Santé publique en Guinée : la Fondation Orange et ses partenaires lancent le « Programme Santé 3.0 » pour une couverture sanitaire de proximité
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Un tournant majeur vient d’être franchi dans le renforcement du système de santé communautaire en Guinée. Ce mercredi, 7 octobre 2026, la Fondation Orange Guinée, en synergie avec le Ministère de la santé et celui de la famille, ainsi qu’un vaste réseau de partenaires internationaux et de la société civile, a officiellement lancé le Programme Santé 3.0. Ce projet d’envergure, conçu pour une durée initiale de trois ans, vise à rapprocher durablement les soins de santé essentiels des populations les plus vulnérables à travers tout le territoire national, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Le programme Santé 3.0 ne se contente pas d’adresser une seule pathologie, mais adopte une approche intégrée et multi-pathologique. Il couvre un large éventail d’enjeux de santé publique majeurs : maladies non transmissibles (dépistage et prise en charge de l’hypertension artérielle et du diabète) ; pathologies spécifiques (prise en charge des affections ORL et prévention du cancer du col de l’utérus) ; maladies infectieuses et santé reproductive (lutte contre le paludisme, promotion de la santé sexuelle et du planning familial).
Pour répondre à ces défis, le programme repose sur un triptyque stratégique : la formation renforcée des agents de santé et relais communautaires, le déploiement de caravanes médicales mobiles, et des campagnes de sensibilisation continue. Le programme mise également sur le numérique et la digitalisation pour optimiser le suivi des patients, renforcer la collecte des données sanitaires et améliorer la continuité des soins sur le terrain.
Ousmane Boli Traoré, Président du Conseil d’Administration de la Fondation Orange Guinée, salue la démarche de co-construction établie autour de ce programme.
Ousmane Boli Traoré, Président du Conseil d’Administration de la Fondation Orange Guinée
« Fruit d’une co-construction, il est la preuve de la nécessité d’adopter une démarche de complémentarité dans le partenariat, à l’heure où la santé est en train de subir une baisse des ressources financières… Il confirme la nécessité de pouvoir adresser ensemble, dans une démarche de durabilité et d’impact, les enjeux de la santé prioritaire en Guinée. À chacun de nos partenaires, je veux adresser nos sincères remerciements. Votre expertise, votre présence sur le terrain, et votre disponibilité et détermination durant ces derniers mois à voir ce programme prendre vie donnent toute sa force à cette initiative. Vous avez accepté, à nos côtés, de faire le choix de l’action coordonnée, de la complémentarité et des solutions concrètes pour les communautés… C’est l’occasion pour moi aussi de remercier l’État guinéen sans qui nous n’aurions jamais pu avoir la possibilité d’offrir ces services en tant qu’opérateur économique et de jouer notre rôle de responsable sociétal d’entreprise au profit des populations guinéennes. Ensemble, faisons du programme Santé 3.0 une dynamique durable au service de la santé des populations guinéennes », a-t-il lancé.
Soutenue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour les Populations (UNFPA), la Croix-Rouge guinéenne, le CNOSCG, ainsi que des acteurs privés et ONG (Santé Intégrée, Solthis, Sanofi, Viatris, Visa Médical), cette initiative cadre pleinement avec les Objectifs de Développement Durable.
Pour Moussa Cissé, représentant de la société civile, ce projet est un acte concret d’entreprise citoyenne. Il a aussi salué une initiative qui traduit la nécessité de rapprocher davantage les services sanitaires des citoyens et réitéré la disponibilité de la société civile guinéenne à accompagner ce programme.
Moussa Cissé, représentant de la société civile
« La santé ne doit pas être loin de sa population. C’est pourquoi nous nous disons simplement que la santé doit aller vers le citoyen à la base. Et c’est précisément que la Fondation Orange Guinée est en train de donner la voix davantage… Le programme Santé 3.0 que nous sommes en train de lancer ce matin, pour moi ça va répondre à un besoin essentiel dans le cadre de la promotion de la santé. Le numérique au service du diagnostic, de la prévention et de l’orientation reste pour nous quelque chose d’essentiel qui, pour ma part, le Ministère de la Santé emboîte le pas avec la digitalisation du système de santé. Formé, sensibilisé, dépisté, soigné : je l’ai vu sur vos pancartes. Je pense que l’ambition est tellement énorme… Le côté sensibilisation et plaidoyer qui vont avec, vous pouvez compter sur notre totale disponibilité à accompagner le processus… La société civile s’engage davantage à relayer, mais aussi à se mobiliser pour cette initiative, à continuer à consolider les efforts du Ministère de la Santé, à plaider à travers nos canaux de plaidoyer que nous avons auprès des décideurs des politiques publiques, mais aussi des communautés à la base pour que ces bonnes initiatives touchent les cibles idéales, notamment les femmes, les jeunes, les personnes âgées », a-t-il dit.
De son côté, Dr Alain Katende, gestionnaire des programmes à l’OMS, a salué la démarche de concertation ayant abouti à la mise en place de Santé 3.0. Il estime que le succès de cette initiative ne devrait pas être apprécié uniquement à travers le nombre de caravanes organisées ou de professionnels formés, mais surtout par rapport aux changements concrets dans la vie des bénéficiaires.
Dr Alain Katende, gestionnaire des programmes à l’OMS
« L’une des principales forces du programme Santé 3.0 réside dans son approche intégrée. En associant dans un même modèle d’intervention communautaire plusieurs problématiques de santé telles que les maladies non transmissibles, le paludisme, la santé sexuelle et reproductive et les soins ORL, le programme répond à une réalité essentielle : les populations ne doivent pas vivre leurs besoins de santé en silos. Elles ont besoin de services accessibles, continus et centrés sur leurs besoins, associant prévention, dépistage, orientation et prise en charge… Le succès de ce programme ne se mesurera pas uniquement au nombre de caravanes qui seront organisées ou de professionnels formés, mais surtout aux changements que cela va apporter dans la vie des populations, notamment des personnes qui sont dépistées à temps, des personnes qui sont mieux orientées vers les structures de soins, mieux informées et davantage impliquées dans la protection de leur propre santé. Nous encourageons donc les partenaires à accorder une attention particulière au suivi des résultats, à la redevabilité, à la capitalisation des enseignements afin que cette expérience puisse progressivement être améliorée ; et si les résultats sont concluants, éventuellement reproduite à plus grande échelle », a-t-il déclaré au nom de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Système des Nations unies.
Pour sa part, Sâa Kossa Touré, secrétaire général du département, a souligné les liens étroits entre la santé, la protection des familles et l’inclusion sociale. Tout en saluant les actions de proximité, notamment celles destinées aux personnes du troisième âge, il a rappelé que la maladie peut fragiliser l’ensemble d’un foyer, particulièrement lorsque les personnes concernées sont des femmes, des enfants ou des personnes vivant avec un handicap.
Sâa Kossa Touré, Secrétaire général du ministère de la femme, de la famille et des solidarités
« La santé ne saurait être considérée comme une question exclusivement médicale. Elle est une condition essentielle du bien-être des individus et des familles, de la cohésion sociale et du développement de notre pays. Lorsqu’une personne est confrontée à la maladie ou à une situation de vulnérabilité, c’est souvent toute la famille qui en subit les conséquences. Les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap sont particulièrement concernés. C’est pourquoi nous devons promouvoir une approche fondée sur la prévention, la proximité, l’inclusion et la solidarité. Le programme Santé 3.0 s’inscrit dans cette dynamique. Nous saluons notamment les initiatives conduites en faveur des personnes du troisième âge à travers la caravane santé, qui illustrent l’importance d’aller vers les populations et de mieux répondre aux besoins spécifiques des personnes âgées. Prendre soin de nos aînés, c’est reconnaître leur contribution à la construction de notre nation et affirmer notre attachement à la solidarité entre les générations… La réussite de cette initiative nécessite la mobilisation de tous les acteurs : pouvoirs publics, partenaires techniques et financiers, société civile, fondations, professionnels de santé, médias, etc. Aucun acteur ne peut, à lui seul, relever l’ensemble des défis auxquels nos populations sont confrontées. C’est par la complémentarité de nos efforts et la coordination de nos interventions que nous pourrons obtenir des résultats durables », a-t-il dit au nom de la Ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités.
En donnant le coup d’envoi de ce programme Santé 3.0, Dr Mory Keïta, Secrétaire général du ministère de la santé et de l’Hygiène publique, a souligné la nécessité de sortir d’une « santé réactive » pour bâtir un modèle préventif. Il a aussi rappelé les risques liés à la progression silencieuse des maladies chroniques (notamment l’hypertension artérielle et le diabète) et l’importance de renforcer la prévention et de favoriser le dépistage précoce.
Dr Mory Keïta, Secrétaire général du ministère de la santé et de l’Hygiène publique
« Combien de Guinéens, ce matin même, vivent avec une hypertension qu’ils ignorent ? Combien de mères de famille portent un diabète que personne n’a encore dépisté ? Combien de nos jeunes sont déjà engagés sur le chemin silencieux d’une maladie chronique qui, demain, les privera de leur force de travail et privera la nation de leurs talents ? Nous ne connaissons pas ces chiffres avec précision. C’est justement là le problème. Ces maladies avancent sans bruit. Les maladies non transmissibles ne frappent pas à la porte. Elles entrent sans prévenir. Et lorsqu’elles se révèlent, il est souvent trop tard. Trop tard pour le patient, trop cher pour la famille et trop lourd pour notre système de santé. C’est contre ce silence que nous sommes réunis aujourd’hui… Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique ne se contente pas d’accompagner ce programme, il en assume le leadership, il porte l’ambition et en garantira l’ancrage dans notre système de santé. Le programme Santé 3.0 n’est pas une initiative de plus. C’est un signal, le signal qu’en Guinée, l’État, les entreprises, les partenaires internationaux et les communautés savent désormais travailler ensemble, au même rythme et pour le même résultat… Le Président de la République nous demande de rompre avec une santé réactive qui attend le malade à l’hôpital, pour bâtir une santé proactive, une santé qui va vers les populations, qui prévient avant de guérir, qui dépiste avant de soigner, et qui ne laisse personne au bord du chemin, qu’il habite à Kaloum ou dans le district sanitaire le plus enclavé de Yomou. Cette vision exige trois ruptures : une rupture d’échelle, parce que nous devons toucher des centaines de milliers, voire des millions de Guinéens, et non quelques milliers ; une rupture de méthode, parce que nous devons agir ensemble, et non chacun dans son couloir ; une rupture de culture, parce que la santé n’est pas l’affaire du seul Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique. Le programme Santé 3.0 incarne précisément ces trois ruptures », a-t-il déclaré.
Thierno Hamidou Barry pour Guineematin.com
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- 1,841 words · 9 min read
- Published
- October 7, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com