Paludisme : même après la guérison, des séquelles peuvent affecter les enfants
Le paludisme : des séquelles cognitives peuvent survenir chez les enfants guéris. Lisez l'histoire de James Ssemambo. L’article Paludisme : même après la guérison, des séquelles peuvent affecter les enfants est apparu en premier sur 24 Heure Info | Actualité au Togo et dans le monde .
La guérison du paludisme ne signifie pas toujours la fin des difficultés. Des recherches menées en Ouganda montrent que les enfants ayant survécu à des formes graves de la maladie peuvent présenter, plusieurs années après, des difficultés cognitives et scolaires. Un constat qui souligne l’importance de la prévention et du suivi après la maladie.
Le paludisme peut laisser des conséquences bien au-delà de l’épisode aigu. En Ouganda, l’histoire de James Ssemambo, un garçon de 9 ans ayant souffert d’un paludisme grave, illustre les difficultés auxquelles certaines familles sont confrontées après la guérison.
Originaire de Kitosi, dans le sous-comté de Koome, district de Mukono, l’enfant a été hospitalisé pendant plusieurs jours. Sa mère, Sarah Nankya, a dû interrompre son travail pour rester à ses côtés, tout en assumant les frais supplémentaires liés au transport, aux soins et à l’alimentation.
De retour à la maison, James n’a pas immédiatement retrouvé toutes ses capacités. Il a manqué l’école pendant plus d’une semaine et continuait à ressentir une faiblesse, accompagnée de difficultés de concentration dans ses activités scolaires.
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« Mon enfant a manqué l’école pendant plus d’une semaine à cause de la maladie. Même après son retour, il était encore faible et avait parfois du mal à se concentrer sur son travail scolaire », témoigne sa mère.
Des conséquences qui peuvent durer plusieurs années
Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique a concentré 94 % des cas de paludisme et 95 % des décès liés à cette maladie dans le monde en 2024. Les enfants de moins de cinq ans représentaient les trois quarts des décès dus au paludisme dans la région.
Au-delà de la mortalité, des études scientifiques mettent en évidence les conséquences possibles des formes graves de la maladie sur le développement des enfants.
Le Dr Paul Bangirana, chercheur à l’Université Makerere, en Ouganda, étudie depuis plus de vingt ans les conséquences neuropsychologiques du paludisme infantile. Ses travaux antérieurs avaient notamment révélé qu’environ un enfant sur quatre ayant survécu à un paludisme cérébral présentait une altération des fonctions cognitives 24 mois après la maladie.
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Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique JAMA, à laquelle il a contribué, a suivi 889 participants. Les résultats indiquent que les personnes ayant survécu, durant leur enfance, à un paludisme cérébral ou à une anémie palustre sévère présentaient, quatre à quinze ans plus tard, des performances globales cognitives et des résultats en mathématiques inférieurs à ceux d’enfants non touchés de leur communauté.
En revanche, l’étude n’a pas relevé de différences significatives dans les résultats en lecture ou les scores d’attention.
Pour Paul Bangirana, ces résultats rappellent que la survie ne suffit pas à mesurer toutes les conséquences d’un épisode grave de paludisme. Les recherches de son équipe associent également cette maladie à des difficultés comportementales, à des problèmes de santé mentale et à une dégradation possible de la qualité de vie.
Les familles également touchées
Les répercussions du paludisme dépassent le seul cadre médical. Les parents doivent parfois interrompre leurs activités professionnelles, mobiliser des ressources supplémentaires et réorganiser leur vie familiale pour accompagner les enfants malades.
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Des entretiens menés auprès de personnes s’occupant d’enfants ayant connu des épisodes graves ou répétés de paludisme ont mis en évidence des difficultés scolaires, des changements de comportement et des tensions familiales. Les témoignages font aussi état d’un sentiment d’impuissance et de difficultés à concilier les responsabilités professionnelles et familiales.
Sarah Nankya explique vivre dans la crainte d’une nouvelle aggravation de l’état de santé de son enfant. Les épisodes répétés de la maladie affectent ainsi non seulement le bien-être de James, mais aussi les revenus et l’organisation de l’ensemble du foyer.
La prévention reste essentielle
Face à ces conséquences, les interventions de lutte contre le paludisme demeurent indispensables. Les moustiquaires imprégnées d’insecticide, les médicaments et les vaccins contribuent à prévenir les infections et à réduire le risque de formes graves.
Cependant, la résistance aux médicaments et aux insecticides représente toujours un défi pour les programmes de lutte contre la maladie. La recherche de nouvelles approches constitue donc un axe complémentaire aux moyens de prévention existants.
C’est dans cette perspective que s’inscrivent les travaux de Target Malaria, un consortium de recherche à but non lucratif qui étudie notamment des technologies génétiques susceptibles de réduire les populations de certains moustiques vecteurs du paludisme.
La technologie de l’impulsion génétique, ou gene drive, reste en développement. Selon les informations communiquées par le consortium, les recherches concernées se poursuivent en laboratoire, dans des conditions confinées, sous contrôle réglementaire et avec une démarche d’engagement des communautés.
Protéger les enfants au-delà de l’épisode de maladie
Pour les chercheurs, mieux comprendre les conséquences à long terme du paludisme permet d’élargir l’approche de la lutte contre cette maladie. Il ne s’agit pas seulement d’éviter les infections et les décès, mais aussi de limiter les séquelles susceptibles d’affecter les apprentissages, le comportement et la qualité de vie.
L’expérience de James Ssemambo illustre ainsi les difficultés qui peuvent persister après le retour à la maison. Elle rappelle l’importance de la prévention, mais aussi de l’attention portée aux enfants après une forme grave de paludisme.
Alors que les pays africains poursuivent leurs efforts pour éliminer la maladie, la protection des enfants implique également de mieux prendre en compte les conséquences qui peuvent se manifester longtemps après la guérison.
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- 978 words · 5 min read
- Published
- October 27, 2026
- Byline
- Fall Alexine
- Source
- 24 Heure Info