Washington prépare une refonte radicale de la MINURSO : Fin du volet militaire et priorité au règlement politique du Sahara Marocain
L’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) se retrouve au cœur des discussions diplomatiques à New York. À l’approche du 31 octobre 2026, date d’expiration de son mandat actuel, les États-Unis défendent une nouvelle approche qui pourrait modifier sensiblement la nature et le fonctionnement de cette opération …
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L’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) se retrouve au cœur des discussions diplomatiques à New York. À l’approche du 31 octobre 2026, date d’expiration de son mandat actuel, les États-Unis défendent une nouvelle approche qui pourrait modifier sensiblement la nature et le fonctionnement de cette opération onusienne, déployée depuis 1991.
Selon des informations rapportées par le Financial Times, l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, a justifié la volonté de l’administration du président Donald Trump de mettre fin à certaines missions de maintien de la paix par leur coût élevé et par l’absence de résultats politiques décisifs, malgré plusieurs décennies de présence sur le terrain.
Pour Washington, le maintien d’opérations internationales pendant trente, quarante, voire cinquante ans ne saurait constituer, à lui seul, une preuve de leur efficacité. L’administration américaine entend ainsi revoir les dépenses de l’ONU, évaluer les résultats concrets de ses missions et privilégier des dispositifs susceptibles de contribuer réellement au règlement des conflits.
Une transformation profonde de la MINURSO à l’étude
Dans le cadre des discussions engagées au Conseil de sécurité, le projet de résolution américain prévoit plusieurs changements majeurs dans l’organisation de la MINURSO.
Parmi les principales dispositions évoquées figure la suppression de sa composante militaire à compter du 30 avril 2027. Cette étape serait suivie d’une période transitoire durant laquelle la mission serait transformée en présence politique spéciale, jusqu’au 31 octobre 2027.
Le texte prévoit également une réduction d’au moins 50 % des effectifs en uniforme d’ici à la fin du mois de janvier 2027. Ces propositions traduisent la volonté américaine de réduire les coûts opérationnels et de revoir le format d’une mission dont le mandat historique n’a pas permis d’aboutir à un règlement définitif du différend.
Il convient toutefois de distinguer les dispositions proposées par Washington des décisions qui pourraient être finalement adoptées par le Conseil de sécurité. Le contenu du projet ne constitue pas, à lui seul, une décision définitive sur le sort de la MINURSO.
L’autonomie sous souveraineté marocaine au centre du processus politique
Au-delà de la dimension budgétaire et militaire, le projet américain accorde une place centrale à l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté du Royaume.
Selon les éléments rapportés, Washington souhaite faire de cette proposition le cadre de référence exclusif des négociations, en la présentant comme la seule solution réaliste et viable pour parvenir à un règlement politique du différend régional.
Cette orientation confirme la place croissante accordée à l’initiative d’autonomie dans les efforts diplomatiques visant à sortir de l’impasse. Elle traduit également la volonté américaine de lier l’avenir de la présence onusienne à des avancées tangibles dans le processus politique.
Pour le Maroc, qui défend une solution politique durable dans le cadre de sa souveraineté nationale, une telle évolution constituerait un changement important dans l’approche internationale du dossier. La portée exacte de cette orientation dépendra néanmoins du texte définitif adopté par les membres du Conseil de sécurité et de sa mise en œuvre.
Le départ d’un responsable militaire américain dans un contexte de réexamen
Parallèlement à ces discussions, le capitaine américain ASA D. Kim, chef d’état-major de la composante militaire de la MINURSO, a officiellement achevé ses fonctions et quitté Laâyoune, selon une source onusienne citée dans les informations disponibles.
Ce départ intervient alors que le Conseil de sécurité examine l’avenir de la mission, sa composition et la pertinence de son dispositif militaire. Il s’inscrit dans une séquence diplomatique marquée par la circulation d’un projet américain prévoyant une réorganisation substantielle de la présence des Nations unies.
Aucun élément fourni ne permet toutefois d’établir que ce départ constitue, à lui seul, une conséquence directe d’une décision définitive de mettre fin à la composante militaire. Il doit être replacé dans le contexte plus large de la révision en cours.
Un tournant potentiel pour le dossier du Sahara marocain
La révision envisagée de la MINURSO soulève une question fondamentale : une mission internationale peut-elle conserver indéfiniment la même structure lorsque le cadre politique et diplomatique évolue et que son objectif initial demeure sans aboutissement ?
Pour Washington, la réponse passe désormais par une rationalisation des moyens, une révision des mandats et une plus grande exigence en matière de résultats. L’objectif affiché est de faire évoluer le dispositif onusien vers une approche davantage tournée vers la négociation politique.
Les prochains jours seront déterminants. Le renouvellement du mandat de la MINURSO, les discussions sur le projet américain et les arbitrages des membres du Conseil de sécurité permettront de mesurer jusqu’où cette volonté de réforme pourra se concrétiser.
Au-delà de la seule question du maintien de la paix, c’est donc l’architecture diplomatique du dossier du Sahara marocain qui pourrait connaître une évolution majeure, avec une attention accrue portée à l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine et à la recherche d’un règlement politique durable.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv
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- Published
- October 25, 2026
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