FINANCEMENT DES PRODUCTEURS ET ENTREPRENEURS À TAMBA ET KÉDOUGOU Le crédit passe de 13 à 8 %
FINANCEMENT DES PRODUCTEURS ET ENTREPRENEURS À TAMBA ET KÉDOUGOU Le crédit passe de 13 à 8 % En tournée dans le Sénégal oriental les 4 et 5 novembre, Alioune Dione a défendu la baisse du coût des prêts accordés sur les ressources de la PLASEPRI. Plus d’un milliard de francs CFA de refinancements sont concernés dans les deux régions. Mais pour les bénéficiaires, l’enjeu dépasse l’accès à l’argent : il faut produire, vendre et pouvoir rembourser. Des bananes à conserver, des plantations à remettre

FINANCEMENT DES PRODUCTEURS ET ENTREPRENEURS À TAMBA ET KÉDOUGOU
Le crédit passe de 13 à 8 %
En tournée dans le Sénégal oriental les 4 et 5 novembre, Alioune Dione a défendu la baisse du coût des prêts accordés sur les ressources de la PLASEPRI. Plus d’un milliard de francs CFA de refinancements sont concernés dans les deux régions. Mais pour les bénéficiaires, l’enjeu dépasse l’accès à l’argent : il faut produire, vendre et pouvoir rembourser.
Des bananes à conserver, des plantations à remettre en état, des équipements à acquérir : dans le Sénégal oriental, les besoins des producteurs donnent un contenu concret au débat sur l’accès au financement. À Tambacounda, le 4 novembre, puis à Kédougou, le lendemain, le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a mis en avant une mesure qui touche directement au portefeuille des emprunteurs : la réduction du taux des crédits financés par la Plateforme d’appui au secteur privé et à la valorisation de la diaspora (Plasepri).
« Les bénéficiaires finaux reçoivent le crédit à 8 % au lieu de 13 % », a déclaré Alioune Dione à Tambacounda. Pour permettre cette baisse, le taux auquel la plateforme cède ses ressources aux institutions de microfinance a lui-même été ramené de 3 à 1 %. Le ministre précise avoir demandé cette révision en 2024. Les opérations examinées pendant cette tournée représentent plus d’un milliard de francs CFA de refinancements, à travers deux institutions : la MEC APROVAG à Tambacounda et la MEC Dynamics à Kédougou. Il s’agit du suivi de financements déjà accordés, dont le ministre est venu présenter les réalisations et les prolongements attendus.
La banane, du champ au marché
À Tambacounda, plus de 450 millions de francs CFA ont été mobilisés à travers trois lignes de refinancement. La dernière tranche a accompagné seize promoteurs, dont des groupements de producteurs de bananes réunissant 1 925 membres, parmi lesquels 680 femmes. Selon le bilan présenté par Alioune Dione, ces investissements ont permis d’acquérir trois chambres froides, deux camions frigorifiques et dix motopompes, ainsi que de réhabiliter huit réseaux d’irrigation. Les fonds ont également contribué à restaurer des plantations sinistrées après les crues du fleuve Gambie en 2024.
Ces équipements répondent à des difficultés qui peuvent compromettre les revenus, même lorsque la récolte est bonne. Sans conservation ni transport adaptés, une partie de la production risque de perdre sa valeur avant d’atteindre les acheteurs. L’accès au crédit prend alors son sens dans la capacité à financer toute la chaîne, de l’irrigation à la commercialisation. Le ministre veut désormais pousser la transformation. Il a annoncé avoir instruit ses services de travailler à « la relance de l’unité de transformation de la banane en couscous, thiacry, araw et vinaigre ». L’organisation des groupements en coopératives professionnelles et l’amélioration du conditionnement figurent également parmi les suites annoncées.
Emprunter, gérer et rembourser
À Kédougou, les trois opérations de refinancement accordées à la MEC Dynamics totalisent près de 623,85 millions de francs CFA. Elles se répartissent entre trois lots de dix-neuf, seize et trente-deux promoteurs. D’après Alioune Dione, elles ont facilité le financement des activités locales tout en contribuant à relancer la mutuelle, qui traversait des difficultés. Un effet de relance également revendiqué pour la MEC Aprovag. Mais injecter des ressources ne garantit pas, à lui seul, la solidité des activités. Le ministre le reconnaît dans l’accompagnement qu’il souhaite mettre en place : « Notre ambition ne se limite pas à octroyer des fonds : nous offrons les outils nécessaires à une gestion saine et durable. »
Au total, 126 participants à Tambacounda et 49 à Kédougou ont bénéficié de formations en éducation financière. Planifier les dépenses, maîtriser la trésorerie, gérer l’endettement : ces apprentissages doivent aider les bénéficiaires à préserver leur activité et à honorer leurs échéances. À Kédougou, Alioune Dione a insisté sur la nécessité de réutiliser les remboursements pour financer d’autres projets. « Les ressources engagées vont servir des générations et des générations, encore et encore », a-t-il soutenu. Il y voit une voie vers la souveraineté économique, tout en saluant le rôle de l’Italie, à l’origine du projet Plasepri.
Des effets encore à mesurer
Amélioration des revenus, maintien des filles à l’école, lutte contre la migration irrégulière : le ministre attribue plusieurs effets sociaux à ces financements. Les deux discours ne présentent toutefois pas de données chiffrées permettant d’en mesurer l’ampleur. L’évolution des revenus, le nombre d’emplois pérennisés et les taux de remboursement ne sont pas précisés. La baisse des taux constitue un allègement pour les emprunteurs concernés. Sa portée se mesurera aussi à ce qui suivra : des récoltes vendues dans de meilleures conditions, des activités rentables et des remboursements permettant à d’autres producteurs d’accéder, à leur tour, au financement.
F. BA
Section:
economie
About this article
- Length
- 791 words · 4 min read
- Published
- November 6, 2026
- Byline
- joe.waly
- Source
- Enqueteplus