Du plateau de la BBC à la solitude absolue : Mystère autour du décès de la journaliste Dora Eboa à la Médina
Le 31 août dernier, les habitants de la Médina ont fait la macabre découverte du corps sans vie d'une ressortissante camerounaise. Retrouvée en état de décomposition avancée trois jours après son décès, la dépouille plonge toute la communauté camerounaise de Dakar dans l'émoi. Journaliste de profession, la défunte menait une vie en marge de la société, marquée par une longue disparition avant une brève réapparition. Une fin tragique qui soulève autant d'émotions que d'interrogations autour de celle que l’on identifiait comme Dora Eboa.
Dorothée Temou Eboa, plus connue sous le nom de Dora Eboa, était l’un des visages marquants du journalisme camerounais. Ancienne figure de Balafon Radio puis de Spectrum Television (STV), elle s’était imposée auprès du grand public à travers des émissions phares telles que « 7 Hebdo » et « Entretien avec… ». En 2015, elle accède même à la direction de l’information de STV avant de quitter la chaîne quelques mois plus tard, renseignent des confrères camerounais. Sa carrière la conduira ensuite jusqu’à Dakar, où elle rejoint l'équipe de BBC Afrique en qualité de journaliste-présentatrice. C’est dans la capitale sénégalaise que sa lumière médiatique s’éteindra progressivement, avant que le contact avec ses proches ne se rompe définitivement.
Pendant près de dix ans, le silence de Dora Eboa a pesé lourdement sur sa famille. Depuis 2015, l'animatrice ne donnait plus aucun signe de vie. En août 2021, son frère lance un premier avis de recherche. En novembre 2024, sa mère, désemparée, renouvelle son appel au secours. La mobilisation gagne alors les réseaux sociaux et les chancelleries diplomatiques, jusqu'au dénouement tant espéré en mars 2025 : Dora Eboa est retrouvée saine et sauve à Dakar. Si sa réapparition apporte un immense soulagement à sa famille — sa mère ayant même fait le voyage pour tenter de la ramener au Cameroun, en vain —, elle ne lève pas le voile sur ces longues années d’absence et de rupture sociale.
Mais le répit aura été de courte durée. D’après les informations recueillies, Dora Eboa vivait recluse dans une chambre d’un appartement F3 à la Médina. Elle y menait une existence particulièrement discrète, ne recevant quasiment aucune visite. C'est dans ce logement que son corps sans vie a été découvert le 31 août 2026, trois jours après son décès.
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