et de négociation collective.
Il estime que la décision de l’administration parlementaire constitue une atteinte à la liberté syndicale.
Le renouvellement du bureau en question
Sur la question de l’expiration du mandat du bureau, la section syndicale estime que l’administration parlementaire aurait dû saisir la centrale syndicale compétente afin de signaler la situation et demander la régularisation des instances.
Le syndicat affirme qu’il aurait notamment fallu adresser un courrier formel à l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) pour signaler l’expiration du mandat et inviter l’organisation syndicale à programmer le renouvellement de ses instances.
« Au lieu de suivre cette voie légale, vous avez préféré vous engager dans une voie de fait administrative », dénonce Ismaël Gassim Kalissa.
Accusations de politisation : le syndicat contre-attaque
Le responsable syndical rejette également les accusations relatives à une éventuelle politisation de l’organisation syndicale.
Il affirme que les membres du bureau sont conscients du caractère neutre de leurs fonctions et de leurs positions administratives.
Ismaël Gassim Kalissa retourne toutefois l’accusation contre le secrétaire général, auquel il reproche d’avoir lui-même, par le passé, mélangé fonctions administratives et engagement politique.
« Recevoir des leçons de neutralité de votre part relève d’une ironie mordante », affirme-t-il, en faisant référence aux dernières campagnes législatives.
Des accusations que le secrétaire général de l’Assemblée nationale n’a pas commentées à ce stade.
Le syndicat invoque les précédents de dialogue social
Autre argument avancé par la section syndicale : le dialogue social mené avec l’administration parlementaire ces dernières années.
Pour Ismaël Gassim Kalissa, l’argument relatif à l’expiration du mandat depuis 2024 soulève une contradiction.
Il affirme qu’entre 2025 et 2026, l’Administration parlementaire a régulièrement sollicité, convoqué et associé le bureau syndical à des séances de dialogue social.
Selon lui, ces échanges ont notamment donné lieu à des accords écrits et auraient contribué à l’aboutissement de la signature du statut particulier du personnel parlementaire.
« Déclarer aujourd’hui que ce bureau n’a aucune légitimité, après vous être appuyé sur lui pendant plus de deux ans pour maintenir la paix sociale et faire valider vos réformes, démontre une incohérence administrative grotesque », estime-t-il.
Le congrès du 9 septembre maintenu
Malgré la décision du secrétaire général, l’Union syndicale des travailleurs de l’Administration parlementaire (USTAP) annonce le maintien de son congrès de renouvellement.
Celui-ci est prévu le 9 septembre 2026 à 10 heures, dans la salle du 28 Septembre, conformément, selon le syndicat, aux annonces faites par la centrale syndicale USTG dans un courrier officiel adressé aux autorités parlementaires.
La section syndicale annonce également son intention de saisir la justice afin de prévenir toute tentative d’entrave au processus de renouvellement.
« Avant cette date, le bureau syndical adoptera une démarche responsable et légaliste en adressant un courrier officiel aux autorités judiciaires pour les prendre à témoin contre toute tentative ou initiative de sabotage visant cet événement démocratique garanti par notre Constitution, nos lois et les conventions internationales », annonce Ismaël Gassim Kalissa.
Le bureau syndical maintient ainsi sa position : il affirme ne pas reconnaître la suspension, entend maintenir le congrès du 9 septembre et se dit prêt à saisir la justice contre toute tentative d’entrave.
Dossier à suivre
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguine.com