Incendie au marché Corona de Tambacounda : Aïssata Ba perd plus de 20 millions de FCFA
Un violent incendie survenu dans la nuit du lundi 19 octobre au marché Corona de Tambacounda a ravagé plusieurs cantines et magasins. Parmi les victimes figure Aïssata Ba, qui a perdu ses quatre boutiques et plus de 20 millions de FCFA de marchandises. Le sinistre a également coûté la vie à Pa Diallo, un homme venu lui prêter main-forte pour sauver ses biens.
TAMBACOUNDA – Le regard encore marqué par la douleur, Aïssata Ba peine à mesurer l’ampleur des dégâts. En quelques heures, cette commerçante, installée depuis plusieurs années au marché Corona de Tambacounda, a vu ses quatre boutiques partir en fumée, emportant des marchandises évaluées à plus de 20 millions de FCFA. « On a fait l’inventaire le matin. En mon absence, les enfants ont bien travaillé. Ils ont enregistré un chiffre d’affaires de 20,5 millions de FCFA pour les marchandises », raconte-t-elle, encore sous le choc.
Vers 21 heures, ses employés l’appellent pour l’informer que le marché est en feu. Dans l’urgence, elle leur demande de récupérer un carnet contenant les noms des clients qui lui doivent de l’argent après avoir pris des marchandises, ainsi qu’un dossier dans lequel elle avait rangé des documents, notamment des papiers de maisons.
Les employés s’exécutent et déplacent les premiers bagages vers une autre cantine. Mais le répit est de courte durée : les biens ainsi mis à l’abri sont, à leur tour, gagnés par les flammes. Impuissante, la commerçante assiste à la destruction de ses marchandises et de ses effets personnels.
Veuve depuis peu, elle venait tout juste de terminer sa période de veuvage de quatre mois et dix jours. À cette perte matérielle s’ajoute une tragédie humaine. Pa Diallo, venu l’aider à sortir ses marchandises, a inhalé une importante quantité de fumée. Victime d’un malaise, il est transporté à l’hôpital, où il décède. « Pa Diallo était venu m’aider à sortir les bagages, mais il a beaucoup respiré la fumée. Il a étouffé. On l’a transporté à l’hôpital. C’est là qu’il est décédé », déplore-t-elle.
Malgré ce coup du sort, Aïssata Ba s’efforce de garder la foi. « C’est vrai que ce qui m’arrive est douloureux, mais cela aurait pu être encore pire. Je pouvais perdre la vie. Alhamdoulillah, je rends grâce à Dieu et je garde la foi », confie-t-elle avec résignation.
Parmi les premières commerçantes à s’être installées au marché, elle avait auparavant été déguerpie de son emplacement au marché central, qu’elle dit avoir acquis pour 300 000 FCFA. Recasée au marché Corona, elle affirme avoir déboursé 400 000 FCFA pour ses trois autres cantines.
Au-delà des pertes subies par les commerçants, le sinistre remet en lumière la question de l’organisation du marché et de l’accessibilité des voies de secours. Selon Aïssata Ba, les sapeurs-pompiers, arrivés sur les lieux, ont rencontré des difficultés pour accéder rapidement au site en raison de l’étroitesse des voies.
La commerçante reconnaît que l’occupation anarchique de certains espaces pose problème, mais souligne la difficulté de faire respecter les règles dans un environnement où les commerçants cherchent avant tout à préserver leurs activités. « Quand tu demandes à quelqu’un de ne pas s’installer sur la voie, il te prend pour quelqu’un de méchant et t’accuse de ne pas connaître les réalités d’un marché », explique-t-elle.
Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, Aïssata Ba plaide pour une meilleure organisation du marché et la libération des voies de secours, afin de faciliter l’intervention des sapeurs-pompiers en cas d’urgence. Elle lance également un appel aux autorités pour accompagner les victimes de l’incendie et les aider à surmonter cette épreuve.
Boubacar Agna CAMARA (correspondant)
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- 598 words · 3 min read
- Published
- October 21, 2026
- Byline
- Cheikh Gora DIOP
- Source
- Soleil