
United Bank for Africa vient de nommer Emmanuel N. Nnorom au poste de Président du Conseil d’Administration du Groupe. L’homme n’est pas un inconnu de la maison, il y a passé plus de huit ans à des postes de direction avant de partir diriger d’autres géants du secteur privé nigérian. Son retour à la tête du Conseil UBA signe un choix de continuité plutôt que de rupture.
UBA opère dans une vingtaine de pays africains, avec des bureaux au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France et aux Émirats arabes unis. Pour une banque de cette envergure, le choix du Conseil ne relève jamais du hasard. Nnorom a occupé successivement les fonctions de Directeur Financier du Groupe, de Directeur des Opérations, puis de Directeur Général d’UBA Africa, où il supervisait les activités dans 18 pays du continent.
Avant ce retour, il dirigeait Heirs Holdings, puis Transnational Corporation of Nigeria Plc. Deux conglomérats aux activités multiples, énergie, santé, hôtellerie, technologie. Le CV impressionne, c’est le moins qu’on puisse dire, mais ce sont surtout ses années passées à l’intérieur d’UBA qui expliquent ce choix du Conseil.
Chartered Accountant et Fellow de l’Institute of Chartered Accountants of Nigeria, l’homme a aussi suivi des programmes de leadership à Templeton College, Oxford. Un profil taillé pour la gouvernance bancaire à grande échelle.
UBA reste l’une des rares banques nigérianes à revendiquer une présence panafricaine aussi étendue, avec des filiales dans plusieurs pays de la zone CEMAC dont le Cameroun. Un changement à la tête du Conseil d’une telle institution n’est jamais un détail technique réservé aux salles de marché lointaines. Il peut influencer les orientations stratégiques régionales, notamment en matière de financement du commerce et d’inclusion financière.
Pourtant, rien ne confirme à ce stade de changement immédiat dans la stratégie camerounaise du groupe. Difficile de ne pas y voir malgré tout un signal de stabilité envoyé aux marchés, à un moment où plusieurs institutions financières africaines traversent des turbulences de gouvernance.