CRIEF : dix responsables de la PCG placés sous mandat de dépôt à la maison centrale de Coyah
Le directeur général de la PCG-SA, Labilé Sagno, figure parmi les personnes concernées. L’enquête porte notamment sur des soupçons de détournement de deniers publics, des irrégularités dans les marchés publics et la gestion de stocks de médicaments. L’enquête sur la gestion de la Pharmacie centrale de Guinée (PCG-SA) prend une nouvelle tournure judiciaire. Dix responsables […]

Le directeur général de la PCG-SA, Labilé Sagno, figure parmi les personnes concernées. L’enquête porte notamment sur des soupçons de détournement de deniers publics, des irrégularités dans les marchés publics et la gestion de stocks de médicaments.
L’enquête sur la gestion de la Pharmacie centrale de Guinée (PCG-SA) prend une nouvelle tournure judiciaire. Dix responsables de cette société publique, dont son directeur général, Labilé Sagno, ont été placés sous mandat de dépôt à Coyah, dans le cadre d’une procédure portant sur de présumées irrégularités financières et administratives.
Selon les informations disponibles, les responsables concernés sont Labilé Sagno, Bakary Camara, Dramadou Condé, Himy Touré, Néné Issa Diallo, Bangaly Mara, Mame Étien Donamou, Saloum Condé, Bakary Tambadouno, Adama Bakary Keita et Kadiatou Dème, responsable des marchés publics. La liste communiquée comporte toutefois onze noms, alors que le nombre de personnes placées sous mandat de dépôt annoncé est de dix.
À l’origine de cette procédure figure un signalement de l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance (ANLC-PBG). À la suite de cette dénonciation, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, avait saisi l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) afin d’approfondir les investigations sur la gestion de l’entreprise.
Les investigations portent notamment sur des soupçons de détournement de deniers publics, d’irrégularités dans la passation des marchés publics et de mauvaise gestion des stocks de médicaments.
Les données financières examinées dans le cadre de l’enquête font également état d’une dégradation importante de la situation de la société. La PCG-SA aurait enregistré une perte nette de 100,68 milliards de francs guinéens en 2025, après avoir dégagé un bénéfice de 2,8 milliards de francs guinéens en 2024.
L’état des stocks constitue un autre volet important du dossier. Un inventaire réalisé par l’ANLC-PBG aurait notamment évalué à 85,67 milliards de francs guinéens, au prix de vente, la valeur des médicaments périmés ou détériorés recensés.
Les enquêteurs examinent par ailleurs les conditions de passation de marchés relatifs à l’acquisition de médicaments et de dispositifs médicaux entre 2021 et 2022. Des soupçons de surfacturation concernant certains projets d’infrastructures de la société sont également évoqués dans le cadre de la procédure.
Cette affaire soulève de nouvelles interrogations sur la gestion des entreprises publiques et les mécanismes de contrôle dans le secteur pharmaceutique guinéen. Au-delà des procédures judiciaires, les enjeux sont considérables pour une structure dont la mission est d’assurer l’approvisionnement du pays en médicaments et produits de santé.
La suite de l’enquête devra permettre de déterminer les responsabilités éventuelles dans ce dossier, sans préjuger de la culpabilité des personnes mises en cause, qui bénéficient de la présomption d’innocence.
Fatoumata Sylla
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- 449 words · 2 min read
- Published
- October 31, 2026
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