
La solidarité confraternelle s'organise autour de Babacar Fall. Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne a apporté son soutien à l'animateur de « RFM Matin », visé depuis jeudi matin par une vague d'insultes et de menaces de mort après son entretien avec Serigne Abou Sy. « J'exprime ma solidarité à mon confrère Babacar Fall de GFM, une valeur sûre des médias au Sénégal, pris à partie par des fanatiques religieux. Babacar Fall n'a fait que tendre son micro à un acteur légitime pour se prononcer sur des questions le concernant », a posté sur X le directeur du Groupe France-Sénégal Horizons. Les menaces contre Babacar Fall font suite à la diffusion, mercredi 26 août, d'une émission au cours de laquelle il recevait Serigne Abou Sy, fils du regretté Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum. L'entretien intervenait au lendemain d'une sortie très commentée de Serigne Moustapha Sy lors du Gamou du Champ de courses, où le responsable moral des Moustarchidines avait révélé avoir reçu le président Bassirou Diomaye Faye tout en écartant Ousmane Sonko. Face à Babacar Fall, Serigne Abou Sy avait annoncé une plainte de la famille contre Serigne Moustapha Sy, allant jusqu'à affirmer que l'organisation du Gamou aurait été financée par la présidence, et que Serigne Moustapha Sy n'aurait plus vu son père depuis 2012. Des propos qui ont ravivé une guerre de succession déjà ancienne au sein de la famille Sy, et suscité une vague de réactions hostiles contre le journaliste — au point qu'il se dise aujourd'hui « la cible » d'insultes et de menaces de mort. En qualifiant les auteurs de ces menaces de « fanatiques religieux »,
Madiambal Diagne
pose un diagnostic tranché sur la nature des attaques : selon lui, ce n'est pas le journaliste qui est visé pour ses propres propos, mais bien le simple fait d'avoir donné la parole à un membre de la famille Sy sur un sujet qui, rappelle-t-il, le concerne légitimement. En qualifiant Serigne Abou Sy d'« acteur légitime », Madiambal Diagne défend ainsi le principe même du contradictoire journalistique, déjà mis à mal cette même semaine lorsque la Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty avait reproché à Babacar Fall d'avoir refusé un droit de réplique dans une précédente émission consacrée aux mêmes tensions familiales.