Sommet du GECF à Moscou : La plaidoirie du Sénégal pour une transition énergétique « juste »

AI summary
De notre envoyé spécial à Moscou,
Le ministre sénégalais de l'Énergie, le Dr Abdourahmane Diouf, est intervenu ce mardi lors de la séance plénière du 8e sommet des chefs d'État et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). Il a défendu la place du gaz naturel dans le développement de l'Afrique et la souveraineté des États sur leurs ressources. Le ministre a rappelé que cette rencontre « revêt une importance particulière puisqu'elle coïncide avec le 25e anniversaire du Forum ». Selon lui, « en un quart de siècle, le Forum s'est affirmé comme un cadre majeur de concertation, contribuant à la défense des intérêts légitimes des pays producteurs, dans un esprit de dialogue avec les consommateurs ». Pour le Sénégal, le sommet a une portée particulière. « Depuis son accession au statut de membre observateur en 2024, notre pays a engagé un dialogue constructif et régulier avec le Forum, fondé sur une convergence de vues sur la place stratégique du gaz naturel dans la sécurité énergétique mondiale, le développement économique et la transition énergétique », a déclaré le Dr Diouf. Il a ajouté que la présence sénégalaise à Moscou « traduit notre attachement aux objectifs du Forum et notre volonté de contribuer aux réflexions collectives sur l'avenir de l'industrie gazière mondiale ».
Le gaz, une ressource stratégique pour les décennies à venir
Le ministre a décrit un monde qui « traverse une période de profonde transformation énergétique, marquée par des exigences croissantes en matière de sécurité des approvisionnements, de compétitivité économique et de responsabilité environnementale ». Dans ce contexte, a-t-il affirmé, « le gaz naturel est appelé à conserver une place essentielle dans le système énergétique mondial pour les décennies à venir ». Il a souligné que, « par sa flexibilité, sa complémentarité avec les énergies renouvelables et sa contribution à la sécurité des systèmes électriques, il constitue une ressource stratégique pour accompagner la transformation de nos économies ». Le Dr Diouf a consacré une large part de son propos aux enjeux africains. « Je voudrais l'affirmer ici clairement : une transition énergétique ne saurait être juste si elle impose aux pays en développement de renoncer aux ressources sur lesquelles les économies les plus industrialisées ont largement construit leur prospérité », a-t-il déclaré. Elle ne saurait pas non plus être équitable, a-t-il poursuivi, « si les nations qui ont le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre doivent supporter une part disproportionnée des contraintes économiques et financières de cette transition ». Il a rappelé que, sur le continent, « des centaines de millions de personnes vivent encore sans accès à l'électricité », et que « la priorité demeure de garantir une énergie disponible, fiable et abordable, indispensable à l'éducation, à la santé, à l'industrialisation et à la création d'emplois ». Et d'insister : « Nous ne pouvons opposer les impératifs de développement aux engagements climatiques. » Le ministre a toutefois précisé que « l'Afrique ne demande ni privilège ni exemption », mais « simplement que l'effort climatique mondial tienne compte de ses réalités et de son droit légitime au développement socio-économique ». C'est dans cet esprit que le Sénégal défend, selon lui, « une transition économique juste, pragmatique et ordonnée, conciliant la décarbonation progressive de son économie, la sécurité de son approvisionnement et l'accès universel à l'énergie ».
Les convictions du Sénégal pour la coopération gazière
Le ministre a illustré cette vision par le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, développé conjointement avec la Mauritanie. « Avec l'entrée en production du projet et le démarrage des exportations de gaz naturel liquéfié en 2025, notre pays a franchi une étape historique », a-t-il indiqué. Sur le plan intérieur, il a précisé que « la stratégie de développement du gaz domestique vise à transformer structurellement notre système électrique, développer les usages industriels du gaz et garantir l'accès universel à l'électricité ». Le Dr Diouf a ensuite partagé les convictions qui, selon
Dakar
, doivent guider le renforcement de la coopération internationale. Pour lui, « la souveraineté sur les ressources naturelles doit demeurer un principe fondamental de la gouvernance énergétique mondiale ». Dans le même esprit, « la sécurité énergétique mondiale exige des investissements durables et un environnement international prévisible », tandis que la coopération gazière « doit davantage contribuer au transfert de technologies, au développement des compétences et à la création de la valeur locale ». Il a reconnu que, « en dépit de son potentiel considérable, l'Afrique demeure confrontée à des déficits structurels d'infrastructures, de capacités industrielles et de financements ». Le Sénégal entend, a-t-il dit, contribuer à l'ambition du Forum « en s'appuyant notamment sur les perspectives offertes par ses ressources gazières et sa position géographique ». En conclusion, le ministre a appelé à préparer « une nouvelle étape de coopération gazière internationale : une coopération qui favorise les investissements, le développement industriel et le partage des connaissances », promettant que « le Sénégal prendra toute sa part dans cette ambition ». Il a réaffirmé sa conviction profonde : « Le gaz doit être un levier de transformation économique, de souveraineté et de prospérité durable pour nos peuples », en formulant le vœu que ce huitième sommet de Moscou « marque une nouvelle étape dans la construction d'une coopération énergétique internationale plus équitable ».
Follow the story
About this article
- Length
- 879 words · 4 min read
- Published
- October 27, 2026
- Byline
- Actus du Moment
- Source
- Senenews