Présidentielle française, rien n’est joué !
Angoisse Malgré tous ces facteurs qui semblent paver le chemin à l’extrême droite, rien n’est assuré en termes de victoire. Les plus suspicieux évoquent l’exemple d’Edouard Balladur, alors Premier ministre avant la présidentielle de 1995. Le samedi noir du 17 octobre, celui sous haute tension du 24, le crime raciste et terroriste de la […]
**Angoisse **
Malgré tous ces facteurs qui semblent paver le chemin à l’extrême droite, rien n’est assuré en termes de victoire. Les plus suspicieux évoquent l’exemple d’Edouard Balladur, alors Premier ministre avant la présidentielle de 1995.
Le samedi noir du 17 octobre, celui sous haute tension du 24, le crime raciste et terroriste de la ville de Trappes, autant d’événements qui pourraient laisser entendre que le match de la présidentielle française est définitivement plié.
Cette conviction est en train de s’installer dans l’opinion aidée par une fournée de sondages qui montrent dans les cas une provocante domination de Marine Le Pen, icône de l’extrême droite. Dans ces mêmes sondages, même les scandaleuses accusations d’antisémitisme adressées à l’autre chef de l’extrême droite Jordan Bardella semblent glisser sur lui sans aucune influence. Il vient d’ailleurs d’être réélu à la tête du Rassemblement National avec un score digne de la grande période soviétique. Et pourtant malgré tous ces facteurs qui semblent paver le chemin à l’extrême droite, rien n’est assuré en termes de victoire. Les plus suspicieux évoquent l’exemple d’Edouard Balladur, alors Premier ministre avant la présidentielle de 1995. Tous les sondages le donnaient vainqueur de cette élection avant que Jacques Chirac ne le démente et prenne triomphalement l’Élysée.
Les conditions de 2027 sont certes différentes de 1995. Le spectre politique est aujourd’hui plus clivé entre une extrême droite remontée à bloc par les déceptions et les amertumes et une gauche radicale emmenée par Jean-Luc Mélenchon qui croit son heure arrivée pour accéder au pouvoir. Mais la certitude des sondages est à questionner avec la même pertinence. La photo de l’opinion qui se dessine aujourd’hui ne sera pas forcément la même dans six mois, au moment où les Français doivent faire des choix décisifs pour leur avenir.
L’extrême droite, aujourd’hui si près du pouvoir, est aujourd’hui questionnée sur trois niveaux qui vont participer à fabriquer les choix des Français. Le premier est le niveau économique. Lors de la présentation du contre-budget propre au Rassemblement National, il est apparu que le grand choix distinctif était de faire le maximum d’économie dans les dépenses. D’ailleurs avec les autres offres politiques concurrentes a émergé une compétition entre celui qui brasse le plus grand chiffre d’économie à faire.
Marine Le Pen a battu tous les records. Or les Français s’interrogent: où le RN au gouvernement va-t-il compenser ces économies si ce n’est en augmentant les impôts et en procédant à une restriction drastique dans les dépenses publiques ? Le pouvoir d’achat des Français, la qualité de leurs niveaux de vie, notamment les plus fragiles, va être lourdement impacté.
Le second niveau qui angoisse est celui du traitement sécuritaire des mouvements sociaux. Même sans le dire publiquement, de nombreux commentateurs avaient cette interrogation en tête : qu’aurait fait un gouvernement d’extrême droite pour gérer une situation aussi critique que celles vécues par les Français les 17 et 24 octobre ? Il paraît clair que le bilan, dans ses scénarios les plus optimistes, ne se serait pas limité à des arrestations et des traductions en justice avec tout ce que cela entraîne comme dynamique de violences et de contre violence.
Le troisième niveau d’angoisse nationale est à trouver dans les menaces qui pèseront sur le vivre ensemble républicain dans le cas où l’extrême droite s’empare des manettes du pouvoir. Marine Le Pen et son équipe ont une vision très communautaire des politiques publiques. La préférence ou la priorité nationale n’est plus ni moins qu’une démarche visant à institutionnaliser la xénophobie et l’ exclusion et la suspicion de tout ce qui n’est pas français de souche.
Ces trois niveaux d’inquiétudes et d’interrogations peuvent très bien agir comme facteur dissuasif pour les enthousiastes de dernière minute. Il est vrai que le socle électoral de Marine Le Pen ne bougera pas malgré toutes les tentatives de diabolisation opérées par les oppositions à l’égard du Rassemblement National. Il est tout aussi vrai que pour que Marine Le Pen puisse devenir la future présidente de la République et succéder à Emmanuel Macron, elle lui faut séduire 51% pour cent des Français. Et c’est la l’angoissante perspective de la voir à l’Elysée avec les faillites économiques, sécuritaires et sociétales annoncées qui peuvent agir et dissuader. Ce scénario a bien été compris par la gauche dite de gouvernement, la droite républicaine et les forces du centre qui se démènent pour faire éviter une finale Le Pen/ Mélenchon. Avec cette idée simple et véridique : n’importe qui contre Le Pen en dehors de Mélenchon peut l’emporter. Et n’importe qui contre Mélenchon en dehors de Le Pen peut l’emporter.
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About this article
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- 770 words · 4 min read
- Published
- October 30, 2026
- Byline
- Mustapha Tossa
- Source
- Aujourd'hui