Deux responsables de la représentation du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) en France ont annooncé leur démission du parti de Laurent Gbagbo. Dans un courrier adressé au référent politique et président du PPA-CI, Marcel Acho et Kréhi Serge Agbli invoquent de « profondes divergences » sur le fonctionnement démocratique interne, le respect […] The post PPA-CI: La révocation de responsables des représentations à l’international first appeared on AbidjanTV.net .
Deux responsables de la représentation du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) en France ont annooncé leur démission du parti de Laurent Gbagbo.
Dans un courrier adressé au référent politique et président du PPA-CI, Marcel Acho et Kréhi Serge Agbli invoquent de « profondes divergences » sur le fonctionnement démocratique interne, le respect des textes et la camaraderie militante.
Marcel Acho, ancien secrétaire général puis administrateur général de la représentation PPA-CI France, et Kréhi Serge Agbli, ex-chef de cabinet de cette structure, disent avoir pris leur décision « en toute conscience et responsabilité ». Leur courrier dresse un réquisitoire contre plusieurs décisions et pratiques internes qu’ils jugent contraires aux principes démocratiques défendus par le parti.
Des contestations autour du scrutin d’Ouragahio
Les deux démissionnaires reviennent notamment sur l’élection de la secrétaire nationale de la Ligue des femmes, organisée lors du congrès du 17 décembre 2023 à Ouragahio. Ils évoquent des contestations concernant l’émargement d’électrices d’Anyama, qui auraient quitté les lieux avant l’ouverture des bureaux de vote pour respecter leur engagement avec une société de transport.
Selon eux, le processus électoral, initialement contesté par la présidente du comité de contrôle, Marthe Agoh, aurait ensuite été validé sans ouverture d’une période de contentieux permettant l’examen des réclamations. Ils dénoncent également des décisions prises au sein du comité de contrôle sans consultation de l’ensemble de ses membres.
Les signataires estiment que ces épisodes illustrent des dysfonctionnements dans l’application des textes du parti et portent atteinte, selon eux, aux principes d’équité et de transparence.
La candidature de Gbagbo au cœur des divergences
Autre point majeur de leur courrier : la stratégie arrêtée par le PPA-CI pour l’élection présidentielle d’octobre 2025. Marcel Acho et Kréhi Serge Agbli s’appuient sur les orientations du congrès constitutif des 16 et 17 octobre 2021, qui prévoyait la participation du parti à tous les scrutins.
Ils considèrent que la publication de la liste électorale définitive, le 4 juin 2025, avec l’absence du nom de Laurent Gbagbo, aurait dû conduire les instances du parti à réexaminer leur stratégie. Ils estiment notamment que les conditions prévues par le comité central du 9 mars 2024 pour la candidature de l’ancien président n’étaient plus réunies.
Les deux militants reprochent ainsi à la direction d’avoir privilégié la continuité de cette candidature et le recours au Conseil constitutionnel, plutôt que la convocation d’une instance compétente pour débattre d’une nouvelle stratégie électorale.
Le débat interne et le cas Don Mello
Le courrier critique également la gestion du débat démocratique interne, notamment autour d’une proposition attribuée au vice-président Ahoua Don Mello. Celui-ci aurait préconisé de maintenir la mobilisation autour de Laurent Gbagbo tout en envisageant des candidatures de précaution afin de préserver une possibilité de participation à la présidentielle.
Pour les deux signataires, cette proposition aurait été interrompue prématurément, en contradiction avec le principe de liberté d’expression et de débat démocratique prévu par les textes du parti. Ils contestent également la procédure ayant conduit à l’exclusion d’Ahoua Don Mello.
Des critiques sur le premier congrès ordinaire
Marcel Acho et Kréhi Serge Agbli mettent enfin en cause le déroulement du premier congrès ordinaire du PPA-CI. Ils dénoncent notamment la radiation de militants, les conditions d’adoption de certaines décisions et l’absence, selon eux, d’un examen et d’une adoption formels des nouveaux textes fondamentaux par les congressistes.
Ils évoquent aussi une dégradation de la « camaraderie militante », dénonçant des campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux et l’instrumentalisation de certains cyberactivistes dans les débats internes.
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En annonçant leur départ, les deux anciens responsables assurent toutefois que leur démission ne constitue pas un renoncement à leurs convictions. Ils réaffirment leur attachement à la démocratie, à la justice sociale, à la souveraineté et à la dignité des peuples, tout en exprimant l’espoir de voir les différentes composantes de la gauche ivoirienne se retrouver autour d’un projet commun.
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