Selon les prévisions météorologiques, les JOJ à Dakar sont-ils menacés par les inondations ?

AI summary
Les images de rues transformées en rivières et de quartiers submergés, qui ont de nouveau circulé ce mardi à Dakar, relancent une question sensible à l'approche d'un rendez-vous historique : le Sénégal sera-t-il prêt à accueillir, dans un peu plus d'un mois et demi, les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) jamais organisés sur le continent africain ? Prévue du 31 octobre au 13 novembre 2026, répartie entre Dakar, Diamniadio et Saly, cette compétition doit rassembler environ 2 700 jeunes athlètes venus du monde entier autour de 25 sports et 153 épreuves. Un événement d'ampleur qui se prépare, cette année encore, sous une pluie battante. Les inondations enregistrées cette semaine ne sont pas un accident isolé. Elles font suite à une alerte de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie, qui avait annoncé l'arrivée d'un système pluvio-orageux actif actif touchant plusieurs régions du pays, notamment Dakar, Saint-Louis, Thiès, Mbour et les îles du Sine-Saloum. Selon le bulletin de l'agence couvrant la période du lundi 14 au mardi 15 septembre, les précipitations, accompagnées d'orages, devaient s'étendre progressivement du Sud-Est vers le Centre puis l'Ouest du pays, avec des pluies appelées à se poursuivre jusqu'à samedi. Une situation qui a immédiatement ravivé les interrogations sur la capacité de la capitale sénégalaise à absorber de fortes pluies, notamment autour d'infrastructures sportives directement concernées par les JOJ, à l'image du complexe Iba Mar Diop, dont les accès et les réseaux environnants restent vulnérables même lorsque l'enceinte elle-même n'est pas endommagée. Les transports, en particulier le BRT et les axes reliant les sites de compétition, d'hébergement et d'accueil, constituent un autre point de vigilance identifié, ces liaisons devant impérativement rester fonctionnelles en cas d'intempéries pour éviter toute perturbation du déroulement des Jeux. Conscientes de ce risque, les autorités sénégalaises n'ont pas attendu les derniers épisodes pluvieux pour agir. Dès le 3 juillet, alors que plusieurs pays voisins comme le Ghana et la Côte d'Ivoire enregistraient déjà d'importants dégâts liés à l'hivernage 2023, le chef du gouvernement avait présidé une réunion interministérielle consacrée à l'anticipation et à la maîtrise des inondations, débouchant sur la mise en place d'une task force spécifiquement chargée de sécuriser les infrastructures des JOJ face aux risques climatiques. Cette mobilisation s'appuie par ailleurs sur les enseignements tirés de la saison précédente : en 2025, plus de 10 millions de mètres cubes d'eau avaient été pompés sur l'ensemble du territoire, avec le curage de près de 600 kilomètres de réseaux d'assainissement et la mobilisation de 210 camions hydrocureurs en prévision de la campagne 2026. Sur le plan strictement météorologique, le calendrier joue toutefois plutôt en faveur des organisateurs. Dans sa dernière mise à jour saisonnière, l'ANACIM anticipe pour le mois de septembre une situation normale à déficitaire sur une bonne partie du pays, avec un risque plus marqué sur les localités du Nord et du Centre, avant un mois d'octobre annoncé comme plutôt normal à excédentaire, avec un signal humide plus net vers l'Est et le Sud-Est du pays, des zones éloignées des sites olympiques. Cette tendance suggère que le pic de l'hivernage, traditionnellement concentré entre juillet et septembre, devrait s'être largement estompé au moment de l'ouverture des Jeux, fin octobre, même si l'agence elle-même invite à la prudence face à la possibilité d'épisodes de fortes à très fortes pluies ponctuelles, y compris en dehors du pic saisonnier. Reste que l'expérience récente du pays incite à ne pas relâcher la vigilance. En septembre 2024, de fortes pluies avaient provoqué l'inondation d'environ 4 900 maisons à travers le territoire national, dont 350 à Dakar et 235 à Guédiawaye, nécessitant l'activation de plusieurs dizaines de sites de pompage et perturbant durablement la circulation sur de nombreux axes routiers. Un scénario que les organisateurs des
JOJ
entendent précisément éviter, en misant sur les travaux d'assainissement menés en amont et sur la task force dédiée, pour que les records pluviométriques de l'hivernage ne viennent pas, au dernier moment, perturber la tenue du premier événement olympique jamais organisé sur le sol africain.
Follow the story
About this article
- Length
- 667 words · 3 min read
- Published
- September 15, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews