
La recrudescence des féminicides continue de susciter de vives réactions au sein des pouvoirs publics. Après plusieurs drames survenus ces dernières semaines, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille estime que le pays fait face à une situation devenue alarmante. « Ces derniers temps, nous avons l’impression que tuer une femme est devenu un acte banal et atroce. À l’heure actuelle, le problème a atteint un niveau très inquiétant », déplore Marie Thérèse Abena Ondoa.
La membre du gouvernement avance un chiffre qui illustre, selon elle, l’ampleur du phénomène. « En une semaine, on en dénombre au moins huit. Ce sont les cas portés à notre connaissance ; il y en a certainement d’autres non signalés », affirme-t-elle. Pour la ministre, cette situation impose une réaction rapide des autorités. « Il y a un problème et il faut le résoudre de la manière la plus radicale », insiste-t-elle.
Marie Thérèse Abena Ondoa rappelle que le gouvernement a déjà engagé plusieurs réformes pour renforcer la protection des femmes. Elle cite notamment la révision du Code pénal intervenue en juillet 2016, qui a introduit de nouvelles dispositions concernant les violences faites aux femmes et aux enfants.
Mais la ministre estime que ces mesures doivent être complétées. « Un projet de loi spécifique pour lutter contre les violences faites aux femmes a été initié avec la société civile et les partenaires au développement », explique-t-elle.
Selon elle, ce texte est actuellement examiné par les services du Premier ministre. « Nous sommes au niveau des services du Premier ministre où plusieurs réunions se sont tenues pour s’accorder sur le contenu de ce projet de loi spécifique, nécessaire pour sanctionner sévèrement ceux qui commettent ces crimes », précise-t-elle.
Au-delà des crimes eux-mêmes, la ministre s’inquiète de leur diffusion sur les réseaux sociaux. « Le drame est que ces assassinats sont filmés et se retrouvent sur les réseaux sociaux. Les jeunes y sont exposés et le crime tend à être banalisé », regrette-t-elle. Selon la ministre, cette médiatisation contribue à installer un climat de peur au sein de la population. « Ce n’est pas possible de vivre cela de nos jours, tout le monde a peur », conclut la ministre.