Siré Goudiaby tuée par balle au cours d’un « leul » : Le tireur présumé arrêté par la SR de Ziguinchor après 23 ans de cavale
Vingt-trois années après les faits, la section de recherches (SR) de Ziguinchor a mis la main sur Y. Sané, mis en cause dans la mort accidentelle par balle de Siré Goudiaby, une jeune fille de 17 ans, nièce d’un actuel député. L’affaire, restée irrésolue depuis septembre 2003, s’était nouée lors d’une cérémonie initiatique organisée au village de Mandégane.
Tout commence au courant de l’année 2003. L’Association des jeunes du village de Mandégane organise une cérémonie rituelle appelée « leul », traditionnellement dédiée aux jeunes filles. À cette occasion, l’usage d'armes à feu est formellement interdit par les organisateurs. Y. Sané ne respecte cependant pas cette consigne et se présente à la cérémonie avec son fusil de chasse. Au cours de l’événement, un coup de feu est tiré accidentellement et atteint à bout portant la jeune Siré Goudiaby, alors âgée de 17 ans, qui décède sur le coup selon des sources de Seneweb.
Face au drame, Y. Sané prend la fuite. Il se réfugie d’abord en Guinée-Bissau, où il passe environ cinq années à l’abri des recherches. Il finit par franchir la frontière sénégalaise. Il séjourne d’abord à Boutoupa Camaracounda, avant de s’installer à Kolda. Après une longue errance, il finit par revenir se loger chez ses parents, au village de Baghagha, dans la commune rurale de Tobor.
C’est dans cette localité qu'il sera localisé par les enquêteurs, plus de deux décennies après les faits. Les éléments de la SR de Ziguinchor infiltrent le village pendant plus de vingt-quatre heures. Cette opération de surveillance et de renseignement finit par porter ses fruits, puisque Y. Sané est interpellé dans une taverne du village.
Face aux enquêteurs, il reconnaît les faits sans détour et déclare avoir tiré par inadvertance, confirmant ainsi le caractère accidentel du coup de feu qui avait coûté la vie à Siré Goudiaby vingt-trois ans plus tôt.
Le 27 août 2026, le chef de la SR de Ziguinchor, le commandant Diouck, se rend avec ses éléments et le suspect Y. Sané à Mandégane, théâtre du drame survenu en septembre 2003, escorté par deux pelotons de l’escadron de sécurité et d’intervention (ESI) de Bignona. Ils procèdent à l’audition d’une dizaine de personnes susceptibles d’apporter des éléments utiles à la manifestation de la vérité.
Une reconstitution des faits est ensuite organisée là où le drame s’est produit en 2003, en présence de témoins oculaires de l’époque, du chef de village ainsi que de plusieurs notables de Mandégane.
À l'issue, le suspect sera présenté le lundi 31 août au procureur Abdou Khadre Diop, chef du parquet de Ziguinchor, qui décidera de la suite à donner à cette affaire vieille de vingt-trois ans. Y. Sané est poursuivi pour homicide involontaire.
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