Mascarade électorale au Sahara Occidental : Le solide front du refus
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Face à l’organisation imminente d’élections par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés, les détenus politiques du groupe Gdeim Izik appellent le peuple sahraoui à un boycott massif. Cette consultation, qualifiée de parodie politique, vise à masquer la réalité d’un statu quo colonial et à légitimer l’annexion militaire au moment même où le Conseil de sécurité de l’ONU s’apprête à débattre de l’avenir de la Minurso.
Ces élections interviennent dans une conjoncture cruciale pour la cause sahraouie, à quelques semaines du débat sur la question au Conseil de sécurité de l’ONU, où le dossier sur l’avenir de la Mission onusienne chargée de l’organisation d’un référendum d’autodétermination (Minurso) sera posé, plaçant ainsi la communauté internationale devant ses responsabilités historiques et juridiques.
Ces élections ont pour but de créer une façade pseudo-démocratique, destinée à la consommation interne et à présenter une fallacieuse « vérité » électorale et politique aux yeux de la communauté internationale. Il s’agit surtout de légitimer l’annexion du Sahara occidental et de verrouiller toute résistance civile du peuple sahraoui dans ce territoire. Les dizaines de milliers de colons marocains, devenus résidents illégitimes à El-Ayoun, Smara ou Dakhla et des militaires stationnés dans les casernes et les tranchées sont mobilisés pour noyauter toutes les structures territoriales et falsifier durablement la sociologie politique locale.
Face à cette manœuvre grossière, les prisonniers du groupe Gdeim Izik ont appelé, avant-hier, le peuple sahraoui des territoires occupés du Sahara occidental à boycotter massivement ces élections marocaines. Ils ont également exhorté leurs compatriotes à défendre la conscience révolutionnaire, l’identité nationale et le droit inaliénable à la liberté et à l’indépendance du peuple sahraoui, dressant ainsi un rempart civique contre les ambitions hégémoniques de l’occupant.
Selon un communiqué diffusé par l’Agence sahraouie de presse, les détenus sahraouis ont qualifié les élections marocaines de « manœuvre politique visant à consolider le statu quo colonial », estimant qu’une participation des Sahraouis à ces scrutins sous tutelle étrangère serait une forme pernicieuse de légitimation de l’occupation et d’atteinte irrémédiable à la cause nationale sahraouie.
Les courageux prisonniers de Gdeim Izik ont appelé à rejeter catégoriquement toute forme de normalisation avec les institutions de l’occupation marocaine, soulignant que la résistance du peuple sahraoui restera profondément civile et pacifique, tout en réaffirmant leur attachement indéfectible au Front Polisario, unique représentant légitime du peuple sahraoui reconnu par l’ensemble des instances internationales.
Il est clair que ces élections dans les territoires sahraouis occupés ne seront qu’une parodie électorale orchestrée, alors que la situation humanitaire et des droits de l’homme y demeure catastrophique. Les violations graves de ces droits, en plus de la répression policière systématique des civils sahraouis, sont quotidiennement documentées et dénoncées par les militants locaux malgré les risques immenses encourus.
Depuis plus de dix ans, aucune organisation internationale indépendante, ONG humanitaire ou délégation onusienne n’a d’ailleurs été autorisée à accéder librement dans le territoire sahraoui. Pire, des journalistes indépendants et des observateurs des droits humains ont été systématiquement refoulés aux frontières à chaque tentative de déplacement.
Le Makhzen a ainsi transformé le territoire sahraoui en une zone de non-droit sous strict embargo, poursuivant avec acharnement les arrestations arbitraires, les restrictions drastiques aux voyages et aux réunions pacifiques, tout en multipliant les représailles ciblées contre tout civil sahraoui osant coopérer ou échanger avec les fonctionnaires de la Minurso ou les défenseurs des droits humains.
Cette situation alarmante a été régulièrement et vigoureusement dénoncée dans les foras et les tribunes diplomatiques étrangères, dont la plus récente a eu lieu à Genève, lors de la soixante-troisième session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Durant ces travaux déterminants, la coordinatrice de l’Observatoire sahraoui des ressources naturelles et de la protection de l’environnement a solennellement déclaré que l’accès indépendant au Sahara occidental occupé demeure hermétiquement restreint depuis des décennies pour le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, les rapporteurs spéciaux des Nations unies, ainsi que pour les journalistes d’investigation et les observateurs internationaux.
Elle a souligné avec force que l’absence totale de contrôle indépendant signifie concrètement que les victimes sont laissées dans un isolement absolu, que la documentation minutieuse des faits devient de plus en plus difficile et que la prévention proactive des violations quotidiennes s’avère extrêmement complexe pour la communauté internationale.
La militante sahraouie a vivement regretté que la Minurso demeure à ce jour la seule mission de maintien de la paix de l’ONU dépourvue de tout mandat spécifique relatif à la surveillance des droits de l’homme, une anomalie juridique qui arrange manifestement Rabat et l’encourage impunément à persister dans ses violations flagrantes des droits des populations sahraouies et d’atteinte caractérisée à leurs libertés fondamentales.
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- 784 words · 4 min read
- Published
- September 14, 2026
- Byline
- Kamel Mansari
- Source
- Le Jeune Indépendant