Élections locales: L’envolée des candidatures sur fond de pression politique
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**À l’approche des élections locales prévues pour le 28 novembre prochain, l’Algérie s’apprête à vivre un scrutin inédit. Portée par la mise en œuvre du nouveau découpage territorial, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) enregistre une hausse spectaculaire du nombre de candidats aux Assemblées populaires de wilayas (APW) et aux Assemblées populaires communales (APC) par rapport au précédent scrutin de novembre 2021.
Mais alors que le décompte final approche, l’ambiance est à la fébrilité au sein des états-majors politiques, pris entre l’urgence des recours face au rejet de nombreuses candidatures et la quête délicate de remplaçants.
S’agissant des Assemblées populaires de wilayas, l’engouement est particulièrement visible. Le nombre de postulants s’élève désormais à 21 476 candidats, contre 18 910 lors des dernières élections, ce qui représente une hausse remarquable de 13,56 %, soit 2 566 prétendants supplémentaires. Cette affluence accompagne une révision à la hausse du volume d’élus : l’échiquier institutionnel intermédiaire proposera 2 855 sièges à pourvoir, comparé aux 2 350 sièges disputés en 2021, matérialisant une progression de 21,48 % (soit 505 sièges de plus). Dans cette compétition, 434 listes ont été formellement déposées sur la ligne de départ, contre 430 lors du rendez-vous électoral précédent.
La même courbe ascendante s’observe à l’échelle communale. Les prétendants aux APC franchissent un palier historique en atteignant le chiffre de 141 388 candidats, alors qu’ils n’étaient que 115 230 en 2021. Cette bondissante progression de 22,70 %, qui équivaut à 26 158 candidatures supplémentaires, s’inscrit dans un cadre où le nombre total de sièges d’élus locaux passe de 24 891 à 26 575 (une hausse de 6,76 %, soit 1 684 sièges additionnels). Il est à noter que cette prolifération de prétendants s’effectue à travers un volume global de 5 631 listes validées pour ce rendez-vous de novembre, en légère contraction par rapport aux 5 848 listes enregistrées lors du précédent scrutin communal.
Cette double hausse du volume des candidats et des sièges disponibles n’est pas le fruit du hasard. Elle constitue la traduction directe des réformes territoriales majeures promulguées au printemps. En effet, la loi n° 26-06 du 4 avril 2026, venue modifier et compléter la loi n° 84-09 du 4 février 1984 relative à l’organisation territoriale du pays, a redessiné la carte administrative algérienne en portant le nombre de wilayas de 58 à 69. Bien que le nombre total de communes soit resté inchangé à 1 541 entités, le redécoupage a mécaniquement rééquilibré la répartition des représentations locales et la dotation en sièges au sein des APC, provoquant cet appel d’air massif au niveau des candidatures.
Sur le terrain politique, cette prolifération des candidatures s’accompagne d’une tension extrême au sein des états-majors des partis, pris par l’urgence d’assainir et de sécuriser leurs listes pour éviter tout revers de dernière minute. Échaudés par les déconvenues subies lors des élections législatives de juillet dernier, les dirigeants partisans agissent sous une vive pression. L’ANIE a d’ores et déjà entamé l’envoi de notifications officielles informant plusieurs formations du rejet définitif ou partiel de dossiers de candidature.
Les motifs d’invalidation touchent l’ensemble du spectre politique sans distinction. Selon des sources internes aux partis, ces rejets frappent aussi bien les appareils traditionnels que les jeunes formations. Au sein du Front de libération nationale (FLN), des figures d’envergure, dont au moins un membre du comité central ainsi que plusieurs cadres régionaux, ont vu leur dossier écarté. Le Rassemblement national démocratique (RND) enregistre également des défections forcées, tandis que le Front des forces socialistes (FFS) est monté au créneau à travers un communiqué incisif de son Secrétaire général pour dénoncer des décisions de rejet frappant plusieurs de ses cadres à travers le territoire.
Pour l’ensemble des partis concernés, une véritable course contre la montre s’est engagée. Le calendrier électoral impose une double contrainte : mener à bien les procédures juridiques de recours auprès des juridictions compétentes, tout en identifiant en urgence des candidats de rechange capables de remplir scrupuleusement l’ensemble des critères d’éligibilité prévus par la loi. La moindre défaillance dans ce sprint final risquerait de fragiliser, voire de disqualifier, des listes entières à quelques semaines seulement du scrutin.
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- 701 words · 4 min read
- Published
- October 19, 2026
- Byline
- Kamel Mansari
- Source
- Le Jeune Indépendant