Réinstallation des populations dans les Niayes : Eramet Grande Côte mobilise 3,5 milliards FCFA et livre 628 logements
Opérateur minier majeur dans la zone des Niayes, Eramet Grande Côte (GCO) mène depuis plusieurs années des opérations de déplacement et de réinstallation de populations directement impactées par ses activités extractives. Ce processus distingue la réinstallation économique, qui traite des terres agricoles et des moyens de subsistance, de la réinstallation physique, relative au relogement des ménages.
Pour le préfet du département de Kébémer, Ousseynou Mbaye, les opérations menées sur le terrain respectent scrupuleusement le cadre légal : « Pour ces deux volets, on peut dire que partout la législation nationale a été respectée », affirme-t-il, soulignant le niveau de concertation maintenu avec les communautés impactées.
628 maisons pour 3 500 personnes
Au-delà du simple transfert des habitations, Eramet Grande Côte affirme avoir déployé un dispositif complet visant à restaurer les conditions de vie des citoyens. « Depuis le début des opérations, nous avons construit 628 maisons pour 3 500 personnes dans les départements de Tivaouane et de Kébémer », précise Ibrahima Diop, chef du département Réinstallation chez GCO.
À ces logements s'ajoutent des infrastructures sociales de base : école primaire, poste de santé, mosquée, école coranique, marché, maison communautaire, terrain de football et pistes de désenclavement.
Selon Mamadou Oumou Ka, responsable du consensus au sein de la commission de concertation, ces équipements ont accompagné le relogement des habitants du village de Kinine Alassane, dans la commune de Thièp (département de Kébémer). « Toutes les étapes ont fait l’objet de discussions et de consultations avant chaque prise de décision », témoigne-t-il, précisant qu'à ce jour, « le seul élément restant à finaliser est la piste d’accès au village ».
Un demi-hectare équipé pour chaque ménage
La réinstallation intègre également la reconstitution du potentiel économique des foyers. Dans ce cadre, chaque ménage bénéficie de 0,5 hectare de terres agricoles de remplacement, entièrement équipé d’un système de mini-forage et d’un kit solaire, selon Ibrahima Diop. L’objectif est d'assurer aux populations une activité agropastorale viable et pérenne.
Le dispositif suscite la satisfaction de plusieurs bénéficiaires. Moussa Ba, chef du hameau de Keur Moussa Aliou, estime que les parcelles attribuées sont de « très bonne qualité », saluant la présence des installations solaires et des forages : « Tout ce qui a été annoncé au début du projet a été respecté et mis en œuvre conformément aux engagements pris », assure-t-il.
3,5 milliards de FCFA mobilisés en trois ans
Entre 2024 et 2026, près de 3,5 milliards de FCFA ont été dégagés par Eramet Grande Côte pour financer l'ensemble des opérations. Selon le préfet Ousseynou Mbaye, cette enveloppe couvre la construction des logements, l’acquisition des terres et le rétablissement des moyens de subsistance. L’autorité administrative insiste sur la vigilance de l'État : « L’État est toujours aux côtés des populations. Nous veillons à ce que les engagements de GCO soient scrupuleusement respectés. »
Deux commissions mixtes assurent le suivi permanent du transfert des populations. Le principe directeur, rappelle le préfet, est que lorsqu’une communauté est déplacée, « tout ce qui constituait son cadre de vie quotidien doit être intégralement restauré ».
Des inquiétudes initiales aux témoignages de satisfaction
Pour plusieurs communautés, l’adhésion au projet de déplacement n’a pas été immédiate. Amadou Ba, imam de Caram Peulh, se remémore les doutes légitimes du début : « Lorsque l’on a vécu pendant plus de cent ans dans un hameau et qu’un jour on vous annonce votre déplacement vers un nouveau site avec de nouvelles commodités, il est naturel d’avoir des appréhensions », confie-t-il.
Après l'installation effective, le sentiment a évolué. « Nous avons constaté que les conditions de vie offertes ici sont bien meilleures que celles que nous avions auparavant », affirme l'autorité religieuse.
La promesse d’une « mine responsable »
Pour Marianne Ngom, directrice du Développement durable de GCO, ces réalisations concrétisent une vision industrielle globale : « Ces résultats illustrent notre engagement à faire des sites de réinstallation des terroirs durables, impulsés par une mine responsable », souligne-t-elle.
L’entreprise met en avant son alignement sur les plus hauts standards internationaux, rappelant avoir obtenu en février dernier le score IRMA 50, référence mondiale en matière d'exploitation minière responsable.
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