
Le corps nu d'une femme a été découvert dans une flaque de sang à Carrefour Pomme, Balessing. La gendarmerie de Penka-Michel enquête sur ce qui pourrait être un...
Le corps nu d'une femme a été découvert dans une flaque de sang à Carrefour Pomme, Balessing. La gendarmerie de Penka-Michel enquête sur ce qui pourrait être un nouveau féminicide au Cameroun.
Une jeune mère de 28 ans retrouvée sans vie à Carrefour Pomme, à Balessing la gendarmerie de Penka-Michel ouvre une enquête pour élucider les circonstances d'une mort qui soulève déjà la question d'un nouveau féminicide.
Le corps nu d'une femme gisait dans une flaque de sang, vendredi 4 septembre 2026, à Carrefour Pomme à Balessing, dans l'arrondissement de Penka-Michel. Son identité reste inconnue. La cause de sa mort aussi.
Mais une question brûle déjà les lèvres des habitants de cette paisible localité de la région de l'Ouest Cameroun : s'agit-il d'un nouveau féminicide ? Alors que le pays comptabilise déjà des dizaines de femmes assassinées en 2026, ce drame s'inscrit dans une spirale de violences qui ne cesse de s'accélérer.
Les gendarmes de Penka-Michel ont récupéré le corps. L'enquête ne fait que commencer. Mais dans un Cameroun où 77 femmes ont été tuées en 2025 et déjà 50 entre janvier et avril 2026 chaque corps retrouvé est un rappel glaçant d'une crise nationale.
Balessing est un village du Cameroun situé dans la région de l'Ouest, en pays Bamiléké, dans l'arrondissement de Penka-Michel, département de la Menoua. Cette commune de près de 120 000 habitants (recensement 1987) est composée de quatre groupements : Bansoa, Bamendou, Baloum et Balessing.
C'est à Carrefour Pomme, un carrefour routier de cette localité, que le drame s'est produit aux premières heures du vendredi 4 septembre 2026. Un lieu qui n'est pas inconnu des faits divers en 2021 déjà, une fillette de 10 ans s'y était retrouvée après avoir emprunté un bus par effraction.
Selon les premières informations, le corps d'une femme a été découvert nu, baignant dans une flaque de sang, à Carrefour Pomme. Son identité et la cause exacte de son décès restent pour l'heure inconnues. La gendarmerie de Penka-Michel a été dépêchée sur les lieux. Le corps a été récupéré et déposé à la morgue de Penka-Michel.
Les autorités n'ont pas encore communiqué officiellement sur l'identité de la victime. L'enquête, confiée aux gendarmes de Penka-Michel, devra déterminer si la mort est accidentelle, criminelle, ou résulte d'un suicide.
L'hypothèse du féminicide est sur toutes les lèvres. Et pour cause : le Cameroun traverse une crise sans précédent des violences basées sur le genre. En 2023, 50 femmes ont été tuées. Ce chiffre est passé à 67 en 2024, puis à 77 en 2025 une augmentation de 54 % en deux ans.
Pour 2026, la tendance ne s'inverse pas. Entre janvier et avril seulement, l'État a officiellement enregistré 50 cas de féminicides à travers le territoire national, ainsi que 166 cas de viol, 13 infanticides et de multiples cas de maltraitance d'enfants. Comme le souligne Bertin Noa, coordinateur national de l'Association Mani SOS Veuves et Femmes Violentées : « Derrière chaque femme tuée, battue, violée ou humiliée, il y a une vie brisée, une famille traumatisée et parfois des enfants qui grandissent avec une blessure qui ne se refermera jamais ».
Cette affaire n'est malheureusement pas la première à endeuiller l'arrondissement de Penka-Michel. En novembre 2025, à Baloum, un village voisin, Madar Kelly, une femme, avait été brutalement assassinée par son ex-mari, Sylvain Tsopny, en plein marché. L'homme, arrêté peu après par la gendarmerie de Penka-Michel, avait reconnu son acte « sans exprimer le moindre remords ».
En mars 2026, à Bakassa, toujours dans la même subdivision, Maffo Mabomda Evoditte Brielle, 28 ans, mère de deux enfants et commerçante de bijoux, avait été retrouvée morte, le cou attaché à une corde fixée à un arbre, près de la concession familiale. Suicide ou meurtre déguisé ? L'enquête se poursuit. Sa Majesté Fotsing Tenekam II, chef du village Bakassa, avait appelé les populations « à la retenue ainsi qu'au respect de la mémoire de la défunte et de la douleur de sa famille ».
Face à cette cascade de drames, les voix s'élèvent. La footballeuse camerounaise Nchout Njoya Ajara, figure internationale du football, a récemment dénoncé ce qu'elle qualifie de « vague tragique de féminicides ». Son message est sans équivoque : « Face à la vague tragique de féminicides qui a frappé notre pays ces derniers jours, le silence est synonyme de complicité ».
Me Daniel Pene Noudjom, avocat au barreau du Cameroun, estime qu'il est « temps de repenser le cadre juridique » pour mieux protéger les femmes et sanctionner les auteurs de violences.
La découverte macabre de ce vendredi 4 septembre 2026 laisse la population de Balessing sous le choc. Les gendarmes poursuivent leurs investigations. Le corps, déposé à la morgue de Penka-Michel, attend une autopsie qui pourrait livrer les premières réponses.
Dans l'attente des résultats de l'enquête, une seule certitude : une femme est morte. Et derrière elle, peut-être des enfants, une famille, une communauté qui pleure. Comme le rappelle la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, le combat contre les féminicides est une urgence nationale.