Pouvoir d’achat : le long calvaire des ménages ?
La nouvelle hausse des carburants, tombée a partir de minuit, ne frappe pas un budget intact. Elle s’ajoute à une longue série d’augmentations qui, depuis le début de 2026, pèsent simultanément sur les ménages mauriciens. Et c’est précisément cette accumulation, plus que chaque hausse prise isolément, qui étrangle les fins de mois.
Le carburant, une ligne parmi d’autres
L’essence est passée de Rs 58,45 en mars à Rs 77,70 aujourd’hui, le diesel de Rs 58,95 à Rs 78,35. Pour un automobiliste consommant 50 litres par mois, la seule facture d’essence s’est alourdie de plusieurs centaines de roupies. Mais le carburant n’est que le poste le plus visible d’une hausse générale.
Le tableau, dressé à partir des données de Statistics Mauritius et des tarifs officiels, est éloquent. La bonbonne de gaz de 12 kg est passée de Rs 190 à Rs 250 en mars, soit près de 32 % de plus. Le pain maison réglementé de 100 g a bondi de Rs 2,60 à Rs 3,90 en avril — une hausse de 50 %. L’électricité, elle, a vu ses tarifs domestiques révisés depuis le 1er mai, une augmentation que Statistics Mauritius identifie comme ayant directement contribué à la progression des prix au deuxième trimestre.
Télécoms, assurances, crédit : la pression s’étend
La liste ne s’arrête pas à l’essentiel. Certains forfaits résidentiels de my.t ont augmenté de Rs 25. Du côté des assurances automobiles, les primes auraient déjà progressé de 20 à 30 % au 1er janvier 2026 pour certains contrats, et une nouvelle taxe de 5 % sur les assurances, annoncée au Budget, doit encore être répercutée. Enfin, le maintien du taux directeur à 4,75 % pèse sur les prêts à taux variable — les intérêts sur les prêts immobiliers figurant, eux aussi, parmi les facteurs de hausse relevés par Statistics Mauritius.
Une inflation qui s’accélère
Ces hausses ne sont pas qu’une impression. Sur les douze mois à juin 2026, l’inflation atteint 4,1 %, contre 2,9 % un an plus tôt. L’indice des prix à la consommation a progressé de 2,4 % sur le seul deuxième trimestre. Derrière ces pourcentages, une réalité concrète : le même panier, la même facture d’électricité, le même plein coûtent aujourd’hui sensiblement plus cher qu’il y a un an.
Face à la pression sur les carburants, le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, invoque des facteurs internationaux et défend la fiscalité en place. Retirer certaines taxes, met-il en garde selon des propos rapportés par la presse, aurait un coût ailleurs : fin du transport gratuit pour étudiants et personnes âgées, riz ration passant de Rs 56 à Rs 150, bonbonne de gaz de Rs 250 à Rs 600. Le gouvernement souligne par ailleurs avoir maintenu des prix réglementés sur le riz et la farine, et étendu, depuis juillet, un mécanisme de subvention à plusieurs produits essentiels. Tout n’a donc pas augmenté, mais l’essentiel du budget quotidien, lui, s’est alourdi.
La question qui reste posée
Car c’est l’addition qui compte. Une famille ne subit pas la hausse du carburant, puis celle du gaz, puis celle du pain de façon séparée : elle les absorbe toutes en même temps, sur un revenu qui, lui, n’a pas progressé de 4 %. Combien de salaires ont suivi cette courbe ? Combien de petites entreprises peuvent répercuter chaque hausse de coût sans perdre leurs clients ? À force de demander aux mêmes ménages d’« ajuster leur budget » à chaque nouvelle augmentation, une limite finit par se poser, celle du pouvoir d’achat réel des Mauriciens.
The post Pouvoir d’achat : le long calvaire des ménages ? appeared first on IONNEWS.
Follow the story
About this article
- Length
- 600 words · 3 min read
- Published
- September 29, 2026
- Byline
- ion
- Source
- IONNEWS