Maroc : la diphtérie de retour après 34 ans d’absence, 25 cas suspects dans le Nord
La diphtérie réapparaît au Maroc en 2026, avec 25 cas suspects recensés dans 7 provinces du Nord. Retour sur les causes, la répartition géographique et les L’article Maroc : la diphtérie de retour après 34 ans d’absence, 25 cas suspects dans le Nord est apparu en premier sur Les Afriques .
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Une maladie que le Maroc croyait appartenir au passé est de retour. La diphtérie, absente du pays depuis 1992, soit depuis plus de trois décennies, a refait surface dans plusieurs régions du royaume, soulevant une alerte sanitaire que les autorités peinent encore à circonscrire. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma concentre désormais l’essentiel des cas recensés, avec 25 cas suspects répartis dans 7 des 8 provinces que compte la région.
Une cartographie inquiétante du Nord
La province de Larache se distingue comme l’épicentre le plus actif, avec huit cas suspects, dont deux confirmés en laboratoire. Quatre autres y sont encore en attente de résultats d’analyses. Tétouan compte cinq cas suspects, dont deux confirmés, et un troisième en cours de vérification. À Tanger-Assilah et M’diq-Fnideq, quatre cas chacune ont été signalés, ce dernier périmètre enregistrant un cas confirmé. Chefchaouen, Fahs-Anjra et Ouezzane complètent ce tableau avec deux cas suspects chacune.
Sur l’ensemble des 25 cas suspects recensés dans la région, 14 patients ont été déclarés guéris après prise en charge, selon des données officielles relayées par Hespress FR. Ce chiffre, bien qu’encourageant, laisse entière la question des cas encore en attente de confirmation et des chaînes de transmission non encore identifiées.
Province / Préfecture Cas suspects Cas confirmés Rétablis Larache 8 2 2 Tétouan 5 2 2 Tanger-Assilah 4 — 3 M’diq-Fnideq 4 1 3 Chefchaouen 2 — 2 Fahs-Anjra 2 — 2 Ouezzane 2 — 2
Un signal venu du Sud, ignoré trop longtemps ?
La résurgence actuelle dans le Nord n’est pas un phénomène isolé. Fin septembre dernier, la région de Souss-Massa, dans le sud du pays, avait déjà enregistré deux foyers familiaux : l’un dans la préfecture d’Agadir Ida-Outanane, l’autre dans la province de Chtouka-Aït Baha. Ces foyers concernaient des enfants non vaccinés ou dont le calendrier vaccinal était incomplet. Le signal était là. Sa propagation vers le Nord, des mois plus tard, pose la question de l’efficacité des mesures barrières mises en place à l’époque et de la rapidité de la remontée d’information entre régions.
Le décès d’un enfant originaire de Ksar El Kebir, signalé en début de semaine, a cristallisé les inquiétudes. Ce cas fatal rappelle que la diphtérie, causée par la bactérie Corynebacterium diphtheriae, n’est pas une maladie anodine : elle peut entraîner des complications respiratoires graves, des atteintes cardiaques et neurologiques, voire la mort, en particulier chez les enfants jeunes et les non-vaccinés.
La vaccination, maillon faible
Le Programme national de vaccination marocain prévoit pourtant un schéma complet : trois doses initiales administrées à l’âge de 2, 3 et 4 mois, suivies de rappels à 18 mois et à 5 ans. Ce calendrier, s’il est respecté, offre une protection robuste. Or, les deux vagues de cas — au Sud puis au Nord — impliquent systématiquement des enfants non vaccinés ou dont le schéma est incomplet, ce qui pointe vers des lacunes dans la couverture vaccinale effective sur le terrain.
Les causes de ces lacunes ne sont pas explicitées par les données officielles disponibles : difficultés d’accès géographique dans certaines zones montagneuses du Rif ou de l’Anti-Atlas, résistance de certaines familles à la vaccination, ruptures de stocks locales ou simple non-suivi des rappels ? Ces questions restent sans réponse publique claire, alors qu’elles conditionneront l’efficacité de toute riposte durable.
Protocole de réponse et limites de la transparence
Les autorités sanitaires indiquent que tous les cas ont été pris en charge « conformément au protocole sanitaire en vigueur au niveau national », incluant isolement, antibiothérapie et administration de l’antitoxine diphtérique. Le suivi des contacts — au sein des familles et des établissements scolaires — est également annoncé comme priorité. Ces mesures sont standards et reconnues efficaces, à condition d’être appliquées rapidement et de façon exhaustive.
Ce qui manque dans la communication officielle, c’est une évaluation du taux de couverture vaccinale réel dans les zones touchées, un bilan épidémiologique consolidé à l’échelle nationale, et une projection sur la durée attendue de cette résurgence. La transparence sur ces paramètres serait pourtant décisive pour rassurer la population et mobiliser les ressources adéquates.
La résurgence de la diphtérie au Maroc après 34 ans d’absence est avant tout le symptôme d’une fragilisation silencieuse de la couverture vaccinale. Le nombre de guérisons enregistrées témoigne d’une capacité de réponse clinique réelle, mais contenir durablement l’épidémie exigera de s’attaquer aux causes profondes du décrochage vaccinal, et pas seulement de gérer les cas au fil de l’eau.
Source : Hespress FR, 2026
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- 827 words · 4 min read
- Published
- October 30, 2026
- Byline
- Moussa D.
- Source
- Les Afriques