[Scandale FCC Mamy PMO Rs350M] Et si l’on entendait Karl Élysée ?
La Financial Crimes Commission (FCC) en est, dit-on, à authentifier un enregistrement audio — celui-là même que Nasser Beekhy reconnaît désormais avoir réalisé, et qui est présenté comme une conversation entre David Thomas, homme lié à l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, et Jean Karl Élysée, présenté à l’époque comme un proche collaborateur du Prime Minister’s Office (PMO). La Commission envisagerait même de dépêcher des enquêteurs en Europe pour retrouver le « safe keeper » qui en dét
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La Financial Crimes Commission (FCC) en est, dit-on, à authentifier un enregistrement audio — celui-là même que Nasser Beekhy reconnaît désormais avoir réalisé, et qui est présenté comme une conversation entre David Thomas, homme lié à l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, et Jean Karl Élysée, présenté à l’époque comme un proche collaborateur du Prime Minister’s Office (PMO).
La Commission envisagerait même de dépêcher des enquêteurs en Europe pour retrouver le « safe keeper » qui en détiendrait une copie. Une question, pourtant, s’impose : faut-il chercher si loin ce que tant de sources, ici, pourraient éclairer ?
Une seule bande, mais de multiples pistes
Car les personnes susceptibles de dire si cette conversation a eu lieu ne manquent pas. M. Beekhy affirme l’avoir enregistrée et a précisé aux enquêteurs où (dans un affidavit). David Thomas, présenté comme l’un des interlocuteurs, a déjà été entendu par la FCC. Junaid Fakim, ancien commissaire de la FCC, que M. Beekhy dit avoir alerté, pourrait l’être. S’y ajoutent l’hôte de la rencontre évoquée et, en amont de tout, Mamy Ravatomanga lui-même, présenté comme la cible de la manœuvre alléguée. Selon nos sources, Mamy Ravatomanga n’aurait pas été interrogé par la Financial Crimes Commission (FCC) depuis plus de six mois, alors qu’il demeure privé de liberté depuis près d’une année. Une situation qui soulève des questions sur l’avancée de l’enquête comme entendu en cours lors les derniers plaiedoiries. Autant de voix qui, sur le principe, se trouvent à portée d’audition.
Deux téléphones, déjà entre les mains des autorités
Plus frappant encore, l’essentiel du matériel technique est déjà saisi. Le téléphone de M. Beekhy est sous séquestre au Réduit Triangle depuis son arrestation, en 2025. Jean Karl Élysée, lui, a remis à l’Information Technology Unit du CCID son appareil ainsi que la carte SIM correspondant au numéro qui apparaîtrait dans l’enregistrement, selon nos sources proche du dossier.
Le vice-Premier ministre d’alors, Paul Bérenger, avait du reste confirmé publiquement l’existence d’une bande sonore au cœur de l’affaire. Or, établir si deux numéros se sont appelés, et quand, relève des relevés d’appels des opérateurs et des appareils saisis, sans qu’il soit besoin d’authentifier la bande. Cela n’établirait pas la teneur d’un échange, M. Élysée reconnaît d’ailleurs connaître David Thomas, également de notre source — mais cela situe le débat à Maurice, et non en Europe. Pourquoi, dès lors, la piste la plus lointaine paraît-elle la plus mise en avant ?
Le lanceur d’alerte arrêté, le proche du PMO pas convoqué
Reste une asymétrie que l’affaire traîne depuis l’an dernier. En 2025, la FCC a procédé à l’arrestation de Nasser Beekhy, qui se présente comme un whistleblower, de l’ancien commissaire Junaid Fakim et de David Thomas. À ce jour, selon nos informations, Jean Karl Élysée, dont la voix est présentée comme celle de l’un des interlocuteurs, n’a pas été convoqué par la FCC ; il s’est présenté de sa propre initiative au CCID pour y déposer une plainte sur l’origine de l’enregistrement. Que celui qui a remis la bande soit détenu et que celui qu’elle mettrait en cause ne soit pas entendu par la Commission interroge sur la conduite de l’enquête.
Or, dans le cours ordinaire d’une enquête, les éléments déjà connus, un numéro présenté comme apparaissant sur l’enregistrement et correspondant à la carte SIM qu’il a lui-même remise, une relation reconnue avec l’autre interlocuteur présumé, et l’existence du téléphone confirmée jusqu’au sommet de l’État, constitueraient d’ordinaire des motifs suffisants pour, à tout le moins, entendre la personne concernée.
Il ne s’agit pas d’établir une quelconque culpabilité, mais de constater qu’un tel faisceau justifierait, dans n’importe quel dossier, une audition. Que celui qui a remis la bande ait été détenu et que celui qu’elle mettrait en cause n’ait pas même été entendu par la Commission interroge, dès lors, sur la conduite de l’enquête.
Ce que conteste Jean Karl Élysée
Il faut le dire clairement : M. Élysée conteste les faits. Dans une déposition faite lundi en présence de son avocat, il a nié toute conversation portant sur une demande présumée de Rs 350 millions. Sa plainte soutient qu’une telle conversation n’a jamais existé. L’enregistrement n’est, à ce stade, ni authentifié ni établi, et M. Élysée demeure présumé innocent.
Les questions qui restent
L’affaire pose, au fond, une question de méthode. Alors que deux appareils sont saisis, qu’un interlocuteur coopère, qu’un autre s’est manifesté et que l’existence même du téléphone a été confirmée au plus haut niveau, pourquoi l’authentification s’éternise-t-elle et se tourne-t-elle vers l’étranger ?
Deux points de fait, enfin, appellent une clarté que seuls certains peuvent apporter : le Premier ministre aurait, selon M. Beekhy, été alerté ; et M. Élysée nie toute intervention auprès de lui. Sur ces deux points, le chef du gouvernement est, plus que quiconque, en mesure d’éclairer. Chose qu’il a faite en précisant que Karl Élysée lui avait indiqué que cela était faux. Étrangement, on se souvient d’une affaire similaire impliquant un ressortissant angolais, il y a plusieurs années.
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- Published
- September 21, 2026
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- IONNEWS