Conakry : un « faux policier » condamné pour s’être introduit à la Primature
Le procès de Sékou Kourouma, poursuivi pour usurpation de titre, a pris fin ce mardi, 27 octobre 2026, devant le tribunal de première instance de Kaloum. Cet enseignant de profession, qui se serait fait passer pour un policier pour accéder aux locaux de la Primature, a été déclaré coupable des faits mis à sa charge. Pour la répression, il a été condamné à un an de prison avec sursis et le paiement d’une amende de 2 millions de francs guinéens, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Avant la prise de cette décision par le tribunal, une discussion tendue a eu lieu entre le conseil de la défense et le ministère public représenté par Faya Réné Ouendeno. Ce dernier avait demandé au tribunal de renvoyer l’affaire à une semaine afin d’entendre le témoignage de l’agent qui a vécu les faits au moment de l’interpellation du prévenu. Le parquetier a estimé que le témoignage de cet agent qui travaille à la Primature et qui a vécu les faits, qui a instrumenté le dossier, va beaucoup éclairer la religion du tribunal dans cette procédure.
Cependant, l’avocat du prévenu s’est opposé systématiquement à cette demande. Il a fait remarquer au tribunal que son client est en » détention préventive prolongée, il est malade et respire difficilement.
Vu tous ces aspects, il demande au tribunal de lui accorder une liberté provisoire, au cas où la juridiction déciderait de renvoyer l’affaire à une autre date.
Au terme de ces différentes interventions, le tribunal a rejeté cette demande du ministère public et a ordonné la poursuite des débats. Aussitôt, la phase des réquisitions et plaidoiries a été abordée.
Dans cet exercice, le ministère public a soutenu mordicus que le fait d’usurpation de titre est imputable à l’encontre du prévenu Sékou Kourouma.
« L’agent pénal a été interpellé, auditionné par les agents de la police judiciaire pour usurpation de titre. Sékou Kourouma se faisait passer pour un agent de renseignement. Il a nié les faits. Il est versé au dossier que ce jour il était habillé en uniforme policier. Il a nié les faits en disant que cela est le fruit de l’intelligence artificielle. Et ce n’est pas sa première fois. Ce jour, il disait qu’il a une information urgente à donner. Les faits ainsi décrits sont imputables à Sékou Kourouma. Lui-même il a dit qu’il a l’habitude d’accéder à ces locaux sans qu’il ne fasse l’objet d’un contrôle. Nous vous demandons de le retenir dans les liens de la prévention d’usurpation de titre. Pour la répression, vous le condamnerez à un an avec 8 mois assortis de sursis », a-t-il requis.
De son côté, la défense a plaidé non coupable, estimant qu’aucune preuve n’a été exhibée par le ministère public pour étayer les accusations articulées contre le prévenu.
« Vu l’absence des preuves tangibles contre Sékou Kourouma, nous vous demandons de faire application de l’article 544 du code de procédure pénale en le renvoyant des fins de la poursuite. Si toutefois vous rentrez en condamnation, vous le condamnerez avec sursis. Et je vous demande de statuer sur siège pour que Sékou Kourouma puisse retrouver sa famille », a plaidé la défense.
En prononçant son dernier mot de défense devant le tribunal, le prévenu a insisté sur son innocence dans cette affaire.
« Je n’ai jamais porté une tenue policière. Ça fait 15 jours, je suis là, ma famille ne mange pas », a-t-il dit.
En statuant sur siège, le tribunal a déclaré Sékou Kourouma coupable des faits mis à sa charge et l’a condamné à un an avec sursis et le paiement d’une amende de 2 millions de francs guinéens.
Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com
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- 632 words · 3 min read
- Published
- October 28, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com