
Au-delà des batailles du pouvoir, le peuple Depuis plusieurs mois, notre débat public est largement absorbé par ce qui se joue au sommet: rapports entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, tensions entre l’exécutif et le parlement, débats institutionnels, recours devant le Conseil constitutionnel, notamment autour des fonds spéciaux, ping pong autour de la date de la déclaration de politique générale, positionnements pour 2029, incertitudes autour des élections locales de 2027 e
Au-delà des batailles du pouvoir, le peuple
Depuis plusieurs mois, notre débat public est largement absorbé par ce qui se joue au sommet: rapports entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, tensions entre l’exécutif et le parlement, débats institutionnels, recours devant le Conseil constitutionnel, notamment autour des fonds spéciaux, ping pong autour de la date de la déclaration de politique générale, positionnements pour 2029, incertitudes autour des élections locales de 2027 et exigences de l’opposition sur le respect du calendrier électoral.
Tout cela est légitime dans une démocratie. Mais une question essentielle demeure : pendant que les acteurs politiques se querellent au sommet, qui se préoccupe du peuple ? Car le débat politique semble parfois oublier ceux qui constituent pourtant le cœur même de la démocratie : les Sénégalais.
Ce peuple qui vote et élit. Ce peuple à qui, hier encore, on demandait de croire, d’espérer et de faire confiance. C’est à ce Sénégal-là que l’on présente un programme. C’est à lui que l’on promet le changement. C’est son suffrage que l’on sollicite pour accéder aux responsabilités. Et une fois l’élection passée, ce Sénégal ne disparaît pas. Bien au contraire, il demeure le détenteur de la légitimité. Il demeure celui qui attend que les engagements deviennent des actes. Or, pendant que le débat politique se concentre sur les rapports de force, les positions et les prochaines échéances, le Sénégalais continue de vivre avec ses préoccupations
Pendant que certains ont déjà les yeux tournés vers 2027 et 2029, le peuple, lui, essaie simplement de tenir jusqu’à la fin de 2026. La vie devient de plus en plus chère. L’accès aux soins reste une préoccupation quotidienne. Le chômage prive encore trop de familles de revenus et de perspectives. Et pour beaucoup, chaque fin de mois devient un véritable combat. Le peuple ne demande pas qu’on lui fasse encore des promesses pour 2027 et 2029. Il demande qu’on améliore 2026. C’est précisément ici que le contrat politique prend tout son sens. Un programme n’est pas un simple document de campagne. Une promesse publique engage. Et un mandat n’est pas une récompense : c’est un dépôt de confiance.
Cette confiance oblige à écouter, à rendre compte et surtout à agir.
Oui, parlons des institutions. Oui, parlons de la DPG, des locales de 2027 et de la présidentielle de 2029. Mais posons surtout la question essentielle : Dans quel état voulons-nous retrouver le Sénégal en 2029 ? Avec quelle jeunesse ? Quels emplois ? Quel pouvoir d’achat ? Quels services publics ? Quelle sécurité ? Quelle confiance dans la parole publique ? Quelle espérance ? C’est cette question principale qui doit retrouver sa place au cœur du débat national.
Et c’est précisément dans ces moments que l’esprit Guelwaar prend tout son sens. Être Guelwaar, ce n’est pas seulement porter un nom, une histoire ou une identité. C’est une manière de concevoir l’engagement public. C’est rester libre lorsque les camps se forment, rester debout lorsque les vents politiques changent, et surtout garder une conviction intacte : notre camp, c’est le peuple. Lorsque les regards se tournent vers le sommet, l’esprit Guelwaar
nous rappelle de regarder vers la base. Lorsque les politiques se demandent qui soutient qui, nous devons poser une autre question : Qui soutient encore ceux qui souffrent ? Lorsque certains préparent déjà 2027 et 2029, l’esprit Guelwaar nous rappelle une évidence : le Sénégalais doit pouvoir vivre dignement en 2026. La proximité avec les populations ne peut pas être une stratégie électorale, c’est une responsabilité.
Car gouverner un pays, ce n’est pas seulement gérer des institutions, arbitrer des rapports de force ou préparer les prochaines échéances. Gouverner, c’est répondre à ceux qui vous ont confié leur avenir. Le peuple observe, écoute, compare, et surtout, le peuple attend. Le Sénégal ne mérite pas une politique qui se souvient de lui uniquement au moment de solliciter son vote. Il mérite une politique qui se souvient de lui chaque jour. C’est peut-être cela, au fond, le véritable esprit Guelwaar : ne jamais perdre le peuple de vue.
Bocar LY
Coordonnateur régional FDS Les Guelwaars – Dakar
Adjoint au maire de Rufisque-Est
Section:
libreparole