UNIVERSITÉS PUBLIQUES - ÉVALUATION DES ENSEIGNANTS-CHERCHEURS : Le Saes hausse le ton et envisage un préavis de grève
UNIVERSITÉS PUBLIQUES - ÉVALUATION DES ENSEIGNANTS-CHERCHEURS Le Saes hausse le ton et envisage un préavis de grève Réuni samedi dernier à Dakar, le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a dressé un bilan préoccupant de la rentrée universitaire. Entre capacités d’accueil insuffisantes, recrutements gelés et contestation des critères d’évaluation du Cames, le syndicat interpelle le Gouvernement. Une conférence nationale des sections, prévue le 7 novembre à Z

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UNIVERSITÉS PUBLIQUES - ÉVALUATION DES ENSEIGNANTS-CHERCHEURS
Le Saes hausse le ton et envisage un préavis de grève
Réuni samedi dernier à Dakar, le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a dressé un bilan préoccupant de la rentrée universitaire. Entre capacités d’accueil insuffisantes, recrutements gelés et contestation des critères d’évaluation du Cames, le syndicat interpelle le Gouvernement. Une conférence nationale des sections, prévue le 7 novembre à Ziguinchor, doit définir la suite de son action.
Le Saes envisage de déposer un préavis de grève pour réclamer une réforme du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames) et la mise en place de listes nationales indépendantes. Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son Secrétariat national, tenue samedi dernier à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le syndicat dénonce les critères d’évaluation des enseignants-chercheurs et alerte sur leurs conséquences pour l’encadrement dans les universités publiques. Cette éventualité intervient dans un contexte de difficultés persistantes à la rentrée académique. Le Saes met notamment en cause les conditions d’orientation des nouveaux bacheliers, l’insuffisance des infrastructures et les engagements non tenus en matière de recrutement.
Le syndicat reproche au ministère de tutelle d’imposer aux universités des quotas de nouveaux bacheliers « dépassant largement les capacités réelles d’accueil des campus ». Il affirme que la Commission nationale d’orientation des bacheliers n’a pas été convoquée et dénonce, à ce titre, un manquement aux procédures en vigueur. À cette pression sur les effectifs s’ajoutent des infrastructures pédagogiques et sociales jugées sous-dimensionnées. Le Saes relève que leur livraison a été annoncée puis reportée à plusieurs reprises, alors que les besoins continuent de croître.
Sur le plan financier, l’organisation dénonce des budgets qu’elle qualifie de « non sincères », auxquels elle impute le non-reversement de cotisations sociales et de retenues fiscales. Elle considère que cette situation porte atteinte aux droits des travailleurs et contrevient au régime financier des universités. Le recrutement constitue un autre point de friction. Le Saes déplore le gel de la deuxième vague de 500 enseignants-chercheurs, inscrite, selon lui, dans un engagement gouvernemental portant sur 1 500 postes en trois ans. Parallèlement, il dénonce les conditions de rémunération des vacataires, qui représenteraient près de 70 % du personnel d’enseignement et de recherche. Leurs taux de rémunération n’auraient pas été revalorisés depuis la dévaluation du franc CFA, il y a plus de trente ans.
Le syndicat signale également l’arrêt de plusieurs chantiers réglementaires concernant la gouvernance et le financement de la recherche, la gestion des universités ainsi que la retraite des enseignants et chercheurs de nationalité étrangère. Revenant sur les équipements informatiques, le Saes rappelle que sa coordination de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane avait alerté le ministère, dès le 15 janvier 2026, sur les retards de mise à disposition des ordinateurs et les dysfonctionnements constatés depuis la première commande, en 2014. Cette coordination avait également contesté, dans un communiqué du 24 avril, la décision de verser directement 250 000 francs CFA à chaque étudiant pour l’acquisition d’un ordinateur.
Mais le syndicat souhaite élargir les investigations au-delà du programme « Un étudiant, un ordinateur ». Il exige que « toute la lumière soit faite » sur le projet « Espoir Jeunes » et celui des « 100 laboratoires » équipés, dont les travaux avaient démarré en 2015 et sur lesquels les universités comptaient pour développer la recherche. Le volet consacré au Cames occupe une place centrale dans le communiqué. Le Saes demande au Gouvernement de respecter son engagement à œuvrer pour la révision du guide d’évaluation 2024-2028, conformément au protocole d’accord signé le 6 janvier 2023.
L’organisation conteste notamment l’augmentation du nombre d’articles et de thèses exigés des candidats, ainsi que l’obligation d’être premier auteur dans les deux tiers de leurs articles. Elle estime que ces exigences privilégient la quantité des publications au détriment de leur qualité, sans démonstration de leur pertinence scientifique. Le syndicat juge aussi ces critères peu favorables à la recherche collaborative et à la pluridisciplinarité. Selon lui, ils entrent en contradiction avec l’objectif de constitution de grandes équipes de recherche au Sénégal et restreignent la liberté des chercheurs.
Autre grief : la non-reconnaissance, pour l’évaluation des enseignants-chercheurs, de certains diplômes délivrés par le Sénégal avant 2012. Le Saes y voit une atteinte à la souveraineté nationale et rappelle que le Cames exerce ses missions dans le cadre d’une délégation des États membres. L’organisation s’inquiète, en outre, de la préparation d’un nouveau guide qui durcirait encore les conditions d’évaluation. Elle dénonce ce qu’elle considère comme une « généralisation déguisée de l’agrégation » et conteste un contrôle des écoles doctorales qu’elle juge contraire à l’autonomie pédagogique et scientifique des universités.
Une alerte sur le renouvellement du corps professoral
Le SAES pointe particulièrement l’exigence de publications dans des revues indexées, annoncée à partir de 2027 pour les comités techniques spécialisés en lettres et sciences humaines, en sciences juridiques et politiques, ainsi qu’en sciences économiques et de gestion. Il estime que cette mesure pourrait rendre irrecevable la quasi-totalité des candidatures dans ces domaines, où les revues indexées sont, selon lui, peu nombreuses. Le risque serait, à ses yeux, de provoquer une « pénurie artificielle de Professeurs » et de réduire les capacités d’encadrement. Pour étayer son inquiétude, le syndicat avance que 45 % du corps des professeurs partira à la retraite d’ici à 2035. Le Saes prévient qu’il tiendra le Gouvernement responsable des perturbations qui pourraient découler de l’adoption du nouveau guide. Aucun mot d’ordre de grève n’est toutefois annoncé à ce stade. La Conférence nationale des sections, convoquée le 7 novembre à Ziguinchor, doit approfondir l’évaluation et arrêter les orientations ainsi que les actions à mener.
Section:
social
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- Length
- 938 words · 5 min read
- Published
- October 27, 2026
- Byline
- joe.waly
- Source
- Enqueteplus