LFR 2026 : face aux députés, Ahmadou Al Aminou Lô défend ses choix budgétaires et appelle au dialogue
Dakar, 25 octobre 2026 — À deux jours de l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a défendu, dimanche, les arbitrages économiques de son gouvernement. Baisse des recettes, explosion des subventions énergétiques, réduction des dépenses administratives et protection sociale : le chef […]

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Dakar, 25 octobre 2026 — À deux jours de l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a défendu, dimanche, les arbitrages économiques de son gouvernement. Baisse des recettes, explosion des subventions énergétiques, réduction des dépenses administratives et protection sociale : le chef du gouvernement a exposé les contraintes qui, selon lui, rendent indispensables les ajustements proposés.
Un budget confronté à la réalité des finances publiques
Au cœur des explications du Premier ministre figure une dégradation des équilibres budgétaires. Le gouvernement fait état d’une diminution de 340 milliards de francs CFA des recettes attendues, parallèlement à une augmentation des charges et des besoins de financement.
Pour l’exécutif, ces évolutions imposent une révision des prévisions initiales afin de préserver la capacité de l’État à honorer ses engagements.
Le projet prévoit notamment une réduction de 555 milliards de francs CFA des crédits d’investissement. Le gouvernement soutient qu’une partie de ces ajustements correspond à des projets dont l’exécution serait reportée à 2027.
Cette présentation demeure toutefois contestée par des responsables de la majorité parlementaire, qui redoutent les conséquences de ces réductions sur les infrastructures, les services publics et l’activité économique.
Subventions énergétiques : le gouvernement défend son choix de protéger les consommateurs
Le Premier ministre a également justifié le poids croissant des subventions énergétiques dans le budget national.
Selon les chiffres présentés dans le débat budgétaire, leur enveloppe passerait de 250 milliards à environ 790 milliards de francs CFA.
L’exécutif explique cette augmentation par la hausse des coûts de l’énergie et sa volonté de ne pas répercuter intégralement ces charges sur les ménages.
Le gouvernement défend parallèlement une réforme progressive des mécanismes de subvention, destinée à mieux cibler les populations vulnérables.
Cette orientation s’accompagne d’un renforcement annoncé des transferts sociaux, notamment à travers les bourses de sécurité familiale.
L’enjeu reste néanmoins considérable : soutenir le pouvoir d’achat sans laisser les subventions absorber une part croissante des ressources publiques.
180 milliards de FCFA d’économies sur le fonctionnement de l’État
Autre annonce importante : le gouvernement met en avant une réduction de 180 milliards de francs CFA des dépenses de fonctionnement de l’administration.
Les mesures concernent notamment certaines dépenses administratives, les fournitures, les séminaires, les conférences et les cérémonies officielles.
Cette rationalisation est présentée comme une contribution de l’appareil d’État à l’effort de redressement budgétaire.
Elle soulève cependant une question essentielle : dans quelle mesure les économies annoncées seront-elles effectivement réalisées, et avec quelles conséquences sur le fonctionnement des administrations ?
La transparence de l’exécution budgétaire sera déterminante pour apprécier la portée réelle de ces engagements.
Arriérés de paiement : un enjeu majeur pour les entreprises
Le Premier ministre a également insisté sur les engagements financiers accumulés par l’État.
Selon les chiffres avancés par le gouvernement, les arriérés concernés atteindraient 1 956 milliards de francs CFA. Une enveloppe de 300 milliards serait prévue pour amorcer leur règlement.
Pour les entreprises créancières, notamment les petites et moyennes entreprises, ces paiements pourraient représenter une bouffée d’oxygène.
Leur mise en œuvre effective constituerait également un signal important pour les fournisseurs de l’État et les acteurs économiques confrontés à des tensions de trésorerie.
Face aux députés, un appel au dialogue plutôt qu’à la confrontation
Sur le terrain institutionnel, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a invité les parlementaires opposés au projet à privilégier le dialogue et à présenter des amendements précis.
Le Premier ministre a rappelé que le droit d’amendement constitue un instrument essentiel du travail parlementaire, dans les limites fixées notamment par l’article 82 de la Constitution.
Il a réaffirmé la disponibilité du gouvernement à échanger avec les députés et proposé de se présenter devant l’Assemblée nationale, accompagné des ministres concernés, pour apporter les éclaircissements nécessaires.
Cette ouverture intervient après le rejet du projet en commission des finances, dans un contexte de désaccord entre l’exécutif et une partie de sa majorité.
Le gouvernement estime que les divergences doivent être surmontées par la discussion institutionnelle. Les parlementaires contestataires, de leur côté, mettent en avant la nécessité de préserver les investissements publics et les dépenses sociales.
Une épreuve de cohérence pour la majorité
Au-delà des chiffres, la controverse autour de la LFR 2026 révèle une divergence sur les priorités économiques et les moyens de les financer.
L’exécutif insiste sur les contraintes de trésorerie, le coût des subventions et les engagements financiers de l’État. Ses contradicteurs au Parlement s’inquiètent des conséquences des ajustements sur le développement économique et la protection des populations.
Ces préoccupations ne sont pas nécessairement incompatibles. Encore faut-il parvenir à des arbitrages suffisamment documentés pour permettre un compromis.
La séance plénière annoncée pour le mardi 27 octobre devrait constituer une étape décisive.
La véritable question n’est donc plus seulement de savoir si le gouvernement parviendra à faire adopter son budget rectificatif, mais s’il réussira à convaincre que les sacrifices demandés aujourd’hui sont équitablement répartis et nécessaires au redressement économique du Sénégal.
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- 814 words · 4 min read
- Published
- October 25, 2026
- Byline
- Xalima
- Source
- Xalima