France 24 interpellée par Abdoulaye Kourouma : « La souveraineté de la Guinée n’est pas négociable »

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Dans une lettre ouverte adressée au directeur de France 24, le président du groupe parlementaire Alliance patriotique, Abdoulaye Kourouma, proteste contre certains propos tenus à l’égard du président de la République, Mamadi Doumbouya. Le député appelle au respect de la souveraineté de la Guinée, tout en réaffirmant son attachement à la liberté de la presse et au droit de critique.
LETTRE OUVERTE
À Monsieur le Directeur de France 24
Objet : Protestation contre certains propos tenus à l’égard du Président de la République de Guinée et rappel du respect dû à la souveraineté de la Guinée
Monsieur le Directeur,
C’est avec gravité et dans un esprit de responsabilité que nous nous adressons à vous au sujet de certains propos tenus à l’égard du Président de la République de Guinée, ainsi que de la manière dont certaines questions relatives à notre pays sont abordées dans votre média.
La République de Guinée est un État libre, indépendant et souverain, maître de ses choix politiques et de son destin. Elle dispose de ses institutions et de ses mécanismes constitutionnels, dont la légitimité doit être respectée dans le cadre de ses lois et de ses engagements.
À l’issue de la période de transition, il est essentiel que les relations entre la Guinée et la France s’inscrivent dans une dynamique renouvelée, fondée sur le respect mutuel, l’égalité souveraine et la considération réciproque.
Nous vous appelons donc à rappeler à vos compatriotes, notamment aux professionnels des médias, l’importance du respect, de la responsabilité et de la mesure dans leurs prises de parole lorsqu’ils abordent les affaires intérieures de la Guinée ou s’adressent à ses institutions et à son Chef de l’État.
Nous réaffirmons notre profond attachement à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et au droit légitime de toute rédaction de questionner, d’analyser et de critiquer l’action des dirigeants publics. Ces libertés constituent des principes fondamentaux.
Toutefois, l’exercice de ces droits appelle également au respect de la dignité humaine, à la rigueur journalistique et à la considération due aux peuples et aux nations souveraines.
La critique est légitime ; le mépris et la condescendance ne sauraient constituer les fondements d’un dialogue constructif entre les peuples.
Nous ne pouvons accepter que certaines attitudes ou expressions puissent donner le sentiment de reproduire des comportements hérités d’une époque coloniale, marquée par des rapports de domination et une prétendue supériorité de certains sur les peuples africains.
La Guinée n’est ni une colonie ni un territoire placé sous la tutelle de quiconque. Elle est une nation souveraine, dont le peuple est seul fondé à déterminer librement son avenir.
Notre démarche ne vise nullement à remettre en cause la liberté de la presse ni à soustraire les dirigeants guinéens à la critique. Elle entend rappeler une exigence fondamentale : celle d’un traitement respectueux, responsable et équitable de la Guinée, de ses institutions et de ses représentants, dans le respect des principes devant guider les relations entre États indépendants.
Nous vous demandons, en conséquence, de prendre la mesure de cette préoccupation et de contribuer, dans le respect de l’indépendance des médias et des principes démocratiques, à promouvoir une culture de responsabilité, de respect mutuel et de dialogue entre nos deux pays.
Nous tenons également à souligner que le peuple guinéen demeure profondément attaché à sa dignité et à sa souveraineté. Si de tels comportements venaient à se banaliser, nous saurions faire entendre notre voix par les voies légales, pacifiques et appropriées, afin de défendre les intérêts et l’honneur de notre nation.
Que cela soit clairement entendu : la souveraineté de la République de Guinée n’est pas négociable.
Le respect dû à ses institutions, à ses représentants et à son peuple ne saurait être subordonné à des considérations de puissance, d’influence ou d’héritage historique.
Nous formons le vœu que cette interpellation contribue à renforcer les relations entre la France et la Guinée sur des bases nouvelles, empreintes de respect réciproque, de dignité, de justice et d’égalité entre nations souveraines.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de notre très haute considération.
Honorable Abdoulaye Kourouma
Président du groupe parlementaire Alliance patriotique
Panafricaniste attaché à la souveraineté et à la dignité de la République de Guinée
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- September 16, 2026
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